I need decadent people to photograph and film.
For candidacies or any question : gn@natator.org
07.30 _ 12 new pictures
SPREADS > OUTRAGES
07.30 _ 23 new pictures
TRIPS > SCENERIES
07.27 _ 7 new quotations
SCRIPTURES > FRIEND THOUGHTS
07.17 _ Les positions adoptées par les corps sur la structure que je soude aujourd'hui devront se situer entre Michelangelo et Hieronymus Bosch.
07.17 _ Il n'est pas rare que l'on m'aborde pour me demander, au vu de ma tenue, quelle est la fête à laquelle je me rends. "This is not for a party. This is my everyday life. My life is a long party."
07.17 _ Que la musique de Ministry est idéale pour souder.
07.17 _ Quel bonheur que de me rendre aux cours de boxe avec mon sac rose d'écolière, de le poser là sur les tatamis entre les sacs de sport noir mâle, d'en sortir mes gants mitaines de combat "Ultimate Fighting Championship", de maraver avec ce qui se présente à moi, avant de regagner le vestiaire pour enfiler ma jupe de paysanne autrichienne.
07.04 _ Suivre nos automatismes nous amène souffrances et plaisirs, suivre notre raison, souffrances et plaisirs. D’autres souffrances, d’autres plaisirs. A nous de choisir lesquelles et lesquels, sachant que tous les bouquets sont mixtes.
06.02 _ Lundi je suis alle voir Secret Chiefs 3 live dans une salle annexe de la Volksbühne de Berlin, sur le ton de la plaisanterie Trey Spruance m'a demande a deux reprises de le proteger des policiers qui faisaient pression sur les organisateurs pour qu'il joue moins fort. Je l'ai remercie pour la prestation, il m'a remercie pour mon état d'esprit, qui est - dit-il - exactement le bon. "That's the spirit! That's the spirit!"
05.21 _ Les gens ne s'autorisent à s'habiller comme ils le souhaitent que à l'occasion des fêtes. Moi, je m'autorise à m'habiller comme je le souhaite tous les jours à toutes les heures car ma vie toute entière est une surprise party. Ainsi, qu'est-ce donc qui m'empêche de sortir faire mes emplettes avec un singe en peluche fixé au fil de fer autour d'une de mes chevilles, ou deux éléphants oranges en guise de protège genoux ? Rien. Rien du tout. Dans la situation présente — dans Berlin, metropole occidentale par endroits délicieusement décadente —, en une période où la promotion de mes intérêts ne dépend du bon vouloir de personne — je n'ai ces jours-ci à quémander une quelconque faveur —, m'habiller comme bon me semble — outrepassant les bornes implicites, ne me retenant qu'en présence de lois explicites — ne m'exposera nullement à des suites qui puissent m'être fâcheuses. Il est par conséquent raisonnable de me le permettre.
05.18 _ Je viens d'assister (de participer) à un concert de Venetian Snares au Berghain, c'était la tuerie, dense comme une prune du début à la fin, à la hauteur de mes attentes. Génial. Ouais ouais ouais. Mais voilà qu'à nouveau je sors amer de cette discothèque où pourtant tant me sourient — rien qu'en raison de mon accoutrement ? du dynamisme de mes danses ? Je raconte : je me dirige vers un escalier, à sa base une fille seule lève les yeux toute pleine d'espoirs, je passe. Par mauvais réflexe. Je m'assieds plus haut. Et qui vois-je sur ce même palier ? Deux filles jolies que tout à l'heure pendant vingt minutes j'ai regardé danser devant moi me disant "Devant choisir, je ne saurais laquelle". Immédiatement elles engagent la conversation. Je m'approche du mètre qui nous séparait. Elles veulent toucher mon crâne, partiellement peint de blanc, elles le touchent. Une est Allemande, l'autre Parisienne. La première me parle longuement de mon slip, à l'air sous ma robe de chambre rose dont je suis en cette nuit vêtu. Quand finalement je le cache à sa vue, elle mime un baiser. Elle m'offre à boire dans leur verre par une des deux pailles, me dit que mes jambes n'ont pas de problème, elles dansent fort. Me demande où c'est que je loge, je réponds, et en reste là. J'enchaîne sur une suite de banalités tellement saoulantes — à chaque nouvel argument elles plissent le front incrédules — qu'en une poignée de minutes de pareil traitement je parviens à les faire fuir. "To the toilets!" — Incroyable combien rapidement le rapport de forces s'est inversé. — Le pire c'est que j'attends leur retour. La tête en bas pour me faire souffrir, jusqu'à ce qu'un gars de la sécurité me somme de me relever. Mon Dieu mon Dieu, je ne pouvais m'arrêter, une véritable machine à inepties. Je lisais dans les yeux de l'Allemande exactement l'expression suivante : "Pauv' type". Oui c'est ça : "Pauv' type". C'était pourtant pas sorcier… Je sais gérer ce genre de situations… Maintenant en replay je vois précisement tous les gestes inconvenants qui auraient convenu. Quand retrouverai-je l'amour propre que je me dois ? Misérable larve. Que je conchie. Si j'étais le Giulio que j'étais — ou mieux encore, celui que je veux (vais !) devenir —, là en ce moment je ne serais pas en train d'écrire ces notes courbé au chiottes, mais dans un lit — le mien, le leur — pelotant deux corps enthousiasmants. J'ai voulu relater cet épisode tellement caractéristique de tant de semblables malheurs précédemment survenus. Il doit être le dernier.
05.07 _ 4 new quotations
SCRIPTURES > FRIEND THOUGHTS
04.17 _ 4 videos + 28 photographs
RELATIONS > PUBLIC INTIMACY
04.09 _ Je fais de l'art pour me procurer trois choses : de l'argent, mon estime, l'estime de ceux que j'éstime. Ces choses sont les trois choses qu'il me faut pour vivre, pour vivre c'est-à-dire dépenser sans angoisse des heures et des heures de mon temps au lit avec une belle fille. L'argent rend possible le lit et le pas d'angoisse, l'estime des autres amène la belle fille, mon estime vis à vis de moi-même assure les heures de festivités. Telle est la fonction du faire.
04.06 _ 1 new video
MUSIC > (AS GUEST)
03.17 _ Une civilisation ne peut exister que si les simples individus qui la composent parviennent à réprimer leurs pulsions. Car nos pulsions sont des inciviltés. Mais le simple individu que nous sommes ne peut exister que en laissant une part de ses pulsions s'incarner; s'il les réprime toutes, il va creuver. Il va creuver. Maintenant, cette part de pulsions à laisser prendre forme afin de se maintenir bien portants, varie d'un individu à un autre; par exemple, la part que moi je nécessite est bien plus large que celle exigée par le commun des mortels — et ça vous l'avez peut-être deviné. Et puis, il faut également hiérarchiser les pulsions en degrés d'incivilité résultée par leur application : grimper debout sur un comptoir pour gueuler "Alors... Alors c'est qui qui a la plus grosse bite ? C'est qui ? Alors c'est qui ?" (accompagnant l'interrogation de l'exposition publique du thème de la polémique) ou ingurgiter 10000 kcal par jour jusqu'à ce que la seule vision de notre silhouette foute la gerbe à tout passant honnête, ne met pas autant en danger une civilisation que de se balader une nuit entière avec un couteau papillon dans la poche en poignardant discrètement tous les beurrés croisés. Alors faut absolument que notre communauté cesse d'interdire les petites incivilités, si elle tient à ses fesses ! C'est entendu ? — Civilisation, je t'aime. Je dis ça pour ton bien. — Afin qu'au moins ceux que pisser sur les piétons à partir d'un balcon peut sauver de la démence puissent effectivement se sauver. Pour les autres, les gars comme moi — malheureux —, leurs pulsions naturelles étant tellement plus violentes — donc sans matérialisation possible qui soit à la fois pour eux satisfaisante et par la société soutenable —, ce sera forcément la prison (si ils en agressent d'autres) ou la mort (si ils s'agressent eux — de manière directe, ou se faisant vivre des dangers).
03.16 _ 26 new pictures
ABOUT ME > WAY OF LIFE
03.15 _ J'ai commencé à écrire mon livre afin de vivre plus, je lui consacre tant de temps que finalement il me fait vivre moins.
03.04 _ 24 new pictures
SPREADS > M C LEVELINGS
03.04 _ 24 new pictures
SPREADS > OSCILL. / CORPUSC.
03.04 _ 14 new pictures + 1 video
RELATIONS > PUBLIC INTIMACY
03.04 _ 17 new pictures
MUSIC > (AS GUEST)
02.28 _ Chez elle. (…) Je l’approche de côté. M’avançant à pas lents, lents mais sûrs de leur direction. Je n’arrive pas par surprise, non, il faut qu’un court instant elle ressente que je suis en train de venir vers elle, tout près d’elle, — parfaitement déterminé —, et que déjà, le temps de ce court trajet, son épiderme s’affole. Je m’arrête derrière elle. Mon buste se tient à quelques millimètres de son épine dorsale, mais il n’y a pas contact. Et rien ne se passe. Un moment. Puis mes mains partent simultanément, s’élevant lourdement jusqu’à se retrouver posées l’une sur l’autre contre son ventre. Elles exercent une pression infime. Mes doigts ne sont écartés que légèrement, sauf les pouces, qui eux se trouvent tendus à la verticale. Presque aussitôt, une de ces mains se détache et monte encore pour finir sa course — aérienne — aux origines du cou, prenant garde à esquiver les seins au passage. Les doigts de celle-ci se sont groupés en un même faisceau — excepté le pouce, toujours à angle droit. Elle est orientée nord-ouest, et dispense une pression strictement égale à celle restée contre le ventre. La base du cou se trouve semi-encerclée par cette main, mais à ce stade, il ne doit surtout pas être tenu; la main reste bien à plat adhérente à la poitrine, maintenant — conjointement avec la main basse — le corps tout entier appliqué contre le mien. Ma tête reste droite, elle ne se penche pas sur ses épaules, ma tête reste alignée avec la sienne, et le souffle de ma respiration vient faire frémir ses cheveux devant ma bouche. L’intimité de la situation (la dangerosité de la prise) où mon pénis flirte avec ses muscles fessiers contraste avec la chasteté de ce que j’entreprends. Rien de doit être dit — ni avant, ni après, ni pendant. Et au bout d’une dizaine de secondes, tout doit cesser subitement, sans préavis aucun. Je m’éloigne par derrière pour rester hors de son champs de vision, et quand elle se retournera, elle me verra occupé à tout autre chose, comme scruter attentivement une image scotchée sur la porte. Je lui pose une question au sujet de cette image. «Pourquoi as-tu décidé d’afficher cette image ?» Elle se demande alors si ce qui est arrivé juste avant s’est effectivement produit ou si elle a bel et bien halluciné. Et c’est alors que, pendant qu’encore elle commente ma dernière observation au sujet de cette photo, je m’approche une nouvelle foi d’elle, mais cette fois de front, de face, à découvert. Je colle direct mon bassin contre le sien, et place mes mains de côté et d’autre sur ses cuisses, doigts joints indiquant le sol et enserrant ses jambes, m’assurant du plein contact entre nos pubis. Puis la main gauche s’en va se poser perpendiculaire dans son dos sur les omoplates afin de presser ses seins contre ma poitrine, la droite allant elle prendre les fesses légèrement par en-dessous, à l’endroit où leurs courbes finissent — comme cherchant à soulever le corps tout entier —, et cela les doigts normalement écartés mais perpendiculaires à la raie. Cette main s’absente maintenant un instant pour positionner ma verge raide verticalement de sorte à ce qu’elle écrase le clitoris, puis reprend sa traction diagonale. Nos joues se caressent se frôlant, de fragiles mi-baisers sont échangés. Après un temps, la main gauche rejoint la droite, et chacune saisit crûment une fesse, les écartant entre elles juste ce qu’il faut pour qu’un fil de lumière pénètre le couloir anal. Mes lèvres glissent sur les siennes, nacrées, nos langues se délient et entament une danse. Brusquement je relève sa jupette, et sans même prendre la peine de la baisser, je plonge ma main gauche dans sa culotte Petit Bateau, enfonçant mon majeur dans sa chatte depuis longtemps écumante tandis que ma seconde main tient désormais très fort la nuque les doigts enfilés dans ses cheveux. Je masse son sexe engluanté de cyprine puis la soulève cette fois réellement, la transportant collée à moi, trois doigts dans ses entrailles, jusqu’au mur dégagé repéré une heure plus tôt. Son crâne je le prends maintenant de côté, paume sur ses mâchoires les doigts dispersés sans égards, et applique cet écrin violemment contre mes dents, découverts par une contraction faciale. Je la retourne, dégaine, et lui plante ma trique d’un coup d’un seul provoquant un cri. Je ne bouge pas. Je reste ainsi. Je l’agrippe à la gorge tous ongles dehors. Également je passe une main sous son t-shirt et m’empare de ses proéminences mammaires, dernière phalange de pouce et majeur martyrisant ses tétons. Je pousse alors encore plus dur, plus loin, sans revenir en arrière d’un millimètre. (…) Elle me ressert du thé.
02.27 _ Le personnage "Sheldon Cooper" de la série télévisée "The Big Bang Theory" m'inspire une grande sympathie.
