nota bene
*L’écriture du programme suivant n’est pas achevée. Je m’occuperais de la poursuivre la prochaine fois que je me ferai coincer plusieurs semaines d’affilée par des conditions météo ou un extrême état de faiblesse.
*Les deux majeures motivations de cette tentative sont la valorisation de ma personne et la mise en place d’un système plus propice à mon bien-être.
SI J’ÉTAIS VOTRE DICTATEUR TOUT-PUISSANT :
Puisque nous ne pouvons en aucune manière être heureux, mon objectif serait de tempérer votre malheur. Quant à mon tarif pour cela, il équivaudrait au revenu moyen de l’ensemble des citoyens de la nation, de sorte à ce que je me voie tout motivé à le faire évoluer vers le haut (les salaires de mes collaborateurs seraient eux par contre fort confortables afin de diminuer le risque de les voir se faire corrompre à tout va). Mes privilèges se limiteraient à la gratuité des transports et des putes, ainsi qu’en une totale dispense du devoir d’obéissance aux lois applicables au commun des citoyens.
Alors que leur royaume était fleurissant, au lieu de s’en aller prendre d’autres terres, au lieu d’aller exporter leur modèle, le roi Arthur et ses preux partirent à la recherche d’un Saint Graal en vue de leur propre perfectionnement. Mes intentions ne seraient guère différentes.
LE RÉGIME :
J’appliquerais une démocratie dictatoriale. Car les démocraties en tutu sont elles ingérables : dès qu’un Ministère prend une mesure impopulaire, même si vitale et, à long terme, reconnaissable par tous comme justifiée, quelques milliers peuvent bloquer les rouages d’un pays et le Premier Ministre en fonction, ne pouvant demander aux forces de l’ordre de faire ce pour quoi elles sont appelées "forces de l’ordre", doit mettre genou à terre. À l’inverse, dans une démocratie dictatoriale les Ministres pourraient prendre toutes les mesures qu’ils jugeraient bonnes pour le pays et cela sans craindre d’être rapidement congédiés — les forces de l’ordre seraient autorisées à faire mal. Nul besoin alors d’organes de dialogue : plus d’Assemblée Nationale, de Sénat, plus de Premier Ministre, mais un Dictateur — moi —, élu pour dix ans et disposant des pleins pouvoirs. Doté d’un Gouvernement à son image. Et qui au bout de la décade se représenterait devant le peuple pour qu’il juge de son travail. Se faisant alors réélire, ou bien destituer.
Pas de limite au nombre de mes mandats : car si je suis bon, pourquoi me faire partir ? Oui je sais… c’est pour éviter de tomber dans une dictature pure et dure. Mais le simple fait de se soumettre à un vote présente déjà un risque énorme — même pour le plus doué des leaders —, et suffit à nous permettre de continuer à appeler cela une "démocratie". Car quand tout va bien depuis longtemps, les sujets ont tendence à voir la situation comme une condition minimale définitivement acquise, et n’importe quel clampin peut se lever et prétendre pouvoir faire mieux entraînant la foule derrière lui. Le plus grand bienfaiteur de la nation passe alors pour un incompétent, à substituer au plus vite au profit du blanc-bec le plus effronté.
L’ÉLECTION :
Tous les candidats à l’élection dictatoriale se verraient attribuer une cagnotte strictement identique et ne pourraient financer leur campagne qu’en puisant dans celle-ci, même si leur fortune personnelle leur saurait offrir des moyens plus conséquents. Le temps de parole accordé aux divers prétendants serait lui aussi sévèrement équitable. Et afin d’éviter une prolifération de postulants dictateurs, ne seraient retenus que ceux qui accepteraient de dépenser une année de leur vie à vivre les contrariétés rencontrées par des professionnels se dépensant dans l’ensemble des champs d’activité dessinant le quotidien des électeurs. Ils seraient de la sorte tenus à passer une pleine semaine tour à tour :
1 - dans une tour de contrôle d’aéroport international avec un aiguilleur du ciel - 2 - avec un artisan-boulanger - 3 - avec un dépeceur sur une chaîne d’abattage - 4 - avec un cuisinier dans la cuisine d’un hôtel-restaurant moyen de gamme très fréquenté - 5 - avec un maître d’hôtel d’hôtel quatre étoiles - 6 - dans une grande exploitation agricole avec le gérant - 7 - dans un grand élevage porcin avec le gérant - 8 - avec le propriétaire d’une exploitation agricole produisant peu mais suivant de hauts standards qualitatifs - 9 - avec un paysan aux milles productions n’ayant pour ambition de vendre ses productions plus loin que son village et les villages autour du sien - 10 - avec un ingénieur agronome - 11 - avec un ingénieur forestier - 12 - avec un pêcheur et son petit rafiot - 13 - avec un éboueur dans un centre urbain important - 14 - dans une boîte de pub, avec son directeur artistique et un concepteur-rédacteur - 15 - avec un maçon indépendant - 16 - avec un menuisier indépendant - 17 - avec un VRP de grosse société - 18 - dans un hypermarché avec un chef de rayon - 19 - avec un juge dans une Cour d’assises - 20 - avec un avocat - 21 - dans un laboratoire avec un chercheur cherchant dans un domaine de pointe - 22 - avec un professeur d’université enseignant l’Histoire - 23 - avec un professeur de lycée dans un établissement à bas taux de réussite - 24 - avec un professeur de collège dans un établissement à bas taux de réussite - 25 - avec un maître d’école élémentaire dans un établissement à bas taux de réussite - 26 - avec une maîtresse de maternelle dans un établissement à bas taux de réussite - 27 - avec un principal de collège à fort taux de réussite - 28 - avec le Directeur des Ressources Humaines d’une grosse société - 29 - avec le Président Directeur Général d’une multinationale - 30 - avec le Président Directeur Général d’une entreprise petite - 31 - avec un ouvrier non-qualifié dans le secteur du bâtiment - 32 - avec un agent d’entretien de moyenne entreprise - 33 - à la bourse avec un opérateur de marché - 34 - avec un mécanicien dans un garage automobile - 35 - avec un intermittent du spectacle - 36 - avec le conservateur en chef d’un Musée d’art contemporain, publique - 37 - avec le propriétaire d’une galerie d’art contemporain, privée - 38 - avec l’équipe de montage d’une chaîne télévisuelle - 39 - avec l’habilleuse d’un Théâtre National - 40 - avec un videur de discothèque - 41 - à la rédaction d’un grand journal avec un journaliste travaillant fréquemment en extérieur - 42 - avec un Maire de moyenne commune - 43 - avec un chômeur, puis avec un autre si jamais ce premier trouve un travail - 44 - avec un ambulancier - 45 - avec un chirurgien - 46 - avec un médecin légiste - 47 - avec une infirmière - 48 - avec un policier - 49 - avec un simple soldat - 50 - avec un Général d’armée - 51 - avec un arbitre arbitrant des rencontres de football - 52 - avec un camionneur effectuant des transports internationaux - 53 - avec un étudiant en philo - 54 - avec un fossoyeur creusant à la paluche
LA RELIGION D’ÉTAT :
Son nom est la Structure (se référer au sous-chapitre "religion" du présent site internet). La Structure étant dans la vie des citoyens omniprésente, elle ne nécessiterait la construction de lieux de culte ni la nomination d’un clergé. Les seuls rassemblements promus par la religion d’État, seraient de gigantesques expositions multidisciplinaires internationales (ouvertes aux nations conjointes et partenaires uniquement (se référer au Ministère des Affaires Externes, § 002)) organisées par le Ministère des Sciences et de la Recherche. Le symbole de cette religion serait amplement répandu — visible sur papiers administratifs, infrastructures, véhicules publics, salles de fêtes, de sport, écoles, cinémas, bibliothèques, uniformes de tous ordres. L’État serait le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif de sa religion.
