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SUR LE BIEN-ÊTRE * Le bien-être est un état tout à fait transitoire. Pour espérer survivre, l’organisme que nous sommes doit sans cesse lutter pour se maintenir, autant qu’il est en son pouvoir de le faire, dans les environs de ce fragile équilibre.

SUR NOTRE LUTTE * Pour tout organisme — dont le tien —, lutter consiste à influer sur son environnement, à lui donner une forme qui soit davantage à son avantage. Vous êtes part de mon environnement, je suis part du vôtre. Votre lutte vous amène à chercher de me maîtriser, ma lutte m’amène à chercher d’avoir sur vous un pouvoir.

SUR LE PRESTIGE * Le prestige offre un pouvoir. Pour ceux sous le prestige desquels vous êtes, vous accepteriez de faire des choses que vous n’auriez accepté si commandées par d’autres auxquels vous ne reconnaissez aucun prestige.

SUR LE POUVOIR * Plus notre pouvoir sera grand, moins notre lutte sera rude. Le pouvoir offre à l’organisme qui en est pourvu les moyens d’influer sur son environnement de sorte à l’amener à correspondre au plus près au milieu le plus propice à son bien-être — à sa survie. Qui en est dépourvu meurt, ainsi nous travaillons tous les jours à son accroissement. Qu’as-tu fait aujourd’hui pour accroître ton pouvoir ?

SUR NOTRE ÉQUILIBRE * Notre équilibre est précaire, et nos rares moments de bien-être sont gâchés par la conscience de la nécessité prochaine du recommencement de la lutte. Cet inconfort de chaque instant nous traumatise tant qu’il nous conduit à chercher une position qui sache nous assurer un bien-être sans trêves. Nous ne nous sentons jamais tout à fait à l’abri. Subsiste toujours quelque menace, un possible retournement de situation, encore quelqu’un ou quelque chose nous obligeant à reprendre la lutte. Alors nous accumulons plus de biens que notre bien-être n’en exige, et nous nous faisons possessifs. Agressifs. Le danger, toujours un danger. Réel. Effectif. Omniprésent.

SUR LE BONHEUR * Nous connaîssons un instant le bonheur quand se présente à nous l’illusion de conditions indéfiniment favorables à notre survie et que nous croyons à cette illusion.

SUR LA NORMALITÉ * Etre normal, c’est ne pas se faire remarquer. L’utilité du passer pour normal consiste à échapper aux fatigues encourues par qui doit constamment se justifier de son excellence ou de sa nullité.

SUR L’UTILITÉ D’UN LOOK EXPLICITE * Adopter un look explicite permet d’attirer à soi ses semblables sans devoir leur faire tout un discours. Son inconvénient est de nous faire perdre l’effet de surprise.

SUR L’ACTION * L’étude est une action à part entière.

SUR LE CHAOS * Le chaos est le berceau de toute possibilité et la bière de toute tentative.

SUR L’INDIVIDU * L’individu est le noyau que nous fûmes avant la première leçon.

SUR LE MARIAGE * Etre mariés c’est baiser non plus par désir mais par devoir.

SUR LA SUPÉRIORITÉ * Aucun épanouissement n’est possible sans l’intime conviction de notre supériorité dans un quelconque domaine.

SUR LA MORT * Si les citoyens devenaient conscients de leur mortalité cela nuirait gravement à leur productivité.

SUR LE CONFORT * Le confort est la fin de toute recherche, la fin de tout mouvement. Toute action a son origine dans un inconfort.

SUR L’HYGIÈNE * L’hygiène est notre guerre perdue d’avance contre la mort.

SUR NOTRE BON PLAISIR * Notre bon plaisir ne peut nous mener ailleurs qu’en prison ou à la morgue.

SUR LES AVOIRS * Mieux qu’avoir : pouvoir l’avoir et s’en passer.

SUR LA VÉRITÉ * La Vérité existe, mais nul ne la connaît.

SUR LES PRÉJUGÉS * Tout jugement définitif nous demeurant inaccessible, nous devons nous contenter de préjuger.

SUR LA PROSTITUTION * Je suis pour.

SUR LES SUBTILITÉS * Les subtilités empêchent la caricature, or seule la caricature rend le monde lisible.

SUR LE COURAGE * Seul qui ressent la peur, peut être courageux.

SUR LE TEMPS * Le temps n’a jamais la bonne durée.