02.22 _ Mon ami Nicola Vinciguerra aka Fecalove aka tout un tas de trucs donne un concert dans le coin, je lui demande si je peux venir mettre de l'animation, il est d'accord. Au club Siddharta, un lieu tenu par des sales types qui diffusent de la musique, mais ça pourrait être des courgettes ou des aspirateurs que ça leur ferait pareil. "VIIe Congrès Post Industriel", elle se nomme, la soirée. Cinq groupes au programme, nous les derniers on passe en premier — comme déjà la Bible l'avait annoncé, n'est-ce pas. C'est "dans dix petites minutes"… je file me changer aux toilettes, histoire d'être tout à fait à mon aise. C'est bon : j'ai ma jupe fuchsia à pois noirs, ma nuisette aux fines bretelles et dentelles, mon collier en perles de plastique translucide. Nicola démarre le show. Il passe dans le public et ayant glissé une de ses mains dans un gant en caoutchouc, il la pose tour à tour sur le visage ou le crâne des divers spectateurs, plus tard il se branlera avec. La musique s'élève, mais d'un petit bond qui me laisse dans le doute : pas possible que ce soit ça le volume de croisière… J'attends j'attends, mais je dois me rendre à l'évidence, ce sera pas plus fort que ça — saloperie de tenanciers italiens sans foi ni loi. Bon alors faut que je fasse ma part, je me suis resservi trois fois des pâtes pendant le repas offert aux musiciens. D'abord torse nu, mes délicatesses vestimentaires sont trop sensibles pour être exposées à ce qui doit suivre. Puis je me colle les oreilles aux baffles, espérant ainsi m'exciter un peu. Vraiment pas terrible, ambiance glamour poussive, public de trayeurs de lait. Je me lance. Si je me fais mal peut-être que ça rechauffera leurs cœurs d'apothicaires. Après trois quatre sauts grâce auxquels, atterrissant poitrine sur le carrelage, je communique ma redoutabilité — geste intimidatoire d'origine animale —, je me dirige vers le public et chope une fille grande et jolie la tirant brusquement à moi pour la soulever. Presque aussitôt, un hardos qui, par quelque infantile alliance, se croit lié à elle, se joint à nous, et d'un geste court me colle deux coups de poing secs dans le pif — mais peut-être était-ce trois. Comme une poule qui picore. Je suis agréablement surpris… De par la nouveauté de l'expérience. Un baptème. C'était enfin arrivé, et tout s'était si bien passé : pas de geste pour me protéger, pour esquiver, pour m'épargner. J'ai absorbé ça comme un don; placidement. Je poursuis ma danse maintenant légitimé par tout ce sang que je pisse. Je m'en enduis le cuir chevelu, la poitrine, le ventre. Je gesticule à la manière d'un alpiniste ayant atteint une cime — drôlement fier de moi. Plus je vois de sang sortir et plus je me sens m'exciter. Si le couple n'avait disparu je serais retourné les serrer dans mes bras. Je presse la racine endolorie de mon nez et pousse comme si je devais me moucher. Je m'amuse à gicler du sang un peu partout — je me répands —, et même sur la tête du chanteur, qui accroupi évite de me regarder afin de ne pas s'en prende dans les yeux. Puis je me dis que mon nez ça pourrait faire comme la bille d'un stylo à bille, et décide d'écrire un quelque chose au sol. Non, plutôt un dessin. Allons à l'essentiel. Une bite. Une grosse bite de sang. Je me plaque ventre à terre et entreprends de la tracer. D'abord les couilles — ça tourne, c'est le plus délicat —, puis après ce sera tout droit. Sur plus d'un mètre. Malheureusement, avec le peu de recul dû à ma posture, ces burnes sont mal fichues, peu harmonieuses, la prochaine fois faudra m'appliquer davantage. Un peu déçu par le résultat, je cherche à me consoler en me forçant à vomir au pied du bar. Je me couche dans la flaque, mais le cœur n'y est pas. Ah, gueuler, y a que ça de vrai. Je me suspends alors tête en bas à une grille en métal qu'il y a là, Nicola me rejoint, se suspend à moi, et je crie le nom de son groupe pour lui faire un soupçon de promo. Plusieurs fois et de manière dans ce contexte convaincante, c'est-à-dire bestiale. Le concert c'est fini. Je cherche ma nuisette. Nicola n'en revient toujours pas de n'avoir eu droit qu'à un son d'une puissance aussi faible… il semble choqué. Le reste de la soirée est tout aussi ennuyeuse, c'est l'application des mêmes recettes, sauf qu'à la différence de ce que j'ai fait ils ne transpirent même pas. Je déambule blasé entre les spectateurs des concerts suivants. Je retrouve le couple, je m'en approche espérant qu'ils me disent quelque chose d'interessant à noter ici. "Tu as déchiré son costume !", m'informe le garçon. Oui, c'est possible. Ah, je devine qu'ils attendaient que je m'en excuse. Ben non. La fille, toujours vénère, en remet une couche : un coup sur le nez, un poing dans les dents. Ma lèvre se fend. Je reste droit comme un "i", le regard vide. "Laisse-le", lui fait son type. Je souris et m'en détourne. Que c'est pitoyable : écouter de la musique noise, qui est la radicalité absolue, et de la musique dark, qui exhalte la destruction à tout bout de champ, et se froisser à ce point pour les dégâts occasionnés sur une combinaison en latex par l'action d'un homme qui lui a véritablement épousé la radicalité. Ce n'est pas sérieux. Moi, je suis sérieux. Et cet épisode me l'a confirmé. J'ai accepté l'agression — conséquence de la mienne — sans sourciller, mon cerveau l'a traitée comme un évènement mineur, même pas digne d'une réplique. Je ne me suis pas senti menacé, ça m'a fait comme quand dans une foule quelqu'un me bouscule pour courir derrière un bus à ne pas louper. A aucun moment il ne m'est passé par la tête d'appliquer sur l'homme le savoir faire obtenu durant mes cours de mixed martial arts, ou de faire subir à ses côtes un de ces coups d'avant-bras qu'habituellement j'adresse aux poteaux en acier des panneaux de signalisation, les faisant sonner. Il ne m'a rien fait qui ait pu justifier ma violence. De plus il aurait été totalement injuste que je le frappe; il a défendu sa copine; il a réagi en parfait bouseux, de la manière la plus naturelle pour une personne de cette catégorie. C'est ainsi qu'il se devait de réagir. Je ne sens monter de violence en moi qu'en cas d'injustice sur ma personne ou un tiers individu, quand je me sens menacé, et de façon gratuite. Mais pas en ce cas-ci. Je me barre, j'ai l'idée de passer ainsi grimé à une soirée qui se tient en ce moment même à Florence dans un centre d'art contemporain, l'Ex3. Un petit détour vers l'appartement d'une jeune peintre américaine. Je lui envoie le message suivant : "I am at your door. Do you wanna see my bloody face ?" (Que j'adore montrer mes blessures aux filles !) Mais soudainement je me rends compte que ça fait psychopathe et décide de poursuivre mon chemin. Du sang frais continue à s'écouler de mes narines, il se coagule en couches noires sur mes lèvres enflées. Roulant à scooter, à cause du déplacement rapide de l'air sur ma figure, le sang a commencé à couler de côté, vers mes joues, suivant divers angles (au selon de la vitesse), formant autant de lignes de sang. A un feu rouge, une jeune fille enlacée à son petit chéri, voyant l'état de ma tronche, elle s'est mise à sangloter — elle semblait triste pour moi. Je lui ai fait un grand sourire, pour lui faire savoir que tout va bien, qu'y a pas de quoi s'en faire, mais ça l'a faite pleurer davantage. Éventuellement c'était un peu effrayant. Heureusement que le feu est ensuite passé au vert. Je voudrais tellement pas que quelque bonne âme s'avise d'appeler les carabiniers. Je file. Au centre d'art contemporain j'ai à peine eu le temps de faire un tour; on est venu me dire que je ne pouvais pas rester là avec un tel "masque de sang". "Soit tu vas aux toilettes te laver, soit…Comme ça tu peux pas rester." J'indique l'écriture en lettres capitales au dessus du bar, et même la lui lit : "Art contemporain, que c'est marqué. Je mets en jeu ma santé pour un idéal esthétique, j'ai tout à fait le droit de rester ici." Il ne veut rien savoir; il va appeler la Police. Très bien, je dégage… Mais je tiens à lui signaler : "Tu as une toute petite conception de l'art. Toute petite. Tu devrais avoir honte." Je descends la rue et tombe sur un döner kebab tenu par deux pakistanais. J'entre. Je commande un truc. "Sauce rouge ou sauce blanche ?" "Sauce blanche." Formidable. Ils ne m'ont fait la moindre remarque, pas un commentaire. Et ils n'ont la moindre objection à ce que je squatte leur snack jusqu'à la fermeture. Je m'installe et on mate tous trois un film d'aventures indien. Faut dire que par chez eux y a des gens qui se font exploser; alors un nez qui saigne, ça fait pipi de chat. Ils auraient pu légitimement me demander de m'asseoir ailleurs que face à la porte d'entrée (l'état présent de mon visage étant de nature à couper l'appétit aux éventuels nouveaux arrivants), mais même pas. Je suis un client quelconque. C'est ainsi que je souhaitais (et m'attendais à) être vu au centre d'art contemporain : tel un innocent excentrique. Ça ferme et il est trop tôt pour rentrer chez moi. Avant de me rincer le groin je tiens absolument à me faire des photos souvenir, et s'il me voit comme ça, mon père entamera avec moi une discussion qui va s'étendre sur des semaines, elle va durer jusqu'à début de l'été. Pour m'assurer de le trouver couché, je traine encore un peu dans les rues de mon quartier. Une glace ça me dirait… Mais tout dort. Une pizza ? Mort. Allez, ça devrait être bon. Je monte. Prudence. Je suis dans ma chambre. Dans la salle de bain. Le flash travaille. J'ai le nez disgracieux des bonhommes bleus dans Avatar. Je touche à mon nez… je crois vraiment pas que l'os soit brisé, ça ferait bien plus mal que ça, j'imagine. Et puis, mes os sont bien trop durs pour être fracturés par d'aussi petits coups, donnés sans le moindre élan. J'ai éclaté la boîte crânienne d'une vieille dame morte, je sais ce qu'il faut de force pour faire céder un os de saine constitution. En tout cas, le jour où mon nez sera pété — et je ne vois pas comment cela puisse ne pas m'arriver —, je considérerai sa forme enfin mûre.
02.18 _ Je reviens de deux soirs de spectacle à Bologne, mon corps est meurtri. Si mes os était normaux, pendant le soir du premier je me serais brisé un tibia. J'ai tout de même commencé le second en boîtant. Puis loin, j'ai tenté de me couper la peau du ventre avec une planche de bois brisée mais ça ne tranchait pas assez, je suis resté sur ma faim. Samedi va falloir que je sois rétabli car je devrai agresser le public d'un concert noise pour le compte de Fecalove et j'ai envie de me laisser aller à quelque flagrante méchanceté.
02.15 _ Mademoiselles, je veux être votre superflu, votre produit de luxe, et non de première nécessité ! Je suis bien trop sucré, je suis bien trop gras, si vous faisiez de moi votre denrée de base assurément votre santé en prendrait un coup. Je suis l'extra, n'imaginez pas faire de moi votre quotidien. Que ce rôle incombe à d'autres.
02.14 _ La sorte de vie à laquelle aspirent la très grande majorité de mes contemporains, si elle devait être mienne, celle-ci me ferait me considérer un raté, elle me signifierait mon échec. D'où l'incompréhension.
02.11 _ Les pains des boulangeries berlinoises sont pour la plupart toujours humides et tellement riches en fibres que j'ai l'impression de manger des briques d'excréments. Mais une fois cette arrière pensée étouffée, je les mange fort volontiers car je trouve bon que mon corps se construise de cette substance-là, à priori saine et peu raffinée. Que ma matière ne soit dès l'origine gangrénée !
02.10 _ Nous sommes contrées, villes et paysages. Et je voyage.
02.08 _ En 2009 j'ai eu un pic de 1410 visiteurs uniques au mois de mai, et le top 5 des recherches ayant amené sur mon site est le suivant : 1) "je me sens laid à cause de la gym faciale" 2) "fabriquer ovule passer shit" 3) "quiche au tomate jaune Ricardo" 4) "jolies fesses japonaises papillon brouette" 5) "vie cachée poulpe grec ou trajectoire cochonnet".
02.05 _ Je me suis lavé. Ça fesait un mois que mon corps n'avait été mouillé. Et ça fesait plus d'un an que je ne m'étais savonné la totalité de la peau. Quand la baignoire s'est vidée, ses parois étaient tapissées d'un dépôt de crème d'un gris violacé. C'est pas que j'aime être sale — je n'aime pas être sale —; c'est plutôt que je n'aime pas me laver. Oh, j'adore le passage gras du savon sur mes lignes ! Cette sensation, oui, je l'adore ! Mais je n'aime pas me le faire; je trouve ça aussi déprimant que de faire la vaisselle. Qui veut me laver ? Présentez-vous à moi.
02.04 _ J'ai quitté Berlin pour Strasbourg, dans ma nouvelle piaule y a + 15°C, je me croirais basculé dans un sauna.
01.29 _ Hier, rentrant chez moi, j'ai eu envie de marcher torse nu sous le feu des rafales de neige greleuse, alors je l'ai fait. Il serait fort utile que je documente ce type de comportements tape a l'oeil afin de faire rever les galeristes a mon sujet, mais ca m'est difficile, car c'est pas la une putain de performance, c'est juste ma vie. Je veux que ca reste quelque chose de l'ordre de mon ordinaire, alors qu'en le filmant, le geste deviendrait de l'extraordinaire, ce qui est lui donner a mon sens bien trop d'importance, et le denaturer, l'avilir. Que des gens me fiment de leur initiative c'est ok, car c'est effectivement pour eux de l'extraordinaire, mais que moi je le fasse, ca j'ai du mal, ca c'est m'abaisser.
01.28 _ La dernière fois que cette nuit je me suis levé pour faire pipi, je n'ai pas ressenti le besoin de courir. Effectivement mon corps a capté la différence, pendant mon sommeil la température à brutalement grimpé de 5°C atteignant les – 2°C. Et dans cette subite douceur je n'ai plus eu besoin de me tenir recroquevillé, j'ai pu me détendre dans le lit gâté par cette tendresse. Par contre, portée par le vent, de la neige s'est couchée dans mon atelier jusqu'à 80 centimètres par-delà les fenêtres, ça va à nouveau me faire du verglas.