LES CONSEILLERS DU DICTATEUR :
1) seraient choisis par lui
2) pourraient être renouvelés à loisir
3) exerceraient incognito
4) conseilleraient en tête à tête
5) appartiendraient à des milieux divers (divers seraient leurs degrés d’instruction, leurs âges, professions, leurs origines, modestes ou fortunées)
6) devraient subvenir à leurs besoins par un travail non ministériel
7) leurs conseils ne seraient pas rémunérés mais ils seraient tous pareillement dédommagés quels qu’aient été les conseils prodigués
LA CONSTITUTION :
Article 01 : autodiscipline
Article 02 : responsabilité individuelle
Article 03 : non-droit au respect
Article 04 : haute valeur du mérite — inégalité des citoyens
Article 05 : haute valeur du sacrifice individuel pour le bien de la collectivité
Article 06 : ingérence de l’État dans la vie des citoyens
Article 07 : dépendance du pouvoir judiciaire au pouvoir exécutif
Article 08 : pouvoir législatif détenu par le pouvoir exécutif
Article 09 : homogénéités morphologiques et culturelles
Article 10 : gratuité de l’accès au savoir
Article 11 : gratuité des soins
Article 12 : malthusianisme démographique
Article 13 : malthusianisme économique
Article 14 : droit du sang
Article 15 : droit à l’autodéfense
Article 16 : droit à jouir du fruit de son travail
Article 17 : droit à la possession d’un territoire à soi
Article 18 : droit à la dignité
Article 19 : droit à l’improductivité
Article 20 : droit au départ par suicide indolore
LES FÊTES NATIONALES :
01) solstice d’été
02) solstice d’hiver
03) équinoxe du printemps
04) équinoxe d’automne
05) éclipses lunaires et solaires
06) anniversaires des succès intérieurs (acquis sociaux)
07) anniversaires des succès extérieurs (militaires et diplomatiques)
08) Jour des Sacrifiés — également nommé Jour du Vent
09) Jour des Forces de l’Ordre et de la Souveraineté Nationale — également nommé Jour du Feu
10) Jour du Patrimoine Naturel — également appelé Jour de la Terre
11) Jour de la Désinvolture — également nommé Jour de l’Eau
LE DÉROULEMENT DES FÊTES NATIONALES :
01) À partir du 20 ou du 21 juin. Festival traditionnel en costume se prolongeant jusqu’au 24 juin, Jour du Feu. Chaque année, serait mis en scène sur les places principales des communes un épisode de l’histoire du pays interprété par ses habitants. Après consultation des administrés, chaque maire choisirait l’épisode que sa commune illustrerait cette nouvelle fois. Mets emblématique : les fruits de saison.
02) 21 ou 22 décembre, de minuit au lever du soleil. Orgie de plats traditionnels régionaux. Mets emblématique : le bretzel.
03) 20 ou 21 mars. Jour de SOI (se référer au sous-chapitre "religion" du présent site internet). Simple jour de congé. Nul comportement recommandé. Chaque citoyen serait libre de lui rendre hommage comme il l’entendrait. Non plus nulle obligation de lui rendre un quelconque hommage.
04) 22 ou 23 septembre, jour de la mise à mort. Organisation de battues dans tous les domaines forestiers du pays. Le Dictateur serait tenu de participer — sinon d’être présent — à l’une d’entre elles. Tous les animaux tués devraient être mangés — au cours de la fête ou les jours suivants. Présence des meilleures productions viticoles et houblonnières locales. Mets emblématique : gibier (et champignons, climat régional permettant).
05) Ingestion de substances végétales hallucinogènes. Jour de jeun.
06) Fête en deux temps. Premier temps : spectacles humoristiques sacrilèges, satires publiques des dignitaires de l’État (dont celle du Dictateur lui-même). Deuxième temps : rencontre publique — et télédiffusée en direct — entre le Dictateur et son pourfendeur le plus virulent. Dîner populaire organisé sur toutes les places principales des communes du pays, servi à prix modique en plein air ou sous de larges chapiteaux. Mets emblématique : la tarte à la crème.
07) Ouverture gratuite au public de l’ensemble des biens architecturaux de la nation; visites guidées des rouages des diverses infrastructures financées par l’impôt (sans toutefois divulguer de secrets stratégiques). Mets emblématique : les fromages.
08) 1er novembre. Hommage solennel aux citoyens morts dans l’intérêt de la communauté par l’interdiction de l’énonciation de la moindre phrase de minuit à minuit — le pays serait plongé dans le mutisme le plus complet. Mets emblématique : lentilles.
09) Le 24 juin. Vastes et intimidants défilés organisés sur les avenues des principales métropoles, ainsi qu’au large des plus importants ports maritimes. Présence publique du Dictateur et du Gouvernement tout entier. Puis, à échelle nationale, dès la fin de l’après-midi, d’énormes bûchers préparés et bien encadrés seraient livrés aux flammes et alimentés jusqu’à tard dans la nuit. Récitation de textes à caractère épique, chants empreints de lyrisme, musique tonitruante. Mets emblématique : le coq.
10) 1 et 2 mai. Grands banquets champêtres intergénérationnels. Organisation de marches familiales. Mets emblématique : les céréales.
11) 1 et 2 février. 1er février : ablutions. En l’occasion, l’État offrirait un accès libre à tous les centres thermaux et thalassothérapiques que compterait le pays, gratuité par lui exigée aux divers établissements (même privés) aux frais des établissements eux-mêmes. Repas frugaux. Mets emblématique : les choux. 2 février : tournois sportifs fantaisistes et déréglés défiant un contexte climatique éventuellement encore hostile. Éloge de la beauté des corps. Débauche d’energies, et lascivités. Mets emblématique : les poissons.
LES MINISTÈRES :
01) du Travail
02) des Cultures
03) de l’Éducation
04) des Affaires Externes
05) de la Défense
06) de la Famille
07) du Budget
08) de la Chasse et des Sports
09) des Sciences et de la Recherche
10) de la Sécurité Publique
11) de la Justice
12) des Infrastructures
13) de l’Environnement et de l’Alimentation
14) du Logement
15) de la Santé
LE CODE DU TRAVAIL :
01) Toutes les fois qu’une machine substituerait les mains d’un homme, celui-ci pourrait continuer à percevoir son salaire tout en restant à la maison ou en travaillant sur un autre poste, accumulant ainsi le bénéfice d’un second salaire.
02) Toute tâche non créative (simplement exécutive) occuperait des machines partout où l’homme pourrait être remplacé.
03) Les dirigeants/propriétaires d’entreprises ne pourraient toucher un revenu plus de quatre fois supérieur à ceux versés aux moins qualifiés des employés.
04) Les dirigeants/propriétaires pourraient engager sur l’instant, licencier sur le champ.
Le Ministère du Travail :
001) Toute entreprise aurait un dirigeant propriétaire de l’intégralité de ses capitaux et de l’ensemble de ses moyens de production.
002) La qualité aurait priorité sur le profit.
003) Pas de publicité autre que celle des packagings et de la renommée diffusée de bouche à oreille de par le fait de la qualité du produit lui-même.
004) Blocage aux frontières de toute marchandise produite, testée ou acheminée dans des conditions indignes.