SUR LE RACISME * Le racisme est une écologie.

SUR L’ENNUI * S’ennuyer c’est goûter au temps en gourmet.

SUR LE SUICIDE * Le suicide est une rassurante issue de secours toujours éclairée.

SUR NOS AMOURS * Nos amours sont orchestrés par l’impératif de survie du genre humain via notre attrait vers ce qui nous paraît sexy.

SUR L’ART * L’art est une flaque de pus bien arrangée.

SUR NOTRE ORIGINE * Je ne la connais pas.

SUR LA VIOLENCE * Nulle violence sans amour. Vous voulez la fin de la violence ? Empêchez tout amour.

SUR L’AMOUR * L’amour est mère de toutes les guerres.

SUR HITLER * Hitler fut le plus grand artiste sur Terre après Jésus Christ.

SUR LES DROGUES PSYCHÉDÉLIQUES * Les drogues psychédéliques sont des poisons dont l’empoisonnement est profitable.

SUR LE MÉPRIS * Nos mépris soulignent les qualités de notre personne.

SUR LA PUDICITÉ * La pudicité est un réflexe mis en place par notre Programmateur pour nous préserver de l’indifférence d’autrui.

SUR LE BON SENS * Le bon sens est le pourfendeur de toute créativité.

SUR LA CRÉATION * Ce que nous appelons communément «créer» ne consiste qu’à assembler différemment ce qui déjà existe.

SUR L’OBÉSITÉ * En ce temps de maigres gratifications, l’obésité est un sacrilège que j’excuse.

SUR LES HANDICAPÉS * Ils ne sont pas normaux. Il ne s’agit pas de les accabler, il s’agit d’arrêter de se foutre de leur gueule.

SUR LE DÉGOÛT * Tout plaisir doit être goûté jusqu’au dégoût. Le dégoût est la pause qui saura nous faire nouvellement apprécier.

SUR LE DÉSESPOIR * Le désespoir est notre quotidien. Le tien également.

SUR LE CHOIX * Cette faculté qui est la nôtre de choisir ce qui nous dessert nous distingue des bêtes.

SUR LA CONSCIENCE * Notre degré de conscience mesure la qualité de notre éveil.

SUR CE QUI EST RAISONNABLE * Est raisonnable ce que ma raison a conclu.

SUR LA RAISON * La Raison est le pendant actif de la Réalité. Ma raison est une vision de la Raison.

SUR L’ÉGOÏSME * Sans égoïsme aucune forme de vie ne subsisterait. La Terre se trouverait désolée comme une Lune.

SUR LE DÉSIR * Le désir est à la fois ce qui nous motive à vivre et ce qui nous gâche la vie.

SUR LES RACES *


4. futur ?
3. présent
2. passé
1b. origine ?
1a. origine ?

Qu'en est-il ? Provenons-nous tous d'une même matrice (1a), ou bien nos races ont toujours été distinctes (1b) ? La science d'aujourd'hui — dans l'état actuel de ses recherches et sous l'influence de l'idéologie dominante en cours —, semble dire que nous provenons d'une Ève mitochondriale, et que par conséquent les races se sont différenciées ultérieurement. Croyance en syntonie avec le texte de la Genèse.

1a. Après la dispersion des hommes causée par le Créateur lors de l’épisode de la Tour de Babel, le long isolement sur continents épars des groupes linguistiques alors surgis, aidé par l’influence des climats et le renforcement de certains traits morphologiques et psychiques résultant de siècles de coïts en vase clos, fit qu’un seul couple originel pu donner forme à de multiples races. C’est d’ailleurs de la sorte, qu’une fois les eaux du Déluge résorbées, les quelques dizaines d’espèces d’oiseaux abritées dans l’arche, purent, déclinant leur patrimoine génétique, accoucher de dix mille nouvelles espèces. Si nous avons tendence à préférer la compagnie d'hommes dont l'apparence ressemble à la nôtre, c'est justement parce que notre Créateur, nous programmant ainsi, à voulu favoriser l'apparition et le maintien de races par renforcement des traits.

2. Une planète riche en races distinctes est aussi belle qu’une échoppe de vendeur de glaces présentant un large assortiment de goûts. Combien de combinaisons de coupes à deux, trois ou quatre boules sont réalisables avec un si grand choix ! Mais si le tenancier prenait ces saveurs et, au lieu de les garder chacune dans un bac à soi, les mélangeait toutes dans un même bac, quelles combinaisons aurait-il à offrir aux clients ? Plus aucune.