01.27 _ Là je suis à – 7°C. A cette température, il me convient de déplacer tous mes aliments contenant de l'eau dans le bureau, aux côtés de mon ordinateur, car du fait de son exiguité, même radiateur éteint, cette pièce parvient à maintenir pendant la nuit une température proche du zéro. Conserves, oignons, huile, briques de sauce tomate… Et même le pain, qui faute à son humidité interne, m'a fait la surprise, l'autre nuit, de devenir à son tour dur comme de la terre cuite. Le moral reste pourtant intact. C'est de me voir jour après jour répéter mes exercices physiques planifiés, qui me fait le déduire; en effet, non seulement je n'abrège jamais le programme, mais je l'améliore : cet hiver à Berlin dans les conditions que vous connaissez, je suis devenu capable d'écarter les élastiques derrière mon dos 50 fois au lieu de 35, de soulever mes 16 kilos d'haltères 60 fois au lieu de 50, et d'enchaîner 50 pompes sur le bout des doigts alors qu'au mois d'octobre j'en faisais 30. Pendant que je dors, l'important est de protéger mes pieds, de les empaqueter dans la couette, car sans ça — et ça m'est arrivé — on se réveille avec deux blocs de marbre au bout des chevilles. Et dire qu'il me suffirait d'allonger le bras pour mettre la main sur mes énormes chaussettes poilues achetées expressement pour la Sibérie. Mais non, je veux ma peau à nu, pour pousser les veines capillaires de mes extrémités à se faire plus épaisses. Qui sait, cela pourrait un jour m'épargner une amputation de phalanges.
01.25 _ Avec moins de – 10°C dehors il est evident que laisser mes fenetres ouvertes ne fera pas monter la temperature, mais toutefois je les laisse, car tant qu'a vivre le froid autant en faire franchement l'experience.
01.24 _ Record battu : la température dans ma chambre est descendue sous les – 5°C, frôlant les – 6°C. Plus il fait froid et plus souvent je dois me lever pour pisser. Cette nuit, cinq fois. Alors qu'a température normale, je n'ai guère besoin de me lever. Je me lève donc dans la nuit, et pissant de plus abondamment, je reste deux longues minutes totalement nu, les pieds Médoc grand cru, sur le béton, à me vider dans le lavabo. (Tenez toutefois compte du fait que mon "au beau milieu de la nuit" peut très bien se situer à vos cinq heures de l'après-midi, mon "midi" à vos trois heures du mat.) Quand je découpe les légumes pour les faire bouillir avec mon bulguru, je sais que je dois me presser car je dispose d'un temps limité avant que mes doigts deviennent à ce point insensibles qu'ils ne soient plus capables de tenir le couteau.
01.23 _ Aujourd'hui, a 11h du mat, dehors il faisait – 9°C. Moi je continue a tenir mes fenetres ouvertes et continue a dormir nu la-dedans.
01.13 _ Et avec tout ca je suis meme pas malade; pas de toux, pas un petit rhume. Comment ca se fait ? Je ne suis pourtant pas ne avec un corps particulierement robuste ou bien portant, bien au contraire. Je naviguais de maladie en malaise. J'attribue le changement a ce a quoi je suis arrive par la relfexion.
01.11 _ C’est violent, quand je vais me coucher entièrement nu, m’etendant sur la surface glacee et humide du matelas. D’abord je me desape a toute vitesse, puis je place mon t-shirt et mon pull sous la couette pour que tous deux passent la nuit pres de mon corps et que je puisse au matin les enfiler un peu tiedes. Une fois au lit, dans un premier temps je me tiens recroquevillé a genoux afin que le contact le plus rude ne soit pas pour mon buste mais pour mes tibias; je reste comme ca un moment pour faire monter la temperature sous la couette, et ce n’est qu’apres quelques minutes que je me laisse tomber sur le flanc; mais toujours les membres groupes, en chien de fusil, position en laquelle je peux m’endormir. Le pire c’est quand je me reveille dans la nuit avec pour envie celle de faire pipi et que brutal je dois me prendre du – 4°C a meme la peau, comme au coucher mais en plus moche car cette fois assoupi. “Ma chi te lo fa fare…?”, dirait un italien. “Mais qui t’y oblige ?” Personne. Non personne. Je pourrais deplacer mon lit dans la petite piece que je peux chauffer (la temperature peut y atteindre les + 15°C), je pourrais dormir habille, au moins garder mes chaussettes, mais non. Je prefere comme ca. Car je considere qu’ainsi je me fais du bien, qu’ainsi je me rends un service, me rendant plus fort, apte à une majeure liberté.
01.10 _ Mes couverts, en métal, me donnent la sensation de manger avec des rameaux de glace. Temps en temps je me fous les mains dans les poches pendant une petite minute pour me rechauffer les doigts. Mes tomates — composées essentiellement d'eau —, après une nuit dans la cuisine, elles sont dures comme des noix de coco et faut que je les glisse dans mon slip pour les rendre mangeables. Mais c'est trop long à décongeler jusqu'au cœur, ainsi tant qu'à faire, je me suis acheté une bûche de glace à la vanille.
01.07 _ La temperature fleurte avec le zero — par au-dessus, par en-dessous —, aussi toujours dois-je consulter le thermometre avant de deboucher ma bouteille d’eau pour savoir si je peux boire tranquillement ou si je dois me presser avant qu’elle ne se fasse bloc. Avec pas d’eau du robinet, cuisiner c’est galere. Pour faire cuire mon boulgour faut que je remplisse des bouteilles aux chiottes d’un cybercafé a 6 minutes a pied. Pour chier dans les chiottes ou je chie faut que je descende trois etages, que je marche jusqu’au bout de la cour, et que la je m’assoie sur la lunette d’un trone crade sur laquelle pissent tous les ouviers turcs et kurdes des entreprises du complexe industriel. Pour me laver je dois me rendre à la piscine, payer pour une heure de nage en bassin, alors que je n'ai jamais été jusqu'aux bassins, je m'arrête toujours aux douches pour profiter pleinement de ce bonheur brulant, à activer toutes les 5 secondes en reappuyant sur le bouton poussoir.
01.05 _ Hier j'ai fait le bas : je suis sorti me promener en robe motifs marguerite les roubignoles a l'air - je veux dire sans slip, et meme que je devais eviter de monter les marches des bouches de metro plus de deux par deux sinon ca aurait depasse -, et surtout pieds nus en tongs sur les trottoirs enneiges. Mon haut etait par contre bien couvert, avec ma veste noire de voyou et mon sac scolaire rose aux multiples chevaux pour temperer. Cette fois j'ai eu froid, mais c'est parce que j'ai pas marche, j'ai pris les transports.
01.02 _ A nouveau dans ma maison la temperature est a zero. Zero pile. L'eau hesite a se solidifier. Dehors il neige, mais apres quelques minutes de marche, j'ai commence a avoir si chaud que j'ai du retirer ma veste, la ranger dans le sac, et poursuivre en t-shirt a manches courtes. Ce fut le choc, en croisant des joggeurs qui couraient sur le quai avec echarpes, gants et bonnets... Comment font-ils ? C'est etrange, j'avais tout a fait chaud alors que mes mains, a la longue, etaient rougies par la brise jusqu'aux poignets. Pourtant j'ai la meme pas le nez qui coule, par l'ombre d'un malaise.
01.01 _ 1er janvier 2010, je suis vivant, en parfaite sante et libre de circuler a peu pres partout : c'est pas beau ca ?
12.31 _ Voici quelques photos - datant de la nuit derniere - de l'endroit que j'habite a Berlin. C'est les deux fenetres la-haut, la ou y a de la lumiere.
12.30 _ Il neige a nouveau. La temperature, apres avoir stagne plusieurs jours a + 3°C, est redescendue a + 1°C, mon eau risque a nouveau helas de se figer. Mais je m'habitue, meme que cette nuit j'ai du enlever pull, pantalon et chausettes car sous ma couette je crevais de chaud. Non, ce qui me gene le plus c'est de porter des vetements sales (je deteste aller au lavomatic et je ne possede qu'un pantalon) et de promener sale mon propre corps (j'ai pas de douche, le seul moyen de me laver c'est de payer 4 euros pour employer les douches de la piscine du quartier, et etant a la fois radin et flemmard, il est pas question que je me fasse subir pareille rudesse; en plus c'est que je deteste me laver - etre mouille -, si je beneficie pas de conditions tout a fait confortables je ne vais certainement pas m'y mettre). Oui de ca j'en souffre. Car du coup je fuis l'attention des filles, or j'ai besoin des attentions des filles.
12.25 _ C'est la canicule : c'est monte a + 4°C.
12.23 _ Suivant le conseil des deux hommes j'ai laissé les fenêtres ouvertes et effectivement ce matin la température est pratiquement remontée à 0 °C. Mais c'est un peu décevant, je voulais que ça descende au moins jusqu'à - 10°C, il n'y a même pas eu de quoi justifier à ce que je sorte avec une pull sous ma veste. Mais bon, l'hiver est pas fini.
12.22 _ La temperature s'est nettement adoucie, on frole les - 1°C. Mais dehors il fait + 2°C, aussi les deux livreurs de chez Bauhaus, apprenant que c'est ici que je vis, m'ont conseille d'ouvrir les fenetres. Finalement, si je vivais dehors comme les clochards, ma situation thermique serait bien moins penible. Bienheureux !
12.21 _ Me voici a - 4°C. L'avantage avec ces temperatures, c'est qu'elles me permettent de manger pas mal beaucoup sans que cela n'affecte mon poids, vu les efforts que doit fournir mon corps pour resister au froid de la nuit. Le matelas, pose a meme le beton, est en train de moisir a vitesse grand v; le retournant ce matin, j'ai pu decouvrir en orange ma silouhette a mon exact emplacement pendant mon sommeil. Hier une amie m'a propose de me filer ses clefs pour que pendant les dix jours de son absence je puisse dormir dans son appart, mais j'ai decline l'offre.
12.20 _ Hier le plastoque du chauffe-eau s'est fendu quelque part, son jus s'est repandu sur le beton, ca a cree une large plaque de verglas. Voila qui ne risque plus de se reproduire avant longtemps, vu que depuis ce matin plus rien ne sort du robinet. Il fait - 3°C. Etonne de constater que l'eau dans les bouteilles etait encore liquide, j'en ai ouvert une, et l'air qui s'y est alors engouffre a au bout de 5 secondes solidifie l'ensemble. Je suis oblige d'enfiler des gants pour soulever mes halteres, car autrement leur metal engourdit si vite mes doigts qu'au bout de quelques levees elles me tombent des mains. Impossible de s'eplucher convenablement une banane, la peau casse. Je dors desormais tout habille. Je penetre le lit glacial et humide, et au bout d'une courte demi-heure, aide par la qualite isolante de ma couette, mon corps aura genere la-dessous un microclimat tempere qui me fera me sentir tout a fait confortable.
12.19 _ Aujourd'hui, - 2°C. Une stalactite de 10 centimètres de long du tuyau de mon robinet de cuisine. La serpillère, hier soir mouillée, est ce midi raide comme si elle avait été ciselée dans le verre. Si l'eau dans mes bouteilles est encore liquide, c'est que le plastique dont elles sont faites lui offre quelques degrés de plus; juste de quoi rester au-dessus du zéro. Mais quand j'ai versé celle-ci dans ma poelle, elle s'est immédiatement cristallisée. Magique.
12.18 _ Aujourd'hui midi, dans mon chez moi il faisait 0°C. Je veux que maintenant la temperature descende au plus bas afin que je puisse observer les fluctuations de mon moral en de telles conditions, ma capacite a poursuivre un travail, a resister a la naturelle inhibition venue avec le froid. Si je suis pas foutu de tenir tete a ca, c'est meme pas la peine de penser a retourner en Siberie.
12.17 _ La temperature est descendue sous les 2°C. En fait, si la premiere chose que je fais me levant c'est des pompes, c'est parce que sortant du chaud de sous la couette c'est le seul moment de la journee ou je n'aie pas les mains gelees, et par consequent le seul moment ou je puisse me maintenir sur les bout des doigts. L'emmerdant ca va etre quand l'eau va geler et que je ne pourrai plus cuisiner avec.
12.14 _ La temperature est chez moi maintenant descendue a 3°C. J'ai eteint le frigo. Pourtant la situation est bien plus tenable que lors de mes precedents hivers a Berlin : je dispose cette fois d'un bureau de 2 metres carres chauffable ou je peux tenir mon ordinateur et travailler avec sans qu'il tombe en rade pour l'eccessive humidite. A 3°C je ne fais que dormir, me cuisiner et manger.
12.13 _ Dans ma maison de Berlin la temperature est descendue sous les 5°C. Mais etonnament, au reveil je reste de longues minutes debout entierement nu a me preparer a manger et cela sans en souffrir. Mon premier reflexe me levant c'est de faire 40 pompes sur le bout des doigts. La journee se termine avec des exercices abdominaux ou en equilibre sur les fesses, partant d'une position allongee (mais sans jamais reposer pieds et epaules sur le matelas), je percute 80 fois ma poitrine de mes genoux.
11.15 _ Nico Vascellari me file une somme et me paye le billet d'avion depuis Berlin pour que je le cogne pendant dix secondes lors d'une perf à lui dans le cadre d'une manifestation d'art contemporain à Turin.
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SCRIPTURES > COMMENTS
10.25 _ 8 new quotations
SCRIPTURES > FRIEND THOUGHTS
10.15 _ 10 new pictures
SPREADS > DIGESTIONS
10.08 _ 53 new pictures
RELATIONS > FIELD OF THE FLESH
10.02 _ 1 new video
TRIPS > HAVING FUN
09.29 _ Le son que j'écoute est musique, le mouvement que je regarde est danse.
09.22 _ Comment tirer leçon de nos supposés bons ou mauvais choix, puisqu'en aucune manière nous ne pouvons savoir de quelles autres façons seraient allées les choses en cas de choix différents ?
09.20 _ Je me dis : "Le plus important c'est de baiser." Alors je baise. C'est là qu'alors je me dis : "Le plus important c'est de manger." Alors je mange. C'est là qu'alors je me dis : "Le plus important c'est de dormir. Alors je dors. C'est là qu'alors je me dis : "Le plus important c'est de baiser." Alors je baise. C'est là qu'alors je me dis : "Le plus important c'est"... Il n'y a rien qui soit véritablement important, une fois obtenu. Ce qu'il y a de grave dans cette histoire, c'est que je sais pas ce que je dois désirer. Derrière quoi dois-je courir ? Qu'est-ce qui peut motiver mes fatigues ?