005) Les marchandises seraient réparables plutôt que recyclables. Propagande d’État pour valoriser aux yeux de la population la possession d’objets usés ou cassés mais bien raccommodés. Dans chaque entreprise figurerait un service réparations, qui mettrait à disposition de la clientèle 1) les outils appropriés 2) les pièces de rechange 3) des conseils et formations. Et ce n’est qu’en cas de l’impossibilité d’une réparation indépendante, que l’entreprise demanderait le retour de l’article. Mais les produits manifacturés devraient être conçus de sorte à ce que leur raccommodage reste autant que possible à la portée du commun des mortels ayant pour habitude de bricoler durant ses dimanches.
006) Les produits nationaux seraient protégés de la concurrence étrangère par d’importants droits douaniers et le respect de quotas.
007) En tout temps toute époque devraient être maintenues opérationnelles les usines nécessaires à l’approvisionnement en produits de prime nécessité (eau traitée, nourriture, vêtements, énergies, médicaments, outils, matériaux…) de l’ensemble de la population nationale. L’autarcie resterait ainsi toujours un refuge réalistiquement joignable.
008) Pas de produits finis dont les composantes seraient fabriquées sur de nombreux sites pour puis être assemblées encore ailleurs.
009) Étroite collaboration avec le Ministère des Sciences et de la Recherche afin d’optimiser l’expérimentation puis l’application de nouveaux brevets aux industries.
010) Étroite collaboration avec le Ministère des Sciences et de la Recherche afin d’augmenter la part renouvelable des énergies servant au fonctionnement des industries.
011) Interdiction de la fabrication à échelle industrielle de babioles et gadgets.
012) Tous les produits vendus dans un emballage trop cher en matières et coûts énergétiques liés à sa fabrication seraient retirés des stands jusqu’à nouvelle présentation dans un empaquetage allégé.
013) Études d’État visant à accroître la satisfaction des employés dans le cadre des processus de fabrication.
014) Âge de la retraite modulable de 60 à 70 ans en fonction du pourcentage actif de la population globale. Mais nulle obligation de partir en retraite une fois en avoir atteint l’âge. Postes de fonctionnaire expressément dédiés aux citoyens ayant dépassé l’âge de la retraite mais désirant poursuivre une vie active salariée.
015) Pour chacun des produits de grande consommation présents dans le commerce, l’État investirait son Ministère du Travail de la mission consistant à concevoir et fabriquer un modèle moins cher que tous ceux vendus par les privés. Un modèle national; sobre et résistant, il se limiterait à assurer la fonction pour laquelle il aurait été projeté. Son prix défiant toute concurrence serait obtenu en frustrant l’État de tout bénéfice monétaire (l’État ne devrait par contre pas y perdre un traître centime) et en supprimant les dépenses entraînées par un packaging et autres mises en valeur. Tous les produits nationaux (savon, lait, voiture…) seraient proposés sous le sigle "P.O.P." (le Peuple Oit le Peuple). Leur design serait décidé après consultation des myriades de projets de jeunes créateurs qui ne manqueraient d’affluer étant donné la notoriété que telle diffusion offrirait à qui se verrait sélectionné. Ainsi, le concepteur y trouverait son compte sans pour autant avoir touché la moindre rétribution. Les produits signés P.O.P. seraient beaux et essentiels.
Le Ministère des Cultures :
001) La vocation du Ministère des Cultures serait de permettre l’épanouissement des cultures de la nation.
002) Un important budget serait destiné à la restructuration et à la sauvegarde du patrimoine national de prestige (architectural, statuaire, pictural, littéraire, cinématographique, musical, culinaire, vestimentaire, ornamental, technologique, militaire, artisanal, télévisuel, anecdotique, sportif, linguistique, historique…) dans le souci primordial de maintenir les citoyens unis autour d’une identité commune et distincte de celles mûries par les entités étrangères.
003) Les particuliers justifiant de moyens financiers importants pourraient habiter une grande partie du patrimoine architectural national, à condition 1) de prendre en charge les frais des travaux voulus en les lieux par les services urbanistiques du Ministère des Cultures, 2) de laisser ces bâtiments vacants à l’occasion des anniversaires des succès extérieurs (se référer à la fête 7) et d’en permettre la visite gratuite et sans conditions à tout citoyen désireux de s’y introduire respectueusement en cette occasion.
004) Le patrimoine ne serait pas réparti sous responsabilités communales, départementales et régionales, mais entièrement géré par l’État, qui en prendrait soin tenant compte des avis de ses nombreux conseillers régionaux, départementaux et communaux.
005) Toute initiative culturelle serait par le Gouvernement favorablement perçue, mais jamais par lui subventionnée. De subsides ni pour les organisateurs, ni pour les créateurs.
006) Tout artiste aurait à rencontrer l’appréciation d’un public, aussi restreint soit-il. Et ce n’est qu’au bout d’un délai d’une trentaine d’années que l’État pourrait, en cas de valeur d’ordre technique ou fétichiste, envisager d’intégrer certaines de ses réalisations au patrimoine national et leur donner une place au sein de ses espaces d’exposition. Pendant ce temps, celui-ci devrait avoir recours aux fonds d’excentriques millionaires.
007) À tour de rôle, les ambassades des puissances de 1° et 2° catégorie (se référer au Ministère des Affaires Externes, § 002) seraient invitées à organiser une exposition présentant les particularismes de leurs cultures en tous domaines. Lors de semblables manifestations, l’État ne manquerait pas d’encourager ses sujets à voyager solitaires, partageant us et coutumes des peuples visités et se faisant eux-mêmes discrets.
008) En collaboration avec le Ministère de la Sécurité Publique, le Ministère des Cultures délimiterait un territoire de 2000 kilomètres carrés — au centre duquel se trouverait érigé le principal aéroport international du pays — destiné au libre brassage culturel. Sur le sol de cette enclave, échappant à la logique d’homogéneité appliquée sur le reste du territoire national, serait laissée s’installer toute personne désireuse de vivre en tel contexte, qui y appliquerait les usages propres à sa culture; au niveau vestimentaire, aussi bien que culinaire, architectural, comportemental, linguistique, religieux, sexuel etc, mais pas judiciaire. Les préposés affectés au choix des nationalités admises veilleraient à la présence, dans des proportions similaires, d’éléments issus de l’ensemble des pays de catégorie 1, 2 et 3 (se référer au Ministère des Affaires Externes, § 002), ainsi que des différentes cultures animant chacune de ces nations. Aucune directive gouvernementale ne viendrait gêner la libre répartition des arrivants. Les forces de la Sécurité Publique y circuleraient et pourraient intervenir pour que soient respectées les lois juridiques en vigueur sur le territoire national, mais il s’agirait là de la seule interférence de l’État. Le pourtour de cette enclave serait surveillé comme la frontière d’un pays étranger, et à tout habitant de l’enclave qui aurait franchi les limites de la zone sans l’accord des autorités, serait intimé l’ordre de retourner vivre dans son pays d’origine. Chaque arrivant devrait verser à l’État une caution correspondant au prix d’un billet d’avion simple aller vers sa provenance. L’État ne serait à l’origine d’aucune des infrastructures qui équiperaient ce territoire : le terrain serait offert vierge de quelque construction humaine que ce soit. C’est un espace qui serait ainsi amené à se structurer selon ses normes — eau, énergies, matériaux de construction, outillages et compétences lui seraient acheminés de l’extérieur contre paiement. Il lui serait permis d’élire des maires et un gouverneur, ainsi que de développer des commerces avec les villes du territoire national. Mais les échanges de marchandises se feraient uniquement aux frontières. Les candidats issus du territoire national seraient autorisés à s’y établir en une proportion plus importante que celle appliquée aux contrées étrangères. L’enclave serait visitable sans formalités par tout citoyen de la nation sous simple présentation d’identité. Y serait attendue une population supérieure aux 30 millions d’habitants.