3. Mélangez les plus vives couleurs, vous obtiendrez un infâme gris violacé à partir duquel plus jamais vous n’aurez de blanc, de noir, de jaune, de magenta ou de cyan. Objection : «Mais si déjà par le passé des races ont pu voir le jour à partir d’une humanité uniforme, il n’y a pas à déplorer le métissage universel puisque une ultérieure isolation de groupes provoquerait une nouvelle émergence de races !» Non, car lors de la première dispersion, notre patrimoine génétique se trouvait être plus riche du fait de notre perfection si récemment perdue.

4. Je préconise la création, au sein de chaque territoire ethniquement homogène, d’un secteur circonscrit de brassage, autour du principal aéroport international. Les brassages sont intéressants : j’aime le rap, mixture d’Afrique et d’Occident, les yaourts Danone, version française d'une trouvaille bulgare, les juxtapositions architecturales incohérentes… Mais il n’est pas bon que de tels amalgames soient étendus à l’ensemble d’un territoire. Mélangez les races de la Terre et vous n’aurez plus de slaves, de latins, d’indiens, de peulhs, de hmongs, non rien : vous n’aurez plus que de gris consommateurs. Tel est le projet des ultralibéraux qui nous gouvernent.

N.B. Voici une anecdote biblique qui illustre à merveille ce que notre Créateur pense du brassage ethnique : «Mais voici qu’arriva un homme d’entre les fils d’Israël; il amenait auprès de ses frères une Madianite, sous les yeux de Moïse et sous les yeux de toute l’assemblée des fils d’Israël, alors qu’ils pleuraient à l’entrée de la tente de réunion. Quand Phinéas le fils d’Eléazar le fils d’Aaron le prêtre vit cela, aussitôt il se leva du milieu de l’assemblée et prit une lance dans sa main. Puis il suivit l’homme d’Israël dans la tente voûtée et les transperça tous les deux, l’homme d’Israël ainsi que la femme, par leurs parties génitales. Alors le fléau fut arrêté de dessus les fils d’Israël. Ceux qui moururent par suite du fléau se montèrent à vingt-quatre mille [Dieu tua 24.000 personnes en réponse aux unions interraciales des fils d’Israël].» (Nombres 25:6-9)

SUR LES GOÛTS ET LES COULEURS * Avoir ses préférences ne signifie pas pour autant détester ce qu’on ne préfère et vouloir sa fin. Même si nous connaissons une véritable répulsion pour la glace à la pistache, nous n’irons certainement pas demander aux glaciers du pays la suppression de ce goût de leurs échoppes… Car nous savons que d’autres personnes en raffolent, et qu’une boutique offrant aux sens une vaste gamme de parfums est enthousiasmante, même si dans celle-ci seules deux ou trois saveurs nous passionnent.

SUR L’ECOLE * L’Ecole est un formatage nous disposant à accepter la suite.

SUR LA VIE * C’est à cause de la mort que les gens aiment pas la vie et la méprisent et la détruisent.

SUR L’ANTIMILITARISME * Etre à la fois antimilitariste et pour la paix dans le monde est un pur crétinisme, car au vu de la nature belliqueuse de l’homme, le seul moyen de s’épargner la mort de millions de soldats et de civils est de se doter de l’armée la plus redoutable qui soit pour lui faire respecter des frontières. Pensez-vous que l’homme renoncera à la guerre juste parce que vous le lui demandez gentillement ?

SUR L’IRRÉALISME * L’irréaliste, jugeant mal de la solidité des prises, met en danger la cordée toute entière. Un chauffeur de bus estimant avec irréalisme la distance séparant son véhicule des camions venant en face risque la vie de tous ses passagers.

SUR LA FIDÉLITÉ * Faire l’amour toujours avec la même personne c’est comme manger tous les jours le même plat.

SUR LA LIBERTÉ * Ce n’est point la liberté, que nous devons rechercher, mais un moindre esclavage.

SUR LES RÉFLEXES * Montrez-moi un homme qui pleure et je signerai n’importe quoi.

SUR L’AMITIÉ * Si j’ai fait de toi un ami, demande-toi en quoi tu m’es utile.

SUR L’HYPOCRISIE * L’hypocrisie est une courtoisie.