09.19 _ 8 new pictures
TRIPS > TOTEMS
09.06 _ Je ne peux me permettre d'avoir quelque produit comestible que ce soit à la maison — si ce n'est nécessitant une cuisson —, car je le mangerais aussitôt jusqu'à ce qu'il n'en reste rien. Même un pain de beurre au sel je le finirais en quelques heures lamelle après lamelle, incursion après incursion. Aussi mon frigo est toujours vide; et doit le rester. Je ne peux garder que des pâtes, des oignons… des trucs que faut du temps avant que ce soit prêt. Autrement je serais obèse. Car la nourriture m'apporte un plaisir certain, et je ne vois pas pourquoi que je devrais m'en priver alors qu'il est à ma portée, pas plus loin que ma cuisine. Me retenir serait comme avoir une fille nue dans le plumard et rester là à mon bureau sans m'en servir alors que mes couilles sont pleines. Pas possible. Surtout que mon ventre se vide plus vite que mes couilles ne se remplissent.
09.04 _ Pour la première fois je me suis rendu dans un club dédié au sado-masochisme : sympathique, mais bien trop gentil. À gerber d'ennui. Si mignon, si propret. Par contre j'ai eu une bonne discussion avec Thorsten l'informaticien.
09.03 _ J'ai dû remplacer mon nom par un pseudo, car faute aux moteurs de recherche, l'association de certaines de mes images avec mon vrai nom aurait pu nuire à la réalisation de nombre de mes projets. À titre d'information, "Gyula" est la version hongroise de mon vrai prénom (ma mère est Hongroise), et "Noesy" je l'ai obtenu ajoutant un "o" à mon vrai nom pour le muter en "noesi", en italien (en français c'est "noèse"), terme employé par le philosophe Husserl pour définir l'acte même de penser. Puis, substituant le "i" par un "y", j'évoque "no easy" et "noisy" aux anglais, sans oublier le fait que mon nom sonne ainsi français, ce qui est tout à fait bien puisque je suis un écrivain de langue française. Et j'y lis également "no e si" ("non et oui"). Et "non poésie". Voilà, c'est tout à fait bien… c'est tout à fait bien… Précision : "Gyula" se prononce "Dioula" avec un "D" mouillé. Mais vous pouvez m'appeler "trou du cul", ça fera l'affaire.
08.31 _ Je viens de me mater à la suite les 24 épisodes des 2 premières saisons de Californication, soit 12 heures scotché sur une chaise de jardin, de 23h à 11h. C'était mauvais et pas vraiment passionnant, mais j'avais besoin de me shooter la tête avec quelque daube.
08.30 _ Le 21 juillet dernier j'ai appris que je devais ma vie au conformisme. Je ne m'en suis toujours pas remis. Ma mère m'a tout raconté : elle se trouvait dans un camping sur la plage avec celui qui allait devenir mon père, et des galopins couraient de partout. C'est là qu'ils me décidèrent. Jamais auparavant ils n'avaient ressenti de besoin d'enfant. Je suis comme une glace qui aurait été achetée parce que tous les promeneurs de la jetée en auraient léché une.
08.29 _ Ce que je veux, c'est me retrouver en position de pouvoir me permettre de jouer hors du jeu sans pour autant être considéré hors-jeu. Possible ? Possible ? À condition de les faire sérieusement rêver.
08.29 _ Je sais ce que je dois faire pour que vous m'admiriez et m'offriez de votre argent, et ça tombe bien : c'est ce vers quoi je m'engageais de toute façon. Il me sera ainsi donné de joindre l'utile à l'agréable, comme on dit.
08.29 _ 5 new quotations
SCRIPTURES > FRIEND THOUGHTS
08.27 _ J'ai maintenant compris ce qui me distingue des autres solliciteurs de galeries : leurs œuvres sont produites ad hoc pour satisfaire une demande externe, tandis que ce que moi je fais je le ferais pareil même si tout ce satané système devait s'effonder. Mon art c'est de la vie, le leur une posture. Une imposture, plus précisément.
08.25 _ Les deux professions que mon père sans cesse m'encourage à faire miennes, ce sont curieusement celles qui du temps de mes études d'art servaient à stigmatiser qui a nos yeux serait devenu un raté : peintre en bâtiment et caricaturiste sur la place.
08.25 _ La vie vaut la peine d'être vécue même dans le plus total dénouement, par le simple plaisir tiré de la possibilité de s'endormir une fois fatigués.
08.22 _ Mon malheur vient du fait que je ne puisse me voir satisfait tant qu'à mon passage je n'entende de partout chuchoté : "Tu sais qui vient là de passer ? Le mec qui a/est [......................................] !" (le contenu d'entre les crochets m'est à peu près égal)
08.22 _ Nous passons notre temps à nous vendre. À des hommes qui, eux-mêmes, se vendent à nous.
08.15 _ Je ne suis qu'un produit sur le marché. Un produit, sur un marché. Et je suis un bon produit. Mon produit il est bon. Il peut être vendu.
08.11 _ Je quitte Berlin exactement pour la même raison pour laquelle je ne peux être le garçon d'une seule fille.
08.11 _ Je viens de découvrir le speedcore italien de Komprex et Frazzbass.
08.04 _ Mon cœur s'est tourné vers Cab Calloway.
08.04 _ Je suis attiré par tous les monstres qui s'assument en tant que tels.
08.02 _ En ce moment mon cœur fait boum pour Nitzer Ebb.
08.02 _ Qu'est-ce qu'un pays civilisé ? N'est-ce pas un territoire où qui a envie de voler mon laptop se retiendra de le faire, où qui veut se servir de mon corps s'obligera pour cela à suivre un protocole et tiendra compte d'un éventuel refus, où qui désire me voir mort passera son chemin sans avoir agi en ce sens ? Sans civisme nous ne pourrions vivre ensemble, mais le civisme nous fait souffrir et vivre seuls nous n'en sommes capables.
07.23 _ 7 new quotations
SCRIPTURES > FRIEND THOUGHTS
07.23 _ 1 new video
TRIPS > HAVING FUN
07.19 _ Je ne m'intéresse qu'à la mort et au sexe. Tout le reste n'est que produits dérivés.
07.19 _ Un constat : je suis ainsi malheureux. Je réside à Berlin, la meilleure ville que je puisse désirer habiter, et ai pourtant la gêne de celui qui sent de perdre son temps. C'est comme les filles : même avec la plus belle du Royaume je trépignerais d'insatisfaction. Me faut tout le temps aller voir ailleurs, et quand cet ailleurs est survolé, ce n'est plus un ailleurs mais un ici qui pue; mon désir est dans un autre ailleurs. Une décision alors : ne plus m'éterniser. Je suis l'hypernomade d'Attali — pure tarlouze. Pour moi tout commencera le 10 novembre. En cette date se concluera mon sixième mouvement, et débutera alors le septième.
07.18 _ Je viens d'assister au concert de Kraftwerk à l'"Italia Wave — Love Festival". 24 ans plus tôt, âgé de 9 ans, j'avais rencontré perplexe "Morgenspaziergang" et les vingt-deux minutes d'"Autobahn" découvrant ainsi l'existence d'une vie hors bande FM.
07.17 _ Je suis un qui n'hésite à initier des actions qu'il sait pertinemment devoir physiquement le blesser, et suis pourtant un qui ne pourrait manger du raisin ou de la pastèque autrement qu'en retirant d'abord un à un les pépins de la pointe de son couteau. Certains y voient incohérence, je n'y vois que complexité.
07.17 _ 16 new pictures
TRIPS > HAVING FUN
07.16 _ Hier après-midi, pour un spectacle, j'ai failli m'entailler un œil sautant tête la première contre un panneau de bois fin pour le briser. Mais les échardes n'ont trouvé que la peau autour.
07.15 _ Un seul amour, fût-il excellent, vaudra-t-il jamais la peine que l'on se prive de mille amours ordinaires ?
07.14 _ Rien que le mois dernier cela m'est arrivé deux fois. J'ai vu au loin le feu rouge passer au vert, alors j'ai ralenti, jusqu'à m'arrêter. En attendant que le feu passe au rouge. — J'adore ces moments où dans ma tête tout s'inverse...
07.13 _ 7 new pictures
SPREADS > DIGESTIONS
07.09 _ Je viens de me rendre compte que les choses que j'ai à faire sont incompatibles avec un mode de vie sédentaire. Il va donc falloir que je me fasse nomade. Et le motif de mes déplacements sera non pas la recherche de nourriture mais l'accumulation d'expériences en vue d'une moins partielle compréhension de la Structure. D'expériences, mais également de jouissances sans cesse renouvelées.
07.08 _ Je me souviens de ces moments de quand je joue à un jeu vidéo est que je m'aperçois avec horreur que "J'ai plus qu'une vie !" Et dire que dans la vraie vie la situation "Qu'une vie !" est imposée d'entrée de jeu. Quel stress. Ça donne envie de vivre calfeutrés, ou bien de tenter le tout pour le tout.
07.06 _ Hier nuit, rive gauche de l'Arno, j'ai lutté sur un ring avec cordes et gong et rounds et coachs et le commentateur sportif qui gueulait, le sol était un bac, rempli de boue, d'argile, on portait des masques de catcheurs mexicains, j'ai affronté trois gars à la suite, les deux premiers ce fut vaincu en deux minutes, mais Sodomo, le troisième, el campeon, pas moyen de le retourner, — je n'avais dormi que neuf heures les trois précédentes nuits, permettez-moi cette excuse —, donc match nul, et puis aussi à l'applaudimètre. Tandis qu'encore on criait mon nom ("l'Organismo !... l'Organismo !... Grande !...") — parce que sur le ring, outre à gagner haut la main contre plus massif que moi, j'ai fait le bouffon —, je suis allé marcher pieds nus dégoulinant d'argile jusqu'à sur la Place Signoria, traversant de la sorte le Ponte Vecchio. Sous la loge de l'Orcagna un vigile m'a dit de dégager car "vous pourriez être un terroriste" (vu que j'étais en slip j'ai demandé "l'explosif il est où ?"), mais du véhicule de la Police Municipale à côté duquel je suis passé, personne n'est sorti pour m'arrêter et c'est tant mieux car je ne souhaite vraiment offenser personne, juste (m')offrir quelque joie.
07.01 _ 1 new video
RELATIONS > MEETINGS
07.01 _ Je viens de passer deux jours à la suite à dialoguer avec les membres du forum "Lucid State", quelle expérience intéressante. Je n'ai dormi que très peu afin de m'offrir la possibilité de répondre au plus grand nombre des messages affichés sur les 25 pages et plus de réflexions nées en réaction à mon propos initial et ses précisions. Hélas, quelque modérateur à jugé bon de supprimer la conversation, pourtant à mon goût si profitable tant pour moi que pour mes interlocuteurs.
06.26 _ Généralement les aventuriers ont des goûts de chiotte. Tant au niveau musical, que vestimentaire ou iconographique. Totalement de merde. Je ne suis pas dans tel cas.
06.26 _ Moi, ma Pénélope, celle qui m'attend depuis si longtemps et que je suis sûr de retrouver un jour, c'est Dame Mort. Lors de ma naissance je m'en suis arraché, j'espère la retrouver très âgé. De ma vie je ne fais que me préparer à mourir.
06.25 _ Jamais je n'ai peur de ne pas réussir. Plutôt j'ai peur de ne pas avoir essayé.
06.25 _ Ah ah ah ah ! Ayant écrit ceci, je me sens maintenant si léger ! Si vous saviez !
06.25 _ Je ne rigole pas, mes petits chéris. Vous fais-je l'impression d'être quelqu'un qui rigole ? Ai-je jamais plaisanté ?
06.25 _ Toute façon j'ai mon book en ligne sur mon site, j'ai pas besoin d'un atelier fixe et même, je peux si besoin peindre dehors (les peintres ne peignaient-ils pas tous en extérieur, pendant toute une époque ?), j'ai belle allure... c'est tout à fait faisable. Car je suis certain que dès que j'aurai montré mes productions ou raconté mon histoire, je susciterai partout l'admiration. Les gens se disputeront mon amitié. Et ne demanderont qu'à m'aider.
06.25 _ Et je signe avec une galerie, je fais toute façon la même chose. Je lui dis : "Je t'envoie de l'art, tu m'envoies de la thune. Je serai toujours ailleurs."
06.25 _ Je me donne jusqu'à la fin de ma 33e année pour signer un contrat avec une galérie internationale et devenir un de ses artistes soutenus et vendus. Et si d'ici là je devais échouer à intéresser quiconque, alors âgé de 34 ans, je résilierais le contrat de location de mon logement à Berlin, j'y louerais un garde-meubles minimal pour 50 euros par mois — que je demanderais à mon père d'avoir la decence de payer — pour y foutre mes affaires — et s'il veut pas je vends tout —, et équipé d'un laptop Apple, d'une ou deux caméras et autres technologies avancées, je me fais total nomade car il est temps. J'ai un programme grand comme ça pour avant de mourir, et si je commence pas là, je serai trop à la bourre pour finir, j'aurais grave la haine. J'ai confiance en ma capacité à me faire apprécier. Mes merdes seront bien plus désirables si pendant que je les produis je vis ce que tout un chacun rêverait de vivre s'il en avait les couilles.
06.22 _ Voilà. C'est là ma liste des choses à faire pendant ma vie — reste qu'à rayer. Je dois aussi tuer au moins quelqu'un et le manger.
06.22 _ Aujourd'hui je pèse 78,5 kilos.