009) La prise de parole publique ne serait pas réglementée, et tous les citoyens seraient ainsi autorisés à beugler leur point de vue dans places, jardins et artères.
010) Liberté totale d’expression orale, écrite et graphique. Liberté d’appel au meurtre (le meurtre étant lui-même sévèrement puni), liberté d’insulte et de calomnie, de connerie, d’obscénité — sauf toutefois en temps de crise déclarée. Si, faute à des tribulations, un soulèvement visant à me renverser devait se mettre en branle, mes forces de l’ordre l’écraseraient sans ménagement (le peuple m’aurait élu pour dix ans : qu’il assume et ne me juge qu’à la fin du temps imparti).
011) Le Ministère des Cultures se doterait d’un organe exclusivement dédié à la promotion de l’action du Gouvernement et au renforcement du sentiment patriotique des citoyens : le Tournesol. Ses modes opératoires seraient audiovisuels, radiophoniques et éditoriaux. Lui serait demandé :
1) de documenter toutes les apparitions publiques du Dictateur, et de le filmer dans le cadre de sa vie privée — mais jamais à son insu, 2) de documenter l’action des divers Ministères, 3) de documenter toutes les fêtes nationales, tous les voyages diplomatiques, toutes les venues de chefs d’État, 4) de réaliser trois journaux télévisuels quotidiens et les reportages nécessaires à les alimenter, 5) de réaliser des films cinématographiques relatant les étapes historiques ayant conduit à la constitution de la Nation, les pages marquantes de son histoire jusqu’à l’époque présente, ses anecdotes remarquables, ses heures sombres et grands désastres, et le contexte de l’accès au pouvoir du Dictateur.
Ces films se devraient de présenter les caractéristiques suivantes :
1) un professionnalisme sans failles à tous les stades de leur fabrication, 2) une esthétique sûre, pilotée par des spécialistes de l’image, du son et du dialogue qui pourraient être salariés par le Tournesol pour ne travailler que pour ses studios, 3) un savant dosage de scènes d’action, de dialogues bien sentis, de glamour, de paysages intimistes ou grandioses, d’humour, d’acteurs charismatiques, de poésie virile, de suspens, de violences crues, de références à l’histoire récente de la Nation; et d’exhaltations de la camaraderie, du courage, de la loyauté, de la gratitude, de l’esprit de corps, de l’autodiscipline, du sens des responsabilités, du mérite et du sacrifice, 4) des créations musicales envoûtantes brillament exécutées et aux thèmes prégnants, 5) des décors et costumes réalistes, finement ouvragés par des artisans respectant scrupuleusement les données historiques certifiées
Ces œuvres seraient diffusées à prix réduit dans les cinémas d’État, par les chaînes télévisuelles publiques et celles privées, et lors de projections en plein air mises sur pied dans le cadre des fêtes nationales. On pourrait également les acheter sur supports numériques, libres de droits.
Le Tournesol serait à la tête de trois chaînes télévisuelles : l’une politique — Natio —, la seconde éducative — Ratio —, et la troisième, récrérative — Nostra.
Natio diffuserait les créations Tournesol 1, 2, 3 et 4
La totalité de la programmation de Ratio serait confiée au Ministère des Sciences et de la Recherche afin qu’il y fasse advenir de captivants débats entre chercheurs issus des multiples secteurs de découverte, y présente les nouvelles révélations de ses équipes, les pistes prometteuses sur lesquelles elles se sont engagées, leurs réalisations informatiques, cybernétiques, optiques, logistiques, thérapeutiques, etc — sans jamais révéler de détails pouvant servir aux puissances étrangères à les copier, voir à les surclasser —, l’organisation et le déroulement des grandes expositions universelles multidisciplinaires qui lui sont commandées, de fréquentes et passionnantes interviews, une émission quotidienne de vulgarisation scientifique touchant à tous les domaines du savoir, une émission elle uniquement consacrée aux évolutions technologiques en rapport avec la diffusion de l’information.
Nostra diffuserait le documentaire Terres d’identité (voir ci-dessous); des dessins animés inspirés de la série européenne Il était une fois… la Vie; des émissions inspirées de la création française C’est pas sorcier; des programmes humoristiques dans l’esprit des productions grolandaises qui, bien qu’acides, fédèrent autour d’une vision commune; les réalisations Tournesol 5; une émission axée littérature; une autre expliquant pas à pas la préparation de plats régionaux et nationaux; une retransmettant spectacles comiques et concerts des artistes populaires personnifiant la couleur de l’âme nationale; un reportage quotidien de quinze minutes dédié au banal d’un citoyen lambda tiré au sort; les majeures compétitions sportives impliquant les athlètes et équipes nationales.
Le documentaire Terres d’identité serait diffusé tous les jours de la semaine, durerait quatre heures, et comprendrait de multiples volets, dont certains propagés en direct (diffusion entre 10h et 14h40, avec interruption à 13h pour un Journal de 40 minutes). Il se verrait inspiré par les émissions françaises Thalassa et Des racines et des ailes, et de l’italienne Linea verde. Y figureraient :
1) des reportages faisant découvrir ou redécouvrir aux spectateurs les richesses artistiques, naturelles, technologiques et culturelles de leur pays, 2) des reportages orientés vers les maints métiers pratiqués sur le sol national, 3) de 11h à 12h, un direct dans une des localités du pays; localité où les habitants prépareraient expressement pour l’émission un grand festin de plats traditionnels régionaux dans un lieux emblématique de la ville ou du village. On pourrait en suivre les derniers préparatifs, assister à diverses dégustations, les notables de la commune y seraient tous présents pour saucer les images de leurs commentaires, le volet se concluerait par un long travelling arrière filmant un panel d’habitants assis à une même grande table surchargée de nourritures exquises et en train de s’en régaler. Le direct serait entrecoupé de mini-reportages voués à illustrer les particularismes culturels observables sur le territoire de la mairie hôte
La branche éditoriale du Tournesol publierait :
1) Le tambour, papier communiquant les lois nouvelles, mais aussi faisant le point sur l’actualité du jour.
2) Une collection de fascicules permettant à chaque cabinet ministériel d’exprimer au public ses satisfactions, intentions et auto-critiques.
3) Les Dictionnaires de la Langue Nationale, qui serviront d’ouvrages étalons.
4) La collection L’épopée, équivalent de La Pléiade française.
5) Des biographies de référence des personnages de l’histoire nationale.
6) Les retranscriptions intégrales des discours du Dictateur.
La filiale radiophonique du Tournesol serait aux commandes d’une station d’information continue calquée sur la française France Info et dont le nom serait Le promontoire, et d’une seconde, appelée Atrium, qui serait elle chargée d’émettre des émissions traitant de problèmes sociétaux et incitant les nombreux citoyens inteviewés à exprimer leur opinion sur l’action gouvernementale ainsi qu’à formuler des suggestions à l’attention de ses auteurs, expressions pouvant leur servir à affiner leurs démarches ou à réorienter leurs ambitions selon une vision encore plus réaliste du contexte humain. La grille de ses programmes afficherait également des passages musicaux, des extraits de pièces de théâtre et de films, de spectacles populaires, de lectures et récitations en tous genres, accompagnés des remarques érudites mais non dénouées d’humour de spécialites en la matière. Ces mêmes spécialistes ainsi que d’autres — davantage dédiés à des préoccupations d’ordre historique, géopolitique, économique, énergétique, astronomique, mécanique, botanique, gastronomique, bactériologique, climatologique, ethnologique… la liste n’est pas près d’être close —, choisis en fonction de l’originalité de leurs travaux, seraient invités à participer à des débats les confrontant à des collègues aux avis diamétralement opposés aux leurs. La totalité des programmes à l’antenne pendant la journée serait rediffusée pendant la nuit.