06.21 _ Avant de mourir, il y a un certain nombre de choses à faire pour pas que ma mort me soit trop pénible. En Europe je dois aller à Lisbonne et Porto au Portugal; à La Corogne, Bilbao, Salamanque et Grenade en Espagne; à Dublin et Belfast en Irlande; à Inverness en Écosse, retournant à Edinburgh que j'ai aimée, mais aussi tentant de rejoindre les Orcades, pourquoi pas les Shetland, voir les Féroé du Danemark; au Danemark, Copenhague; il est évident que je dois sillonner l'Islande; en Norvège je dois avoir marché du Cap Nord à Oslo; en Suède je dois voir Stockholm; en Finlande Helsinki; Königsberg, c'est fait; je dois me rendre en Estonie chercher les Ougres; à Minsk en Biélorussie; dans toutes les capitales européennes pas encore fréquentées : Riga, Vilnius, retourner à Varsovie, voir Prague, Bucarest, Sofia, le Montenegro, la Moldavie, Tirana en Albanie, Athène en Grèce et tout ce que ce pays m'amènera à désirer, Skopje en Macédoine, en Ukraine Kiev et Odessa, Laibach en Slovenie, et puis Amsterdam où curieusement je ne me suis jamais égaré; Sarajevo et Zagreb je pense m'y être déjà rendu, mais j'y retournerai pour en être certain; en Italie je dois descendre jusqu'à Naples et Palerme; je veux marcher de Bratislava à Belgrade sur les Carpates foulant le Tatra; je veux trainer en Transylvanie et m'y acheter un château pour regagner une part de Hongrie.
06.21 _ Sur le territoire de la Fédération de Russie, à cheval sur deux continents, je dois aller à Mourmansk, Arkhangelsk, Irkoutsk, Vladivostok, Providenia, je dois traverser à pied le Détroit de Béring, léger sans dormir, je dois retenter une expédition Petropavlovsk-Ouelen, en clandestin, canoës et moteurs consentis, gagnant de l'argent sur place pour payer du matos du cru —pas fluo —, m'équipant pour les traverser à la nage, les rivières qu'il y a partout, et patientant le temps qu'il faut quand l'attente est la meilleure solution.
06.21 _ La Turquie devrait à mon goût être raccourcie, aussi ne vais-je la traiter que dans la rubrique que voici. En Turquie je veux aller à Istanbul, me promener dans le site du Jardin d'Eden et errer sur les pentes du Mont Ararat; sur le Caucase je veux marcher de Sotchi à Bakou; l'Ossétie du Sud je dois voir ça; je dois aller en Israël, en Syrie, circuler en Iran, voir certaines populations du Pakistan; les capitales de Turkmenistan, Ouzbekistan, Tadjikistan, Kirghizistan et Kazakhstan, je dois connaître; je ne peux ignorer l'Arabie saoudite; en Inde je devrai passer pas mal de temps; à voir, Oulan-Bator; en Chine Pékin, Shanghaï, Hong Kong, Macao et Lhassa c'est un minimum; Séoul mais aussi Pyongyang; le Viêt Nam, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge, la Birmanie, le Bangladesh, le Bhoutan et le Népal; Jakarta en Indonésie avec une expé dans l'obscur de Bornéo; Brunei; le Sri Lanka; je me soûlerai à Singapour; habiterai Kuala Lumpur en Malaisie, Manille aux Philippines; Papouasie-Nouvelle-Guinée; la Tasmanie en Australie, mais je verrai aussi le reste; je veux marcher direction sud-ouest sur l'Île du Sud de la Nouvelle-Zélande; le Japon aura toute mon attention.
06.21 _ En Afrique il m'intéresse de voir tout ce qu'il y a à voir sur Madagascar; je désire aussi le Mozambique, le Zimbabwe, la Zambie et le Botswana; la Namibie et l'Angola; le Gabon et son iboga; Ghana, Togo et Bénin, sources du vaudou; le Maroc et la Lybie, mais je passerai par Tunis et Alger c'est sûr; la République centrafricaine; l'Éthiopie et ses hauts plateaux; en Érythrée la dépression de Dancalie. Le Mali pour Tombouctou. Ouagadougou parce que c'est poilant.
06.21 _ En Amérique du Sud je dois finir de mettre les pieds dans toutes les villes importantes de Bolivie, ne me restent à visiter que Tarija, Cobija et Santa Cruz de la Sierra. Là, je dois vaincre le Licancabour (6000) et enfin voir son lac interne. Grimper sur le Sajama (6500). Puis sur l'Aconcagua d'Argentine (7000). Je dois vivre une aventure dans la jungle, ce pourrait être le franchissement des monts Tumuc-Humac, rejoignant la Guyane Française en provenance du fleuve Amazone. Je dois y parcourir des milliers de kilomètres de pistes en moto. Je dois y posséder un cheval, que je finirai puis éventuellement par manger. Je dois apprendre à tirer au pistolet et à la carabine. Je dois atteindre Ushuaïa, la Terre de Feu, et de là essayer de m'embarquer pour l'Antarctique. Je dois trifouiller dans les cadavres d'un centre d'autopsie après avoir corrompu le médecin légiste. Je dois fréquenter une communauté ménnonite bien radicale. Je dois tuer des bêtes à la chaîne dans un abattoir. Je dois avoir vu Santiago du Chili, Valparaíso, Buenos Aires, Montevideo, Asunción, Iquitos, Quito, Rio de Janeiro, Belem, Manaus — où je dois suivre un cours de survie dispensé par l'armée brésilienne —, Medellin, Bogota, Caracas et Cayenne. Je dois avoir sejourné dans toutes les capitales continentales d'Amérique Centrale, je vous en épargne la liste. Question îles, je dois fréquenter celle de Cuba et de la Jamaïque. Haïti, vaudou oblige, sera approfondi.
06.21 _ Au Mexique je dois au moins me descendre à pied la péninsule de Basse-Californie. Les Etats-Unis je voudrais me les faire par deux fois, sur le Pacific Crest Trail et le Continental Divide Trail. Et aussi je dois savoir ce qu'est que le Texas et la Louisiane. De Vancouver au Canada, je voudrais équiper un petit voilier et avancer entre les îles jusqu'à Anchorage en Alaska, puis poursuivre le long des îles Aléoutiennes pour finir au Kamchatka, continuant zigzaguant entre les Kouriles qui mènent au Japon.
06.21 _ Aujourd'hui je pèse 79,2 kilos.
06.20 _ Je viens de visionner le trailer de "Zombieland". Les films de zombies sont super pour remarquer combien satisfaisant peut être le massacre d'hommes. Mais aussi de femmes, de vieillards et de mioches.
06.20 _ Je crois avoir trouvé une raison à mon approche du voyage dans cette croyance des Khantys, ancêtres du peuple hongrois dont je porte des gènes : "Le paradis n'est accessible qu'aux âmes de ceux qui meurent d'une mort violente, ou dans la chasse aux ours. Les âmes de ceux mourant de façon ordinaire sont contraintes de servir un dieu sévère, résidant sous la Terre." (source Wikipedia)
06.20 _ Aujourd'hui je pèse 80,6 kilos. Surbadigeonné de miel, j'ai dévoré un grand coude de pain rassis juste avant d'aller me coucher.
06.19 _ Je compose mon histoire pour les acteurs qui interpréteront mon personnage dans le film hollywoodien sur ma vie.
06.19 _ Je vais apparaître comme un personnage enfin original : aussi à l'aise sur boue que parquet. À ma connaissance, en tout cas, y en a jamais eu des comme moi. Imaginez un Mike Horn groovant sur du Fischerspooner en discothèque tout habillé comme une tapette… Je suis certes pas un Mike Horn (je fais mes choses en solo), non; ce que je voulais dire par là, c'est que ces gens sont allérgiques aux frivolités. Quand un baroudeur se fait convaincre de rappliquer dans un évènement tel que celui-ci dans les pentes de la Villa Petraia, il aura tendence à s'habiller sobrement, proprement, dignement, trahissant éventuellement sa cause par le port de marques liées au monde du sport, adoptant le comportement en retrait d'un homme empreint de superbe en l'occasion, observateur atterré, observé faute à la rugosité de ses manières, ignorantes des codes en vigeur en cet environnement plus hostile qu'un hiver à Verkhoïansk. Mais jamais sa grandeur ne lui permettrait de manifester son ressenti par un comportement à la Sid Vicious, par une tenue à la Paul McCarthy performant. Mais moi, plus riche en profils que tout ce qui a été porté à ma connaissance, je suis celui-là qui va vous démontrer que l'originalité habite encore la Terre.
06.19 _ Aujourd'hui je pèse 78,3 kilos. C'est la sanction.
06.18 _ J'ai mangé deux pommes et cent grammes de spaghettis aux coquillages, car je me sentais défaillir. Demain matin au pesage ça va être terrible...
06.18 _ Aujourd'hui je pèse 78,1 kilos. J'ai trop bu. Pour éviter de manger. Car nouveau banquet aux milles tentations. Villa médicéenne, gens de pouvoir, entrée avec carton d'invitation. Je suis heureux d'accéder à un tel contexte. J'en suis flatté. C'est grâce à l'estime que me porte le noble Torrigiani. Parce que je danse fort. Bien qu'ayant à maintes reprises pleuré lors de la lecture du Walden de Thoreau, je ne méprise nullement une semblable compagnie. Je m'y sens parfaitement à l'aise. Parmi les mondains aux flûtes pétillantes de prosecco. Je considère le fait d'être ici comme un privilège. Vous dites : "Giulio, tu devrais être au-dessus de tout ça…! Le fait que leur proximité te flatte est la preuve que tu ne t'es pas tant élevé que ça !" Je vous trouve bien superficiels. Même le plus incorrigible des ermites, du fond de sa retraite, pense au jour où il redescendra de sa montagne pour se présenter devant la société et où elle devra l'aduler, lui adressant les plus enviables hommages; qu'il réfusera, comme il est bon qu'il fasse.
06.17 _ Aujourd'hui je pèse 77,4 kilos. Hier soir j'ai craqué, j'ai bouffé 5 cerises, sinon ce matin je pèserais déjà 77,3.
06.16 _ J'ai resisté à tout : aux piles de gamelles débordantes de cerises noires extrêmes s'offrant au son d'un Vivaldi interprété live par quatre harceleurs de cordes en frac, aux éclats de parmesan Reggiano d'une qualité telle que je doute que je puisse m'en payer un jour du comme ça, aux fragments de noix de coco d'un blanc jeune et délicat ainsi qu'à toutes les propositions exquises qu'une centaine de domestiques en mouvement constant n'avait cesse d'allonger sous mon nez au point qu'il m'a semblé avoir les orteils ensevelis dans des grains de plage, périodiquement abordé par les marchands de montres cassées. Mais oui, j'ai résisté à tout. J'ai regardé le banquet dans les yeux et ma main n'a pas saisi. J'ai mâché mes chewing gums. Ainsi aujourd'hui je pèse 78,0 kilos. J'ai maigri de 6,5 kilos en 7 jours. Tout seul; c'est-à-dire, sans produits coupe-faim ou binz de la sorte. Juste par volonté. Je savais, que mon narcissisme m'aurait sauvé ! Ça fait maintenant dix ans que je suis un corps qui m'inspire dégoût… Faut que ça cesse. Je suis en passe de redevenir ce que je dois être. Ce que j'étais avant que mon métabolisme ne change, à vingt-trois ans, pour devenir celui d'un homme. J'ai maigri de 6,5 kilos en 7 jours et dans le contexte les plus difficile : en Italie, et logé dans l'appartement de mon père, qui à côté fait des plats et m'en offre et des bons. Pas au fin fond de la Sibérie, là où même les expérimentés ne trouvent pas de quoi se provoquer une carie.
06.15 _ Aujourd'hui je pèse 78,8 kilos.
06.14 _ Aujourd'hui je pèse 79,0 kilos. Ben oui, j'ai chié !
06.14 _ Hier je pesais 80,8 kilos.
06.12 _ Aujourd'hui je pèse 82,1 kilos.
06.11 _ Aujourd'hui je pèse 83,4 kilos.
06.10 _ Aujourd'hui je pèse 84,5 kilos.
06.10 _ Je connais maintenant mon urgence : gagner la dignité. Et pour ce faire, je dois atteindre les trois préalables suivants : beauté, prestige et indépendance. Plan d'action pour la beauté : maigrir. Plan d'action pour le prestige : exposer dans des galeries à renommée internationale. Plan d'action pour l'indépendance : accumuler suffisamment d'argent pour pouvoir me permettre de te dire "merde".
06.10 _ Si depuis des années je ne tombe pas malade, c'est que mon désespoir a mis le doigt sur sa véritable cause : la pleine conscience de ma mort qui vient. Car percevant ainsi ma claire incapacité à m'en défaire, je me sens libéré du poids du devoir d'action, et ne somatise guère.
05.26 _ 2 new videos
RELATIONS > MEETINGS
05.23 _ 1 new video
MUSIC > (APPEARANCES)
05.22 _ Le voici, mon dilemme : le moindre fil de graisse annihile tout mon amour-propre, alors que les aliments riches en graisses et en sucres me font don de mes plaisirs préférés. Mais non pas des plus valorisants, bien au contraire. Dans le but de se valoriser, les plaisirs à préférer sont les filles. Or, à part dans le cas particulier des putes, joies du sexe et du bide sont incompatibles : chicken = no chicks, chicks = no chicken. C'est là ma plus grande douleur — pratiquement.
05.21 _ Je suis capable d'un amour qui prend tout ce qu'on lui donne, et qui négligé se réjouit de ce qu'il a eu jusque-là. D'un tel amour on ne souffre pas, ça se promène en bandoulière. Et il peut suivre son cours parallèlement auprès de nombreuses sources de lumière.