Le Ministère de l’Éducation :
001) Les études longues (au-delà des 15 ans d’âge) seraient réservées aux élèves les plus studieux — au meilleur 20% de l’effectif. Dans la majorité des cas, l’élève se verrait proposer dès ses 12 ans une formation de 3 ans dans le champ professionnel de son choix.
002) Écoles mixtes.
003) D’uniformes ni pour les maîtres ni pour les élèves.
004) Les enseignements :
*Maternelle : 4-6 ans — 4h/jour — 10h > 14h
Comportements : observation de conséquences, analogies, impossibilités, récurrences — dans le domaine des objets inanimées comme dans celui des êtres vivants en relation, passant constamment de l’un à l’autre.
Sens : sensibilisation aux sons, aux formes et aux couleurs, à textures et températures, aux odeurs, et formulation des sensations.
Relations : relations aux êtres vivants, aux lieux d’habitation, sites naturels, ainsi qu’aux objets. Mise en évidence du spirituel dans le matériel.
Expressions : expressions plastiques (graphiques, picturales, volumiques) et corporelles (danse, chant).
Hygiène : sensibilisation aux saveurs, à l’importance d’une alimentation saine, diversifiée et modérée. Sensibilisation au corps et à ses capacités (physiques, mentales). Mise en évidence de l’efficacité amenée par l’ordre, la propreté, l’analyse (l’analyse puis le fait de savoir prévoir et s’organiser en conséquence), la clarté, la précision.
*Primaire : 6-10 ans — 6h/jour — 09h > 12h + 13h > 16h
Comportements : [voir "Maternelle"]
Relations : [voir "Maternelle"]
Langue nationale : comptes rendus écrits puis récités de situations vécues par l’enfant, rédaction de dialogues par lui inventés et interprétation de ceux-ci à plusieurs personnes sous la forme de courtes scènes jouées en la présence des autres élèves (et analyse des comportements représentés).
Histoire et géographie
Sport
Mathématiques et géométrie
Informatique
Danse et musique : initiation à un instrument de musique (qui n’aurait à être forcément une flûte), et composition de rythmes et de mélodies en association avec l’expression corporelle.
Techniques : agriculture, gastronomie, fabrication d’objets utiles et de jouets (pas de colliers en nouilles). Nécessité d’esquisses de recherche au trait et en couleur et de dessins tridimensionnels. Leur serait appris à tirer du plaisir d’un travail bien fait.
Hygiène : [voir "Maternelle"]
*Secondaire : 10-14 ans — 8h/jour — 8h > 12h + 13h > 17h
Comportements : [voir "Maternelle"] + étude d’influences, de manipulations, de dépendances, et initiation au système nerveux et endocrinien (expérimentation animale (dont les enfants eux-mêmes seraient parfois les sujets), décryptage d’images, analyses des discours)
Langue nationale : étude d’auteurs très divers, approche étymologique du vocabulaire, résumés, rhétorique, rédaction d’un cahier de pensées et interrogations.
Langue internationale : anglaise.
Langue choisie : (emploi de personnel issu du privé en cas de choix d’une langue exotique)
Histoire et géographie
Sport : seraient particulièrement pratiqués la course, la lutte (mixed martial arts), la natation et le rugby. Devraient être acquises des capacités en ce qui concerne la visée, la souplesse, la rapidité, l’adresse, l’agressivité (la détermination) et la concentration.
Mathématiques et géométrie
Informatique
Danse et musique : création de pièces musicales dansées courtes. Propositions de structures originales.
Techniques : [voir "Primaire"]
Identités : qu’est-ce qui nous distingue les uns des autres ? — mise en évidence des spécificités raciales et culturelles des groupes humains.
Science : biologie, physique, géologie, chimie etc, seraient réunies en une seule matière, facilitant ainsi une approche interdisciplinaire de la Structure.
Hygiène : [voir "Maternelle"] + informations sur le sommeil, les premiers secours, sur la sexualité.
*Lycée : 14-18 ans — 8h/jour — 8h > 12h + 13h > 17h — 5j/7
[pas de lycées spécialisés, seuls des lycées classiques]
Même programme qu’au secondaire — en approfondi —, sauf que l’élève choisirait alors le dosage de ses matières. Et mise en route d’un projet d’activité professionnelle soutenue financièrement par l’État proportionnellement aux aptitudes de l’élève. Présentation, tous les six mois, devant des commissaires de l’État, de l’état d’avancement du projet.
*Grandes Écoles spécialisées : 18-? ans — 4h/jour — 8h > 12h — 4j/7
[accessibles non pas sur concours mais sur dossier]
Début de l’activité professionnelle de l’étudiant — à mi-temps. Bourses d’État proportionnelles aux aptitudes de l’étudiant et à l’orientation plus ou moins commerciale de la dite activité. Si celle-ci devait être consacrée à une recherche pure non applicable à l’industrie, au selon de la pertinence de la démarche l’État pourrait décider d’intégrer le précieux élément dans ses laboratoires.
005) Évaluation : interrogations écrites/orales notées de 0 à 20, en moyenne bi-mensuelles, sauf pour certaines matières où une évaluation serait attribuée à la fin de chaque cours. Bulletin trimestriel communiqué aux parents, mais aussi affiché dans le hall d’entrée de l’école — ainsi visible à tous. Contrôle continu, pas de grands examens de fin de cursus.
006) Devoirs à la maison rares voir inexistants : les élèves devraient être amenés à approfondir leurs recherches à la maison de manière autonome parce qu’ils en auraient envie et non pas parce que ça leur serait demandé, de sorte à ne pas en venir à considérer l’étude come une punition.
007) Jamais de classes supérieures à 30 élèves, pas même dans les Grandes Écoles (pas de cours amphithéâtraux).
008) Tous les enseignants seraient des bouseux (se référer au 5° mouvement de mon livre), sauf pour les matières suivantes, confiées à des tarlouzes (se référer au 5° mouvement de mon livre) : danse, musique, langue nationale.
009) Tous les enseignants seraient recrutés dans les bureaux du Ministère de l’Éducation sur la base d’un dossier généreux, multidirectionnel, interdisciplinaire (débordant de leur strict domaine) et structuré, à déposer au service correspondant un mois avant la date du long entretien qui interviendrait pour trancher sur leur compétence ou leur non compétence à enseigner les forces tendres de la Nation. Une fois en place, ils ne pourraient se contenter d’enseigner leur matière, mais seraient parallèlement tenus d’étoffer ce dossier apportant une régulière contribution à la somme des savoirs de leur domaine de compétence.
010) Dans chaque école, un enseignant généraliste serait rétribué expressément pour accorder une aide en tête à tête aux quelques élèves en difficulté mais pleins de bonne volonté que compte chaque classe.
011) Pas de guerres de chapelle : tous les dispensateurs de savoir du corps enseignant devraient souligner les recoupements entre la logique de leur propre matière et celles des matières enseignées dans l’ensemble des cours offerts à l’élève. Il s’agirait, par exemple, de faire ressentir l’interdépendance de l’informatique avec le discours verbal, de la musique avec les mathématiques, des comportements humains avec la danse, de l’histoire militaire avec les sciences, de l’hygiène de vie avec l’identité…, d’organiser ponctuellement des cours en commun entre enseignants prodiguant des connaissances de prime abord inconciliables.
012) La matière qui devrait occuper une place de choix dans l’emploi du temps de tous les écoliers à partir de la toute première classe, c’est celle traitant du fonctionnement du système nerveux central. Ils diraient "Ce matin j’ai cerveau" (ou "comportements humains") tout comme ils diraient "Cet après-midi j’ai anglais".
013) Un nombre d’étudiants étrangers originaires des puissances conjointes (se référer au Ministère des Affaires Externes, § 002) égal à 1/10e du total des inscrits serait admis à fréquenter les cours dispensés dans les maintes Grandes Écoles du pays. Ne pouvant bénéficier de la moindre bourse d’État, leur maintien se ferait à leurs frais. Leur séléction suivrait les mêmes modalités que celles appliquées aux étudiants nationaux. Ceux-ci pourraient suivre le cursus complet de l’École choisie, au terme duquel ils seraient invités à regagner leurs pays respectifs. Ils ne pourraient exércer de travail rémunéré sur le territoire national que sur la durée de leur cursus scolaire.
014) Avant leurs 15 ans — c’est-à-dire avant que 80% d’entre eux soient dirigés vers des formations professionnelles (se référer au §001 du programme de ce Ministère-ci) —, tous les élèves de la Nation se verraient obligés de participer à six voyages intercontinentaux de classe : en Amérique Latine, en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient, en Asie extrême-orientale, dans la Fédération de Russie et en Amérique du Nord. Déplacements vers plusieurs villes de ces diverses contrées. Hébergements en des abris modestes. Rencontres avec des élèves de classes locales de même âge. Ces virées absorberaient une part importante du budget éducationnel, mais la part d’enseignements à en tirer serait tout aussi conséquente.
015) Les enfants ayant la chance de pouvoir bénéficier d’un (ou de plusieurs) tuteur(s) qualifié(s) — ses (leurs) compétences pour tenir ce rôle seraient jaugées par les service du Ministère de l’Éducation — disposé(s) à leurs dispenser individuellement les enseignements définis par l’État, seraient autorisés à ne rejoindre les salles de cours qu’au commencement de leur cursus scolaire supérieur, c’est-à-dire à partir de leur dix-huitième année. Ce (ou ces) tuteur(s) peut (peuvent) être un (des) parent(s). Il peut s’agir de son père et de sa mère. Mais tous les six mois, l’élève se verrait soumis à une interrogation écrite décidée par le Ministère de l’Éducation — en présence d’un représentant de celui-ci —, et en cas de résultat médiocre, l’élève perdrait le privilège d’être instruit extra muros, n’importe où dans le monde. Une telle vie serait réservée aux éléments brillants.
Le Ministère des Affaires Externes :
001) La Nation devrait préserver en elle les moyens de pourvoir aux besoins élémentaires de ses citoyens, d’assurer un fonctionnement minimal de ses infrastructures et une vigoureuse défense de son territoire, ce qui lui éviterait toutes sortes de chantages. Il lui faudrait pour cela éviter de se fourrer dans des situations où elle risquerait de se retrouver tenue par les couilles. Faudrait au contraire qu’à tout moment il lui soit possible de dire merde à tous sans craindre la paralysie puis l’anéantissement.
002) Distinction des nations en puissances "conjointes", "partenaires", "rivales" et "hostiles". Se rapprocher des nations conjointes jusqu’à la formation éventuelle — une fois les conditions réunies — d’une vaste fédération sur la base de valeurs spirituelles communes. Rapports commerciaux avec les puissances partenaires et rivales, mais rapports diplomatiques distants avec ces dernières. Absence de tout contact avec les puissances hostiles, ce qui impliquerait de ne même pas se permettre de commenter leur politique.
1) Puissances conjointes : le Canada, les États-Unis d’Amérique, la Communauté Européenne version 2007, la Suisse, la Grande-Bretagne, la totalité des pays de Scandinavie — au sens le plus large — et de l’ex Yougoslavie, la Biélorussie, la Fédération de Russie, l’Ukraine, la Moldavie, l’Albanie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande. Se libérer de Guadeloupes et autres Martiniques ne gardant qu’un territoire de 100 km2 autour de la station de Kourou en Guyane française. Les territoires polaires devraient demeurer tout entiers sous la tutèle des Nations conjointes. L’Afrique du Sud serait abandonnée. Le territoire turc empiétant sur le continent européen serait militairement annexé et offert à la Grèce, et pour s’assurer le plein contrôle de la sortie de la Mer Noire, seraient également intégrées la seconde moitié de Byzance et deux fines bandes de terrain du côté asiatique du Bosphore et du détroit des Dardanelles. Troie incluse.
2) Puissances partenaires : la liste des puissances partenaires fluctuerait, des puissances hostiles ou rivales pouvant à moyen terme y être inscrites, tout comme certaines y figurant basculer dans la liste des puissances rivales, voir hostiles. Aujourd’hui seraient considérées puissances "partenaires" le Japon, Israël, la Corée du Sud, le Brésil, le Chili, l’Argentine, le Mexique, Taiwan, et tous les pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Océanie qui donneraient des preuves de leur attachement à l’éthique commerciale commune aux Nations conjointes.
3) Puissances rivales : celles faisant fi de la réglementation appliquée aux échanges commerciaux entre Nations conjointes.
4) Puissances hostiles : celles dont le gouvernement en place aurait attaqué l’un quelconque des intérêts d’une nation conjointe. — Et si ces attaques devaient se faire physiques, une guerre tout autant physique serait alors ouverte.
003) Dans le cadre d’une entente entre nations conjointes, verrait le jour un ambitieux projet commun de redéfinition équitable et hypothétiquement définitive des frontières les concernant. Accompagné de douloureux mais bénéfiques déplacements de populations. Afin de réparer les torts de traités unilatéraux qui au cours des Histoires ont gravement saigné certaines et dispersé des peuples ayant pour vocation d’occuper un territoire commun. Il s’agirait là d’un travail de longue haleine — nul n’en doute —, mais qui avancerait résolument consultation après consultation. Les plus grands efforts seraient exigés de pays actuellement surdimensionnés, qui devraient rendre leurs terres injustement attribuées. Pendant un siècle et plus la vie de nombreuses personnes se trouverait bouleversée, mais qu’est-ce comparé à des millénaires d’Histoire conflictuelle. Deux principes majeurs serviraient à l’élaboration de ces nouvelles frontières : 1) regroupement des ethnies en blocs compacts, et 2) découpage selon des bornes naturelles (chaînes montagneuses, cours d’eau…).
004) Le Ministère des Affaires Externes veillerait à ne baisser toutes ses gardes même pas vis-à-vis de la puissance conjointe la plus débonnaire.
005) Expulsion immédiate du territoire national de tout étranger citoyen d’une puissance récemment classée "hostile".