05.15 _ 1 new chapter
RELATIONS > *BODY PLAYER
05.14 _ 1 new letter
SCRIPTURES > OPEN LETTERS
05.14 _ 4 new quotations
SCRIPTURES > THOUGHTS
05.13 _ 1 nouvelle vidéo + 1 nouvelle photo
MUSIC > dFdMONTECAGNA
05.02 _ Je suis parti puis immédiatement. Dégoûté par moi-même. Je suis l'homme des occasions perdues. J'en cueille une sur dix. Hier nuit, dans un club gay, une anglaise dévergondée au collier de perles noué se dandine à la barre me montrant du cul. Et cinq secondes après avoir pensé "Que j'aimerais entrer là-dedans", la voilà qui se penche vers moi pour me déclarer "... cause you're so beautiful". Je grimpe alors sur le comptoir pour me tordre avec elle autour, et tout ce que je veux faire sur son corps elle me le laisse faire et avec un grand sourire. Tout lui va, je la soulève par les fesses lui embrassant le ventre. Le dénouement de l'affaire me semblait évident. Je ne voyais par conséquent pas de feu au lac. Alors que son lac était bel et bien en feu ! Et c'est ainsi que l'instant d'après, un mec avec lequel elle échange à peine quelques mots la prend par la main et la sort vers là où j'aurais pu et dû la mener. Comme dit, c'est là que je me casse. Et au feu rouge, deux filles qui m'avaient reluqué pendant que je dansais, me klaxonnent fort enthousiastes. Je salue d'un léger hochement de tête, et n'en fais rien. Je démarre. En scooter seul sur l'avenue déserte du petit jour. Et toute ma vie est de la sorte faite : une succession de joies évitées de justesse.
04.30 _ Je me considère votre supérieur car je n'ai jamais croisé personne qui sache aimer tant de choses, et d'un si grand amour.
04.27 _ 4 nouvelles vidéos
DANCE > RELATIONS
04.27 _ Compte non pas ce qui est, mais ce qui à l'air d'être. L'air — le vide — plutôt que le plein. Par ailleurs, nous ne connaissons de la réalité que ce que nos sens nous en relatent. Est-ce cela, la réalité ? Sûrement pas. Mais si nous la connaissions, nous serions alors probablement incapables de la moindre action, et nous mourrions.
04.26 _ Cette image d'Antonio Pollaiolo, affichée sur un mur du couloir de chez mon père, a notablement influé mon approche des corps. Ainsi que toutes les statues florentines éparpillées de par les rues — je n'en reviens toujours pas de ne m'en être aperçu que maintenant.
04.23 _ J'ai commencé à poser nu pour des écoles de dessin florentines — tenues par des étrangers pour des étrangers. Ici aussi mes services sont appréciés : à la fin du premier cours, les élèves m'ont spontanément applaudi. Ici comme ailleurs les modèles ont tendence à se la couler douce, ici comme ailleurs ceux-là vont me détester. Car je propose pour le même prix une énergie dont ils sont dépourvus, je suis la révolution dans le petit monde flasque des poseurs d'opérette.
04.20 _ L'amour c'est malsain, l'amour, c'est du sexe perverti.
04.18 _ Je souhaite disposer d'une substance qui une fois ingérée, sache me faire chier absolument tout ce que je mange. Sérieusement. Ma vie serait alors pratiquement heureuse.
04.15 _ Il n'y a pas de gentils, nulle part de méchants, partout des gens ayant cure de leurs intérêts. Intérêts entre eux incompatibles et qui donc s'affrontent. Et tous sont justifiables.
04.13 _ On ne croit que ce que l'on se consent à croire. Nos réalités sont à l'image de nos espérances.
04.08 _ C'est passant en revue les photos touristiques de Lan à Florence et de la sorte redécouvrant certaines statues sous mes yeux depuis ma plus tendre enfance, que j'ai aujourd'hui réalisé pourquoi je danse ainsi. Les postures que je cherche à figer sur supports photo et vidéo ne sont que celles aux côtés desquelles j'ai depuis toujours vécu. Mon travail s'avère être classique.
04.05 _ Cela s'est passé il y a déjà six mois, mais je suis encore sous choc d'avoir vu mon père nettoyer la selle de mon scooter gâtée par un lâcher de fiente. Car au lieu de procéder avec intelligence, saisissant la merde avec la précision qui dans ces cas s'impose, il prit le mouchoir de papier, et avec étala consciencieusement le colombin sur toute la surface du siège. Ainsi, depuis lors, la question que je me pose est la suivante : comment est-il possible d'avoir à soixante ans révolus une si grande inexpérience du maniement des matières ? Il a viré cette crotte comme s'y serait pris un enfant !
04.04 _ Je suis arrivé à Florence pauvre comme un pou — endetté, même —, sans avoir trouvé de locataire pour mon espace en mon absence, sans avoir encore trouvé de travail ici en Italie, avec la nécessité d'en avoir un alors qu'il me rendra très malheureux de par sa nullité. Avec, parallèlement, l'impossibilité pour moi de me faire plaisir en bouffant à mort — sous peine de me voir anéantir les six semaines d'efforts fournis lors de mes séances de free fighting —, et non plus par masturbation, car je m'en passe depuis trois mois et j'aimerais tenir, pour me forcer à chercher des corps, pour ne plus me vider dans la poubelle. Sale période. Sans compter la présence de mon père. Que du moche et sans compensations.
04.02 _ Seconde version du propos du paragraphe 03.16 : je voudrais que meurent d'un coup tous mes amis pour vous prouver qu'il ne me faudrait pas une semaine pour m'en remettre — et pourtant Dieu sait comme je les aime, de quelle bonne qualité ils sont. Je m'en remettrais très facilement car je me suis déjà pleinement désespéré au sujet de moi-même et n'ai aucune nécessité de profiter d'une semblable occasion pour le faire.
04.01 _ Qu'est-ce qu'un préjugé ? C'est un jugement provisoire avant un jugement final qui ne viendra jamais, car faute à notre incomplète connaissance des choses, il est impossible à émettre. Nettoyons donc ce terme de toute connotation péjorative, puisque préjuger c'est hélas tout ce que nous pouvons nous permettre.
03.30 _ Je sais exactement ce que souhaite Giulio enfant. Je sais ce qu'il veut que je fasse, que je sois. Il est ce qui dicte mes décisions.
03.29 _ Détournement du slogan RANGER "MESS WITH THE BEST - DIE LIKE THE REST" en "ANGER : DO YOUR BEST - DIE ANYWAY". J'ai accroché ça sur le mur en face de mon bureau. — Je suis capable d'être productif malgré ce point de vue.
03.27 _ J'attends comme inexorable le jour où l'Italie se devra de remplacer sur sa pièce d'1 euro la figure du bonhomme nu bras écartés jambes écartées de Vinci, par une qui ne sache choquer l'implacable chasteté de la population musulmane d'Europe.
03.26 _ Vous excusez vos comportements inopportuns en avançant que vous n'étiez alors pas dans votre état normal. Quant à moi, c'est justement quand je suis dans mon état normal, que mon comportement devient répréhensible. Mais n'est-ce pas là pareil pour vous ? Et nous souffrons tous énormément de ne pouvoir nous manifester pleinement. Nous jouons toujours en sourdine — quelle tristesse. Mais si nous nous exprimions à plein régime, ne nous anéantirions-nous pas les uns les autres, en commençant par nous-mêmes ? Souffrir pour ne pas souffrir. Quelle est la souffrance la plus grande, la plus dommageable ? Celle de retenir à vie ses sels, ou celle de nous faire laminer par nos désirs enfin triomphants ? Quel est le moindre mal ? Mort discrète et paresseuse ou fastueuse et foudroyante, à nous de faire le choix. Bordel de merde… ne nous est-il donc possible de vivre !
03.22 _ Qu'il est bon, quand je me retrouve piege dans une prise "guillotine", alors que je sais que dans une telle mortelle etreinte je ne pourrai resister plus de 15 secondes sans implorer, de tout de meme faire mal en pointant mon coude dans l'abdomen du rival de sorte a ce que plus il reserre, plus mon os le tance... Je me sens alors comme l'abeille qui pique le pied qui l'ecrase. Hommage a Fritz Zorn.
03.21 _ Aujourd'hui un jeune homme au front epais m'a offert une grosse soixantaine de coups de genou au ventre. Malgre le coussin, j'ai senti. Je lui ai rendu la pareille. Le tenant bien derriere la nuque pour contemporainement le serrer a moi. "Faites l'amour, pas la guerre", a-t-on dit. "L'amour c'est la guerre", a-t-on dit par ailleur. Et n'ai-je pas lu "Les guerres se font par amour" ? S'il y a deux attitudes a opposer, ce n'est pas violence et amour, mais action et inaction, vie et mort. Et n'use de violence que qui cherit la vie, qui lui accorde de l'importance, suffisament pour faire l'effort de lui porter atteinte. J'ai apprecie les coups de genou de ce type comme manifestation de son attachement a la vie, j'espere qu'il a deguste les miens.
03.20 _ Je suis fauche de chez fauche. Jamais ete aussi endette. Mais je sais que c'est la derniere annee de galeres, aussi je savoure cette mauvaise passe comme ces gateaux noirs qui illuminent mes levers.
03.18 _ J'ai jete mon devolu sur un gateau au pavot que ma boulangerie cherie nomme Mohnstreuselkuchen, j'en mange au moins une part tous les matins, c'est un delice et de plus, ca fait bien chier. Si je devais ne manger qu'un truc de la journee, ce serait ca. Ca me rappelle ma vie de couple avec ma mere, de mes 2 a mes 9 ans. Elle me faisait des spaghettis au pavot.
03.16 _ J'aimerais que meurent d'un seul coup tous mes amis, toutes les personnes qui me sont cheres. Qu'elles se crashent toutes ensemble dans un avion expressement affrete a cet effet. Car je pense que j'en sortirais meilleur. Une telle epreuve me rendrait beau davantage. Je veux donc — oui — leur perte.
03.15 _ Hier j'ai fait fort : à danser énergique sur du drum 'n' bass au VCF-Club jusqu'à 05h du mat — pas dormi du tout —, puis à partir de 11h j'enchaîne 90 minutes de Mixed Martial Arts, 90 autres de boxe thaï (le pouce droit foulé) et des courses laborieuses dans les méandres d'Ikea qui m'obligent à ne me coucher qu'à 20h, alors que déjà avant de sortir danser j'avais pris part au plus éreintant cours de boxe auquel j'aie jamais participé. Levé ce matin à 04h, pour puis m'écrouler à 10h.
03.13 _ Que penser d'une République fondée sur deux concepts sans correspondance dans le domaine du réel, et un troisième là par malentendu ? Oui, car dans le cas où nous serions tous nés du même couple originel — d'un Adam et d'une Ève —, le fait que nous soyons tous frères et sœurs n'impliquerait nullement que nous entretenions entre nous des relations bien intentionnées. Et puis, il est connu que la liberté et l'égalité — du moins dans ce monde-ci —, elles n'existent pas. Avez-vous vu ça quelque part ? Je ne les ai vues nulle part. Car peut-on se dire libres, alors qu'il nous faut tous les jours nous soucier de pourvoir à des besoins physiologiques qui si non satisfaits nous amènent tout bonnement à trépasser ? Alors que notre équilibre chimique interne est tributaire de l'appréciation d'autrui et que par conséquent nous sommes tenus de nous faire aimer (au moins par un klebs) ? Alors que nos imprudences sont sanctionnées par la mort, une infirmité, ou la mise en danger ? Alors que nous sommes soumis à toute une panoplie de pesantes lois physiques, biologiques, interindividuelles etc., et qu'à vie nous devons nous tenir pour en enfreindre le moins souvent possible sous peine d'emmerdements plus ou moins tragiques mais toujours cruels ? Quant à l'égalité, vous savez bien qu'en les siècles écoulés ne sont jamais tombés du ciel deux flocons de neige identiques. Car les données qui les façonnent ne le sont pas non plus. Même dans un étalage de boulons forgés par un automate programmé pour pondre toutes les fois una même unité, il n'y a pas deux pièces en tous points semblables. Dans la nature il n'existe de ligne droite, de cercle qui soit parfait, mais des courbes irrégulières. Du différent, que du différent. Alors bon, "Liberté, Egalité, Fraternité"... voulons-nous vivre dans la réalité ou bien chez les Bisounours ? Ne me cherchez pas chez les mignonaux, je n'y suis pas.
03.12 _ Si raisonner est le propre de l'homme, se laisser mener par ses sentiments — ses amours ses haines — est propre à toutes les bêtes. Tuer sous le coup d'une émotion est un comportement bestial, tandis que de sang froid, cela est humain.
03.11 _ L'homme a malencontreusement besoin de vivre le danger. Qu'est-ce qui fait recette ? Les histoires de police, d'hôpital, d'hors-la-loi, les événements catatrophe. Aux garçons ça leur remet dans la bouche le goût de leur dignité perdue, les filles, elles fantasment au sujet de la virilité qu'en ceux-là elles combattirent avec succès. Et puis, partout la mort, essentialité — au même titre que l'amour, le sexe en étant le point de jonction —, alors que pourtant nous faisons par ailleurs tout notre possible pour l'ignorer.
03.10 _ Je ne souhaite que m'amuser — c'est-à-dire jouir de mon temps donné —, et quelle que soit mon opinion à son sujet, je sais qu'au sein du fantasque monde de l'art contemporain existent des gens disposés à m'offrir de leur argent en échange des traces de mes jouissances, si présentées suivant ses normes. Voilà pourquoi je le fréquente. Rien de plus, rien de moins. D'autant plus que ce sont des choses que j'aurais faites et ferai de toute façon, qu'elles doivent ou ne doivent pas être récompensées.
03.09 _ Une photo de où j'habite maintenant à Berlin (les deux vitrines).
03.09 _ Je suis si faible que j'ai besoin d'écouter la radio pour entendre des gens parler en direct comme s'ils se trouvaient assis sur mes genoux, alors que de la musique, ne me fournissant que peu de chaleur humaine (trop ancienne pour être active), j'en écoute plus rarement. Je suis si faible que le moindre fil de graisse sous ma peau met à mal ma belle assurance, toute l'estime que je me porte, ma capacité à me proposer à autrui comme être sexué, la force de me protéger de mes exactions.
03.08 _ Aujourd'hui, trois français chopés en train de voler dans un magasin de Tokyo se sont écriés : "C'est la faute aux japonais : ils devraient faire moins confiance aux gens."
03.05 _ Si je n'affiche plus une nouvelle news par jour c'est que je suis completement fauche et que j'essaye d'economiser meme sur mes sorties internet cafe. Je viens de finir mon demenagement, je prefere claquer mon fric en babioles de confort. Dans deux trois semaines j'aurai internet a la maison, je pourrai recommencer a me raconter quotidiennement.
03.05 _ Cette nuit j'ai reve qu'ayant rencontre une fille seduisante isolee dans une piece petite et vide, celle-ci m'avertit "Je vais te pisser dans l'oeil" et qu'au lieu de cela lui sortent de la vulve une serie de cinq six grosses tresses de chair torsadee et filamenteuse comme des brioches Pasquier en fibres de caoutchouc. Elle s'en excuse, me dit "Temps en temps je fais des grumeaux". Apercevant toute cette matiere sirupeuse chue de ses entrailles, je me demende comment qu'elle peut encore rester en vie. Etrangement cette vision m'excite, et entreprends aussitot de la penetrer, avec ardeur, par la voie meme a l'instant empruntee par ses abats. Et maintenant que je l'ecris m'est venue un gaule monstrueuse, j'ai envie de patauger dans leurs abdomens. Les fist fuckings m'interessent officiellement.
03.01 _ Aujourd'hui pour la première fois j'ai pris deux leçons de Free Fight à la suite, trois heures en tout. Au cours desquelles j'ai transpiré 2225 millilitres. En effet, en arrivant je pesais 81,6 kilos, pendant j'ai bu 3/4 de bouteille d'un litre et demi (1,125 litres/kilos), et en partant je pesais 80,5 kilos. 1,125 + 1,1 = 2,225 kilos. Comme je compte me taper deux leçons comme ça pendant les 31 jours du mois de mars, il se pourrait bien que début avril je sois à nouveau dur de partout comme je l'étais il y a dix de cela.
02.28 _ A Berlin faut que j'achete. Que j'achete un lieu. Telle a ete mon obsession de la journee, et j'espere qu'elle sera pas aussi celle de demain, car la je n'en ai vraiment pas les moyens.
02.27 _ Venant a Berlin ce coup-ci, j'avais deux objectifs : louer un espace et maigrir. Le premier c'est bon, me reste-t-il maintenant un mois pour regagner mes 76 kilos. Moyen pour ce faire : 3 heures de free fight par jour.
02.27 _ Voila, j'ai mon adresse a Berlin, et cette nuit deja je dors la-bas. C'est sur la ligne de metro U2, pres de l'arret "Schönhauser Allee". Dans un quartier branche, a un arret de metro d'un quartier super branche, a trois arrets de metro d'un autre quartier super branche, a quatre arrets de metro d'Alexander Platz. A deux pas de chez moi y a une boulangerie qui ouvre tous les matins a 05h meme le dimanche, et un peu plus loin, un grand supermarche qui reste ouvert jusqu'a minuit. "Currywurst", magasins bio, magasins homo, chinois, polonais, quelques toxicos, tout va bien tout va bien, je vais pouvoir commencer a travailler.
02.26 _ Demain je signerai le bail à Prenzlauer Berg, mais déjà je cherche autre chose. Je ne compte y rester que six à douze mois. Il était important de me procurer une couche sèche où m'étendre, mais maintenant commence la recherche sérieuse. Et difficile. Car s'il est prise de tête de fourgonner dans les tripes d'une administration dont on maîtrise la langue, que dire de la même démarche sur les moquettes d'institutions qui parlent marabout. J'ai toutefois pu aujourd'hui obtenir le premier résultat probant : j'ai trouvé la dame à laquelle faut que je m'adresse pour avoir nom et coordonnées des propriétaires de tous les bâtiments du quartier de Mitte. Et j'ai même pu très vite lui devenir sympathique. C'est fou comme je sais plaîre aux vieux... En règle générale, les parents de mes amis m'apprécient à première vue; ils encouragent leur progéniture à continuer de me fréquenter, à chérir l'amitié qui les unit à ma personne. Je suis l'homme qui murmurait à l'oreille des vioques.
02.25 _ Il se pourrait que je signe un bail vendredi, que j'emmenage le samedi. Ma joie est gachee par l'appréhension. Je suis un etre peureux qui tres volontiers ne ferait rien de sa vie restant au lit jusqu'a son dernier soupir. Que je deteste faire...! Que je deteste prendre des risques...! Mais que je deteste ne pas etre adule !
02.24 _ Il semblerait que je sois sur le point de prendre possession de ma premiere adresse à Berlin. Ce sera dans le quartier de Neukölln ou de Prenzlauer Berg.
02.22 _ J'estime que si l'on allait presser mon matelas comme un agrume, on en tirerait huit grands verres d'une eau à la piètre saveur. Cette exécrable vient aggraver les conditions de mon sommeil, déjà faites navrantes par un froid si pesant qu'il me fait me dresser aux premières lueurs du jour afin d'aller chauffer les trottoirs de mes circonvolutions. Mes nuits m'épuisent plus qu'elles ne me reposent.
02.21 _ Deuxième cours de kickboxing. Après une quinzaine d'exercices physiques pas bien méchants en soi mais enchaînés à un train d'enfer sans la possibilité de souffler, l'enseignant nous a demandé, pour (nous) finir, en guise de dernier mini exercice, de passer de la position 'couché-sur-le-ventre-mains-dans-le-dos' à 'saut-en-l-air-bras-levés' cela 20 fois de suite à la vitesse d'un saut toutes les 3 secondes environ. En tant qu'entrée en matière, car devait puis suivre le véritable entraînement, long une heure de plus. Mais personne ne s'est plaint, personne n'a demandé grâce, et quand les muscles flanchaient, quand physiologiquement les muscles ne pouvaient que flancher et qu'un genou un coude touchait le sol, immédiatement nous nous reprenions et continuions à nous donner jusqu'à la fin du temps ou notre prochaine inéluctable défaillance. J'ai bavé, grogné, ri, mais jusqu'au sortir du tunnel, je me suis drainé de tout ce qu'il avait en moi comme énergie. Nous peinons tous tellement que cela nous motive à nous entraîner encore plus rudement afin d'éventuellement souffrir une larme de moins au prochain entraînement. Et quand à la fin de la séance, alignés contre le mur la coutume veut que nous nous applaudissions, ces applaudissements signifient "Ensemble nous avons triomphé de cette épreuve et en émergeons lavés." Lessivés, certes, mais comment atteindre autrement la candeur ?
02.20 _ A chaque fois que quelqu'un me salue, puis traditionnellement me demande „Comment que ca va ?“, je grince des dents car je sais que je vais encore une fois passer pour un gros connard. Mais c'est que je ne me sens pas de lui retourner la question, pas comme ca, pas de cette maniere fugace, salace et futile. J'ai ca trop a coeur pour en faire une politesse. Prenons notre temps. Deversez alors sur moi vos joies et vos peines, je les entendrai, oui, je m'en nourrirai. Vos corps et leurs vies sont ma gelee royale.
02.19 _ Suite à près de 80 minutes d'un entraînement cardiologiquement parlant déchirant, l'enseignant nous a demandé 6 séries de 20 coups de tibia toutes les 15 secondes avec 15 secondes de repos entre chaque; ce qui fait du 120 coups de tibia en 3 minutes avec la jambe gauche, puis 120 autres avec la droite, toujours en 3, c'est-à-dire qu'alors qu'on était déjà nazes de chez naze, on nous a requis 240 coups de tibia ravageurs en 6 minutes de temps. Je pense qu'à ce rythme elles vont finir par tomber, mes saloperies de joues de hamster.
02.18 _ Deuxième leçon de grappling : un bosse sur le font par coup de genou, et un peu de sang dans le nez. Mais pour l'instant je suis déçu, car les prises qu'ils m'enseignent ne sont pas réalistes dans la mesure où elles exposent mon visage et mes couilles à l'action des mains de mon ennemi. On me dit : "En compète, de tels recours sont interdits." Mais je n'étudie pas ces choses pour participer à des masquarades de vie.
02.17 _ Je ne sais discuter qu'avec celles et ceux qui se savent malheureux et s'acceptent aussi sombres. Mais nous tous sommes sombres.
02.17 _ Je suis convaincu que les boutons poussoirs placés sur les colonnes de certains feux rouges ne sont connectés à aucun circuit électrique, et qu'ils n'ont par conséquent la moindre influence sur leur verdir. Ils ne servent qu'à mieux nous faire patienter, apaisés par la sensation d'avoir agi dans le sens de nos intérêts. Que l'on y appuie ou pas, les feux rouges suivent gentiment leur cycle et passent au vert quand eux avaient prévu de le faire, sans que rien ni personne ne puisse les en faire dévier.
02.17 _ Ces temps-ci, tout ce que j'achète est noir. Foutrement noir. Noires noires, sont ces diverses choses. Le noir me plaît parce que c'est la couleur qui contient le plus de lumière; en effet, si le noir nous apparaît noir, c'est parce que la lumière qui lui parvient, il l'absorbe toute. Ainsi je marche gorgé de lumière. C'est le blanc, qui en réalité est exempt de lumière : il la rejette toute. Ne l'aime-t-il pas ? J'aime la Vérité, même si je ne la connais pas. Si je la connaissais je l'aimerais telle qu'elle soit.
02.16 _ Ce soir j'ai pris mon premier cours de grappling — part de l'entraînement de Mixed Martial Arts —, lutte au sol avec prises violentes. C'est trois fois in extremis que j'ai arrêté mes collègues avant qu'ils ne me brisent un bras au niveau du coude, et j'ai du mal à déglutir tellement ma trachée à été aplatie par les prises mortelles au cou. À l'heure où je m'écris, je ne suis plus capable de chanter dans les aigus. Mais c'est de ma faute : je suis toujours trop réticent à implorer le pardon, aussi mes adversaires se permettent-ils de tordre davantage de ce que mon corps peut en réalité supporter. Demain j'y retourne.
02.16 _ Berlin est ce matin couvert(e) de neige. Je marche tantôt en avant tantôt en arrière afin que personne ne sache où je suis — à quel bout des traces. Ce qui est effectivement le cas : personne sait où je suis.
02.15 _ J'ai reçu l'espoir d'avoir un lieu à habiter dès la semaine qui vient. Mon attente m'est devenue du coup moins supportable. Je ne la supporte d'ailleurs pas. Cet espace et le nouveau depart qui va de paire est si important pour moi ! J'ai prévu d'avoir du succès cette année. Cette année est d'hors et déjà entièrement planifiée.
02.14 _ Respectables mesdames messieurs de Berlin, je tiens ici à vous faire part de mon regret au sujet de ma pratique consistant à traverser vos voies malgré les feux rouges rouge feu qui les équipent. Vos fréquents regards outrés me chagrinent, car je ne souhaite en aucune manière vous offenser, amener vos enfants à se mettre en danger, ralentir votre économie ou contrevenir à votre sacro-saint ordre, si apaisant, si réjouissant (n'y lire aucune ironie, ceux qui pensent me connaître savent que je porte l'ordre en haute estime). Mais c'est que ne point progresser, ne serait-ce qu'une seconde, alors que mon temps coule, qu'il fond, qu'aucun automobiliste ne se sentira dans l'obligation de décélérer et que je ne suis pas enchaîné au pieu par l'inhibition mais que j'ai le pouvoir et le vouloir d'agir, cela est exclu. [Paragraphe à faire traduire en allemand.]
02.13 _ Me revoici à Berlin, dans un logement où deux étages plus bas me faut chier dans l'obscurité (heureusement que la lunette, blanche, s'identifie dans le noir), et une température si modeste que mon huile d'olive a adopté la consistance de la neige — ainsi, quand je retourne la bouteille, bien qu'elle soit pleine, rien n'en coule. Mon Macintosh est gelé. Pas bon, pas bon. Je vais signer le premier bail potable qui se présentera à moi.
02.11 _ Aujourd'hui mon cœur bat pour Mike Horn, mix d'Henry Miller et de Richard Durn. Contrairement à moi, quand il réchappe de justesse à la mort, il ne rentre pas tout de suite après à la maison laissant en plan son projet.
02.10 _ Depuis trop longtemps, quand je lave mon visage et frotte, il y a le moment où je me demande "Putain, m'c'est quoi, là ?" et que je me réponds "Mes joues". Deux coups de ciseaux et ce serait réglé.
02.10 _ Je me propose par hospitalité : "Voulez-vous un thé, un verre d'eau, coucher avec moi ?" Mais j'ai cru comprendre que la plupart de mes contemporains abordaient l'affaire avec un curieux et fort redoutable sens de la complexité.
02.10 _ Notre futur ne nous étant pas connu, c'est toujours vers l'obscurité que nous avançons. Je me sens marcheur du crépuscule. Ne serait-il pas plus prudent de rester au présent, en pleine lumière ? Qu'avons nous besoin d'aller sans cesse basculer dans l'indéfini ? Je suis terrorisé. C'est que ce soir je repars pour Berlin, ses risques de victoires, ses chances de défaites. Vaincre me fait aussi peur que de perdre. Qu'il est tentant de ne pas jouer. Mais cela voudrait dire mourir, et mourir c'est encore une trop grande responsabilité. Il n'y a pas moyen d'être légers — je m'en plains.
02.10 _ A l'heure où je vous écris, on me dit que nous sommes sur Terre 6 759 454 981 personnes. Me basant sur la proportion 51 hommes pour 49 femmes, vivraient ici 3 312 132 940,69 de femmes. Commençons par enlever la 0,69, ce doit être un spectacle peut ragoûtant. Enlevons puis 2 milliards d'entre elles — car trop vieilles ou trop jeunes —, puis 1 autre pour virer les moches : il en reste 312 132 940. J'élimine encore les deux tiers, puisque un grand nombre sont possédées par des hommes comme on possède un cure-dents, et qui les touche risque une réaction d'une gravité disproportionnée au regard des faits. Ça en fait maintenant 104 044 313. Faut puis enlever celles dont la vie sexuelle est épanouie, et les frigides : en voici 100 000 000. Mais prenons la crème de la crème, le top du top, le cœur de la pastèque : 10 000 000. Dix millions de filles belles, désireuses, et passablement disponibles. Et je devrais me contenter d'un seul corps ? Vous rendez-vous compte de ce que vous me demandez ?