006) Prise d’otages : si les citoyens ravis le sont sur un territoire en la période officiellement et vivement déconseillé par les services du Ministère de Affaires Externes, celui-ci ne serait tenu d’engager une action (évitant ainsi de risquer la vie d’hommes de valeur pour sauver celle d’irresponsables). Mais si les citoyens se voient capturés sur un terrain classé "sans risques", "neutre", ou seulement "déconseillé", le Ministère se servirait de tous les moyens en son pouvoir pour en permettre la libération :
1) Tractations avec les assaillants et le gouvernement gérant les lieux du méfait. 2) Promesse de l’exécution de tous les malfrats impliqués dans l’enlèvement en cas d’exactions sur les prisonniers. 3) Envoi d’une force spéciale dépendante de l’Armée, et 4) en ultime recours, si toute méthode de dissuasion se serait avérée inopérante, intervention musclée de cette force avec pour objectif celui de sauver le maximum d’otages tout en s’appliquant à respecter la promesse. Les séquestrés succomberaient peut-être tous à l’opération, mais dans toute contrée serait alors connue la rudesse des forces nationales et le soutien sans failles qu’elles reçoivent de la part de leur hiérarchie. Les cas de rapt nous concernant se feraient d’un coup bien rares, et le sacrifice involontaire de quelques citoyens aurait fait le plus grand bien à la communauté toute entière.
Le Ministère de la Défense :
001) Le Ministre de la Défense serait un militaire. Aucun homme ne pourrait accéder à cette fonction sans avoir auparavant volontairement risqué sa vie pour la Patrie. Il devrait avoir fréquenté la sensation qu’est celle d’être pris pour cible.
002) L’Armée serait uniquement professionnelle, mais un service de 4 mois obligerait tous les citoyens, hommes et femmes, à se doter d’un savoir militaire minimal. Au cours de ce temps, leur formation les amènerait à pouvoir 1) monter/démonter avec aisance un fusil d’assault 2) entretenir cette arme afin de la garder toujours opérationnelle 3) viser et atteindre une cible en mouvement 4) supporter une période de privations 5) dissimuler leur présence 6) se déplacer discrètement 7) occire à mains nues un chat non ligoté acculé dans une pièce.
003) Chaque foyer devrait être équipé d’une arme à feu chargée.
004) Mise en place d’un bouclier anti-missiles constamment aligné sur les derniers brevets des ateliers du Ministère des Sciences et de la Recherche.
005) En cas de guerre, éviter d’infliger à l’adversaire des humiliations qui pourraient puis, à terme, rallumer son animosité à nos égards : pas de démembrements de territoires, de pilonnages de villes, de destructions de patrimoine.
006) Système de défense misant davantage sur les performances du matériel employé que sur la quantité d’hommes appelés à s’en servir. Une Armée peu nombreuse, mais extrêmement bien formée, entraînée et commandée, et ne souffrant de déficiences sentimentales.
007) Se méfiant des alliances comme de toute réalité n’ayant de consistance ailleurs que dans des mots tracés tel jour par tels hommes sur du papier, l’Armée nationale devrait toujours entretenir une structure suffisamment performante pour ne pouvoir être ridiculisée ni sur terre, ni sur/dans les eaux, ni dans les cieux, ni dans l’espace et ce, face à toute armée de taille équivalente et même sensiblement supérieure. Elle devrait être en mesure de livrer bataille seule — et seule de gagner —, sans compter sur une éventuelle intervention amie. De s’imposer, c’est-à-dire de garder le droit de gérer son territoire.
008) Le matériel militaire et les hommes nécessaires à l’employer ne devraient pas se voir disperser aux quatre coins de la planète interférant avec les affaires d’autres nations, mais stationneraient au contraire sur le territoire national.
009) Serait fondée une force spéciale dédiée à la surveillance des frontières terrestres et maritimes appelée "DIGA" (Division d’Interception des Groupes Assaillants). À sa disposition, plusieurs milliers de batteries de canons à longue portée postés le long des côtes sensibles — destinés à faire chavirer les embarcations chargées d’individus non désirés en cas de coups de semonce sans effet —, une centaine d’avions de reconnaissance susceptibles de mitrailler les abords des malheureux afin de les décourager à poursuivre leur chemin, et des gardes armés capables de s’aventurer sur toutes sortes de terrains. Le rôle de ces derniers serait d’entrer en contact direct avec les assaillants. Ces hommes devraient en établir si possible la provenance, le parcours, les raisons (certaines situations pourraient amener les gardes à admettre de ces forçats sur le territoire national, mais à titre provisoire et sous le chaperonnage d’un employé dépêché par le Ministère de la Sécurité Publique), les conditions de santé (en cas de gravité, des premiers secours seraient administrés) et, la plupart des fois, les repousser au-delà de la frontière par l’usage de la courtoisie ou de la force. En ce qui concerne les frontières terrestres, des études identifieraient les emplacements des principales zones d’infiltration afin que la DIGA puisse y concentrer ses efforts. Et étant donnée l’homogénéité retrouvée des populations nationales, les rares ayant su mettre en échec le corps de surveillance, ne pouvant passer inaperçus, seraient vite interpellés puis reconduits.
010) Les citoyens des puissances conjointes se verraient aisément remettre un permis de séjour d’une période ajustée aux motifs de leur visite.
011) Des permis de séjour de 1 à 3 années pourraient être attribués aux citoyens des puissances partenaires technologiquement peu évoluées qui en feraient la demande, et cela dans le but de les faire bénéficier d’une formation ad hoc. Le nombre des permis délivrés en ce sens resterait inférieur à 10.000 l’année. Les postulants devraient posséder la pleine maîtrise de la langue nationale. Cette formation leur serait offerte gracieusement par le Ministère des Sciences et de la Recherche, et dispensée dans les différents chef-lieux du territoire — dans les ateliers d’État, par les employés du Ministère susnommé. Cette formation aborderait des problématiques liées à l’usinage, à la maçonnerie, à l’hydraulique, à l’optique, à la virologie, à la fabrication de substances médicamenteuses, à l’agriculture — au sens large du terme —, au transport, à la conservation de produits alimentaires, à l’extraction de ressources énergétiques et autres domaines de cet ordre, et devrait le faire proposant des procédés ne devant faire appel à un outillage nombreux, à des machineries de pointe, à des manipulations savantes, à des matières en leur pays rares. Sous la responsabilité du Ministère de la Sécurité Publique, ces apprentis ne seraient autorisés à franchir les limites géographiques du chef-lieu d’affiliation. Ils accéderaient, pendant leur présence sur le sol national, à la gratuité des soins. Leur serait confié un logement modeste, mais propre, irréprochable. Serait en revanche exigée une assiduité sans failles, et un travail quotidien de 4 heures pour les services du Ministère des Sciences et de la Recherche afin de leur permettre de contribuer à couvrir les dépenses engendrées par leur séjour et de sauvegarder intacte leur dignité. Une fois cette formation achevée, ceux-ci seraient tenus de rejoindre leur patrie sous 30 jours (période au cours de laquelle leur serait donné de circuler librement sur l’ensemble du territoire national). Aucun formateur n’accompagnerait de bénéficiaire dans son pays. Ils ne pourraient emporter ni outils ni matières : leurs annotations seules. Tous seraient à nouveau livrés à eux-mêmes, mais armés de leur frais savoir.
Le Ministère de la Famille :
001) Chaque foyer devrait ressembler à une rampe de lancement. La rampe idéale pour la formation du psychisme d’un enfant est la configuration couple homme/femme. Les citoyens seraient ainsi encouragés à concevoir et élever des enfants dans ce cadre. Une telle association se pourrait de n’être qu’éphémère, puisque ne se justifiant que le temps nécessaire à l’émancipation de l’enfant. Le mariage maintient unis des couples qui autrement se sépareraient, mais qui pour s’éviter tout un tas de tracasseries demeurent unis souffrant. Les liens du mariage font qu’on ne sait si les deux individus qui s’en voient saisis sont ensemble parce qu’ils s’apprécient ou parce qu’ils veulent s’épargner les complications d’un divorce et la dureté d’une vie sans corps chaud à côté de soi dans le lit d’assuré. Le mariage oblige bon nombre de citoyens à vivre dans l’inconfort du mensonge — donc avilis —, aussi le couple ne serait plus la norme en vigueur.