02.09 _ Là j'écoute Venetian Snares et m'en délecte.
02.09 _ Cette nuit j'ai versé un litre de lait dans mon bain. Non, cette nuit, j'ai versé mon bain dans un litre de lait — voilà, c'est de la sorte bien plus intéressant.
02.08 _ En ces jours j'écoute Genghis Tron et m'en délecte.
02.07 _ 16 nouvelles vieilles pistes
MUSIC > DA MONTECAGNA
02.04 _ 18 nouvelles pensées amies
SCRIPTURES > FRIEND THOUGHTS
01.21 _ Je viens de battre mon précédent record : j'ai cette nuit dormi de 21h00 à 16h00, soit 19 heures de sommeil non-stop.
01.11 _ En ce moment je suis raide dingue d'Olivier de Kersauson.
01.09 _ Ça y est, je me suis fait circoncire. Allongé sur le transat attendant mon tour, je n'étais pas très sûr de mon affaire. Je me répétais que même revêtu de cette robe stérile, même déjà enduit de saloperie désinfectante... Que même une fois anesthésié du gland je devais me réserver le droit de laisser tout le monde en plan. Mon angoisse ne s'est nullement atténuée quand traîné jusqu'à dans le bloc opératoire je m'apérçus que le personnel qui d'ici peu allait verser mon sang était collé aux fenêtres, tout excité de l'imminente arrivée de Nicolas Sarközy dans l'enceinte de l'hôpital. "Hop hop ! On se dépêche !" ai-je entendu par deux fois pendant le marquage dermique, comme s'ils tenaient à me finir au plus vite afin de retourner guetter. Les piqûres dans la verge me firent moyennement plaisir. Encore plus moyennement les premiers coups de lame, qui commencèrent avant que le narcotique finisse de prendre possession de ma chair. Mais le résultat il est bon, il me plaît — ce n'était pas cousu de fil blanc —, et j'ai pu contempler la bidoche soustraite, accroupie sur le plateau en alu façon position du lotus. Un sacré bout de moi, entré en de si chatoyants endroits. Adieu, camarade. Je lève une main, ses doigts s'inclinent à tour de rôle puis se redressent et recommencent maintes fois. Avant l'opération j'avais demandé à ce qu'on me le remette — j'avais d'ailleurs à cet effet glissé un sachet de congélation dans mon dossier d'admission — mais pas possible, eux le vouloir. Quel gâchis. Moi je l'aurais mangé. Braisé, salé, poivré. Soit. L'intervention m'a satisfait, un petit petit déjeuner m'est amené, la décontraction me gagne et badaboum, ma verge se gonfle et y a maintenant un crabe qui se tient là suspendu — les coutures qui morflent. Mais au déclenchement des huées son étreinte se desserre sensiblement, circenses sans panem le Président le voilà.
01.07 _ Les gens ont si pas envie de se coltiner les classiques emmerdes fréquemment véhiculées par les types au comportement déviant, qu'exploitant cette donnée, quand dans un bus bondé je veux tout de même jouir de l'agrément offert par un siège vide à mes côtés, il suffit que pendant que s'installent les nouveaux arrivants je danse une rave party sur mon siège pour que je sois le dernier à bénéficier de ce bonus de confort.
12.31 _ En ce moment je suis raide dingue de Fabrice Luchini.
12.31 _ 1 nouvelle vidéo
TRIPS > HAVING FUN
12.29 _ 1 nouvelle vidéo
TRIPS > HAVING FUN
12.27 _ Aujourd'hui je suis allé ne pas me baigner dans le lac Trasimeno avec une personne dont la proximité m'emplit de joie.
12.26 _ 1 nouvelle vidéo
DANCE > RELATIONS
12.21 _ 1 nouvelle vidéo
DANCE > RELATIONS
12.15 _ Aujourd'hui, sur une plage adriatique à jouer le porc qu'un menue jeune fille emplumée égorge sèchement. En ai profité pour me baigner dans la mer, sous une pluie. Ci-contre une partie de l'équipe de tournage, le résultat prochainement sur argilla.org
12.12 _ J'ai fait le fantôme dans le très fastueux Théâtre Communal de la ville de Ferrare. Ci-contre deux photos dans ma loge.
11.18 _ Je viens d'aller voir une exhibe des dernieres toiles d'Albert Oehlen. Ce type a peint ce que j'avais à peindre. Mais il me reste un espoir : en ce qui concerne les collages, je peux faire bien pire. En tout, à vrai dire; je peux faire pire. Je suis bien plus sale. Albert Oehlen, je suis plus troublé que toi.
11.16 _ Ce travail avec les gars de Kinkaleri, je le ressens comme un spectacle de l'humilite. Dans la vie de tous les jours je me sens si puissant... je me sens un force illimitee. Tandis que dans ce show, j'en arrive a chaque fois a me sentir comme une merde. Denude, depouille de toute energie vitale. Et cette sensation, desarmante, vecue replique apres replique, me rappelle ma miserable condition de mortel. Je ne suis qu'un homme.
11.13 _ Au spectacle de ce soir a la Sophiensaele de Berlin j'ai defonce une planche en bois tres fine en sautant tete en avant, et apres l'avoir brisee, j'ai atterri sur le crane sur un plancher en bois d'une hauteur d'un metre et demi. Puis on m'a offert une rose, jaune, dont j'ai croque, mache et avale la moitie des petales. Sur le chemin du retour je l'ai tendue a une fille qui sur le trottoir discutait amour avec un garcon qui n'etait pas moi.
11.08 _ 1 nouvelle vidéo et 5 nouvelles photos
TRIPS > HAVING FUN
10.21 _ définition d'une nouvelle série
DANCE > BODY LOANS
10.21 _ 2 nouvelles vidéos
DANCE > RELATIONS
10.21 _ 1 nouvelle vidéo (nouvelle série)
GALLERY > POSSIBILITIES > TOTEMS
10.11 _ 37 nouvelles images et 1 vidéo
ON STAGE > (APPEARANCES)
09.29 _ 4 nouvelles vidéos
DANCE > RELATIONS
09.18 _ Ici dans la campagne toscane, je suis en train d'aménager un atelier dédié aux prises de vue photo et au tournage de vidéos.
09.02 _ 26 nouvelles images
ABOUT ME > I RECOMMEND > GIRLZ
07.24 _ Tous les soirs je fais quatre grands tours du Volkspark Friedrichshain en courant, avec dans les ecouteurs "Cleansing" + "Rude awakening" de Prong, et "Cowboys from hell" + "Vulgar display of power" de Pantera. Fantastique... Fantastique... Je cours en chemise, ce qui est une heresie. Je depasse tout le monde. J'ai pour l'instant trouve personne qui aille a ma vitesse. Je me sens trop bien. Mais qu'est-ce que je pue.
07.16 _ J'ai joue deux fois dans Certains jours sont meilleurs que d'autres de Kinkaleri au Festival International de Theatre de Santarcangelo di Romagna, les gens ont bien aime. C'est un show ou l'on me demande de manifester le maximum de ma puissance juste au moment de ma faiblesse maximale. Bien que mon actuelle forme physique soit satisfaisante, je me sens toutes les fois mourir.
Le jours apres, j'ai couru nu 12 kilometres couvert seulement de mon drap de fantome, au crepuscule dans la campagne puis la nuit, intriguant fermiers et attables en terrasse.
06.16 _ 1 nouveau commentaire
SCRIPTURES > COMMENTS
06.15 _ 40 nouvelles images
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06.12 _ 1 nouvelle lettre ouverte
SCRIPTURES > OPEN LETTERS
06.12 _ 1 nouveau commentaire
SCRIPTURES > COMMENTS
06.11 _ 2 nouvelles vidéos et 6 nouvelles images
ON STAGE > CORPO SCIOLTO
06.10 _ 1 nouvelle vidéo
DANCE > PUBLIC
06.10 _ 9 nouvelles images
GALLERY > DIGESTIONS
06.10 _ 8 nouvelles vidéos
MUSIC > DA MONTECAGNA
06.07 _ Mercredi et jeudi dernier j'ai participé en tant que danseur-acteur au dernier spectacle du collectif italien Kinkaleri, Certains jours sont meilleurs que d'autres, dans le cadre du Festival Contemporanea de Prato. Environ trois cent spectateurs sur les deux soirs, m'a-t-on dit.
05.27 _ 14 nouvelles images
ABOUT ME > WAY OF LIFE
05.18 _ 9 nouvelles pensées amies
SCRIPTURES > FRIEND THOUGHTS
03.15 _ Jeudi dernier j'ai donne pour la premiere fois mon spectacle "The no thing to shit show". A la galerie West Germany de Berlin. Mademoiselle K, une jeune fille que j'ai froisse dans le mouvement, s'etant sentie outragee, m'a, une fois tout fini et remballe, saute dessus avec une copine armee d'un fouet afin de casser ma camera, et ce parce qu'elle ne supportait de figurer dans mon film documentaire ainsi humiliee.
03.08 _ Ceci est la vue par la fenetre de ma nouvelle demeure. Ce qu'il m'est donne de voir est un bunker de 40x40x40 metres couvert de terre et d'arbres.
02.21 _ C'est plutot pratique: dans la piece que j'habite il fait si froid que quand je me fais du the je peux le boire sans delai.
02.20 _ Je dors desormais sous la table, ou plutot, dans la table, car elle est une boite. Une boite de 140x90x60 centimetres, dans laquelle j'ai deplie deux cartons d'emballage histoire de rendre ma couche un tantinet moins inconfortable. Je dors recroqueville, avec a mes pieds deux bougies allumees qui, une fois la porte coulissante refermee de l'interieur, reussissent petit a petit a chauffer l'atmosphere de quelques precieux degres.
02.18 _ Apres avoir loge presque deux mois dans l'appartement de Philip et Bertrand a Kreuzberg, j'ai demenage hier dans une vieille ecole desaffectee de Friedrichshain. Pas de chauffage, pas de matelas, je dors habille sur une table en bois.
02.13 _ Hier soir j'ai assiste a la premiere du film "Otto the zombie", dans le cadre du Festival de Cinema de Berlin. Puis j'ai penetre la fete V.I.P. organisee pour l'occasion; le realisateur, Bruce LaBruce, ainsi que ses acteurs, etaient presents. Peaches a mis des disques, ainsi que Marco des Splinter vs Stalin. La photographe du lieu m'a souvent cadre.
02.10 _ Vendredi dernier j'ai offert ma premiere prestation scenique a Berlin. Entre autres choses, j'ai enfonce dans ma bouche une grande partie du bas de la robe de soiree de Claudia, ma collegue de performance, tandis qu'elle lisait imperturbable un expose sur les origines de la fete de Carnaval. Devant un public compose essentiellement de personnes agees.
02.09 _ Aujourd'hui, dans un jardin public, j'ai vu un énorme tas de sable, j'y ai creusé un trou de quarante centimetres, j'ai mis ma tete dedans et me suis dressé jambes en l'air restant ainsi deux ou trois minutes figé sous le regard des passants. Un chien m'aboyait.
01.26 _ Je suis de retour a Berlin. Avec plus de 45 kilos de bagages, car je viens cette fois pour m'y etablir. La semaine de mon depart j'ai ete malade comme un chien (rhume, toux, mal de gorge, maux de tete, fortes poussees de fievre) alors que je n'ai pas ete malade depuis plusieurs annees. Mais c'est que Berlin est pour moi crucial (fatal ou vital), et que cet important depart de Strasbourg m'a angoisse au point d'annihiller mon pourtant pugnace systeme immunitaire. Je cherche un lieux a moi, je dois commencer a produire au plus vite.
01.05 _ Je suis a Florence.
12.20 _ Je sillonne les rues a la recherche d'un local a habiter.
12.13 _ Hier j'ai pour la premiere fois participe a un entrainement de "Systema", art de combat au corps a corps pratique par les forces speciales russes. Entre autres choses, j'ai ete encourage a encaisser avec decontraction une serie de coups de poing appuyes dans les cotes et le plexus. La decontraction est le leitmotiv de cette discipline.
12.08 _ Aux vernissages je ressens des emotions violentes que je ne puis exprimer faute a leur indecence. A la quebecoise qui m'a demande de me decontracter je lui ai gentiment cogne la tete contre le mur l'etouffant legerement avec ma veste en boule, elle m'a dit "C'est pas cool". Mon corps tressaillit et c'est une rude epreuve que de me contenir.
12.08 _ Je suis a Berlin.
11.28 _ 20 nouvelles images de mes influences déterminantes
ABOUT ME > ORIGIN
11.23 _ Jeûne rompu.
11.22 _ Depuis 7 jours je n'ai rien mangé. Je n'ai absorbé que des infusions de menthe et de feuilles d'olivier.
11.22 _ La sous-rubrique "credo" a été augmentée.
MANAGEMENT > CREDO
11.20 _ Le cinquième mouvement de "Les conséquences de la raison" est disponible. Il s'appelle "Observations ontologiques un lombric à la commissure des lèvres".
SCRIPTURES > MY BOOK
11.04 _ Je suis à Strasbourg.
11.04 _ Hier soir je suis parti danser sur du breakbeat et un premier type me demande "Où je peux trouver des plombs?". Je lui dis "Je suis clair!", il me fait "Bien sûr! Ah ah ah". Un second me demande "T'as des trips?", je lui dis "J'ai rien pris", il me répond "Au naturel! Ah ah ah". Une fille me prend en photo. Il leur est impossible d'imaginer qu'un gars puisse se lâcher autant sans substances externes. En vérité je vous le dis: mon cerveau sécrète toutes les drogues qu'il faut. Si le vôtre ne le fait pas, faut vous dire handicapés.
10.25 _ remaniement du sous-chapitre "government"
MANAGEMENT > GOVERNMENT
10.25 _ 1 nouveau sous-chapitre: "religion"
MANAGEMENT > RELIGION
10.25 _ Superbe entraînement sous la pluie. Nous avons tant labouré le terrain que sur la fin il n'y avait plus d'herbe.