002) Un enfant n’appartient à ses parents mais à lui-même — dès sa naissance. Il serait rapidement traité en individu responsable. Ses parents ne lui imposeraient leurs choix, mais ouvriraient ses yeux sur la multitude des choix envisageables et leurs conséquences probables. Tôt lui seraient présentés la mort et le sexe. Lui seraient inculquées les valeur de la Constitution, ainsi que croyances, péchés et préceptes de la religion d’État. Jamais les parents ne devraient céder à ses caprices, jamais ils ne devraient se permettre cette facilité. Non plus ne devraient-ils l’humilier. La meilleure éducation ne se fait pas à coup de giffles mais par l’exemple; si ses parents mènent une vie épanouie, l’enfant tiendra compte de leurs avis (le respect ne s’exige, il se mérite). Surtout, devrait lui être enseigné à ne pas se laisser avilir — si ce n’est sous son plein contrôle.
003) La première mesure du Ministère de la Famille consisterait à mettre en œuvre un recensement ethnique approfondi pour lequel les enquêteurs ne se limiteraient à recueillir les informations communiquées sur le seuil par le chef de famille, mais auraient à cœur de vérifier l’exactitude des dires en faisant appel aux observations transcrites par les agents du poste de police du quartier. Une telle enquête, menée sur un an, déboucherait sur le tracé d’une première carte. Une seconde carte serait elle modelée par le résultat d’un dénombrement des naissances classées d’après appartenance ethnique des poupons. Ces deux cartes seraient amplement diffusées afin de faire comprendre la tendence au citoyen distrait, afin de lui faire savoir l’aspect de la population nationale d’un demain sans mesures hardies de prises.
004) La politique du Ministère de la Famille chercherait à rejoindre puis conserver un densité globale idéale égale à 60 habitants le kilomètre carré. Il régulerait cette donnée agissant sur le montant de l’allocation versée lors de la naissance de chaque nourrisson. (Ce montant serait versé graduellement tout au long de la croissance de l’enfant.)
005) Le Ministère de la Famille serait également chargé de faire retrouver aux populations nationales de relatives homogénéités morphologiques, perdues depuis le dernier quart du XXe siècle. Les mesures prises pour y parvenir seraient le rétablissement du droit du sang en lieu et place du droit du sol, et l’émission de l’annonce suivante : "Sur trois générations, tout citoyen dont les deux parents n’appartiennent à l’identité européenne doit soit s’engager à ne plus engendrer de progéniture — tout manquement étant sanctionné par une expulsion immédiate —, soit organiser son départ, qui devra être effectif sous 365 jours à partir de sa mise en demeure." Précision : l’État ne distribuerait pas de pécules d’aide au rapatriement.
006) Fin du matracage médiatique pro-métissage : le couple interethnique cesserait d’apparaître un comble de bon sens.
007) L’immigration serait soumise à des quotas bas et stricts. Nette préférence donnée aux migrants de races blanches. Durant les premières années suivant mon accès au pouvoir, ces quotas seraient largement dépassés afin de compenser les départs occasionnés par l’annonce formulée au § 005 ci-dessus.
008) Définition d’un territoire de reproduction étroitement contrôlée inspiré des aventures allemandes des Lebensborn et des Bund Kinderland. Il s’agirait là de doter la Nation d’une souche d’excellence dont les rejetons seraient distillés dans les populations nationales.
009) Avortement des embryons laissant clairement présager la naissance d’individus lourdement handicapés — c’est-à-dire nécessitant une assistance médicale continue pour espérer survivre — et avortement des enfants non désirés.
010) Campagne médiatique encourageant les parents à grandir leurs enfants dans un milieu rural, du moins jusqu’à leur dixième année.
Le Ministère du Budget :
L’impôt serait principalement destiné à permettre l’existence d’un reseau de propagation des informations, à maintenir en état les diverses infrastructures, à financer une armée redoutable, à payer des dispensateurs de savoir, à faciliter l’acquisition d’une terre par tout citoyen, à lui fournir des soins gratuits.
001) Les citoyens concevraient aisément de concourir au bien-être de la communauté, s’ils n’avaient l’impression que leur argent durement et dûment gagné était éhonteusement dilapidé. Par conséquent, les services du Ministère du Budget seraient amenés non seulement à superviser la collecte des taxes, mais aussi à faire la chasse aux gaspillages.
Le Ministère de la Chasse et des Sports :
001) Les citoyens devraient savoir se battre, et ils devraient savoir tuer. La pratique de la chasse et de la pêche permet de garder les mains dans le sang et les boyaux, de ne pas s’en désaccoutumer. Il serait inadmissible qu’un citoyen quelconque de la nation se sente défaillir à l’idée de briser le cou d’une lapine (exception faite pour les tarlouzes (se référer au 5° mouvement de mon livre)). Évidemment, il faudrait que ces meurtres ne soient des gestes inutiles (futiles), mais que ces corps soient tous mangés (honorés).
002) Le citoyen devrait savoir se défendre individuellement; que ce soit grâce à une pratique régulière du tir, de par la maîtrise d’un sport de combat, du maniement d’armes blanches… chacun suivant sa sensibilité. La pratique du sport permet aux citoyens d’entretenir un corps de chasseur (force, rapidité, dextérité…) et de se confronter à l’effort jusqu’à la douleur.
003) Je ne voudrais plus voir dans un stade de mercenaires : comment les habitants d’une commune pourraient-ils être fiers des résultats d’une équipe dont les joueurs ne seraient enfants ni de leur ville ni même de leur pays ? Autrefois, au lieu de se massacrer intégralement, deux tribus désirant s’affronter organisaient un combat entre leurs champions respectifs. Ainsi, plutôt que ne meurent des milliers de personnes, n’en mourait qu’une, au pire deux. Mais le combat mené par ces champions était bel et bien qualifié pour décider du sort des peuples, car dans les veines de tels représentants courait leur sang. Donc pas de mercenaires : mieux vaut une équipe nationale moyenne — ou même nulle — qu’une équipe dont le sang soit étranger à celui circulant dans le corps des citoyens qui la mandatent. Quand l’équipe de foot italienne gagne la Coupe du Monde en 2006, l’Italie a vraiment gagné la Coupe du Monde; quand l’équipe de foot française gagne la Coupe du Monde en 1998, la France n’a pas gagné la Coupe du Monde. Mais peut-être que la France disposait alors des joueurs de sang français qui lui auraient permis de la soulever, cette Coupe. Peut-être ont-ils été écartés afin de promouvoir là encore la société multiethnique à laquelle rêvent les actionnaires sans foi ni loi.
004) Pareillement, un athlète ayant absorbé une substance dopant le rendement énergétique de son organisme, ne peut représenter un citoyen de force normale. Pour que les citoyens puissent se sentir représentés, il faut que le niveau des athlètes nationaux soit accessible à n’importe lequel d’entre eux pourvu qu’il s’entraîne, se prépare et s’alimente particulièrement bien. Plutôt être dernier à toutes les épreuves de toutes les disciplines que de se doper. Aux athlètes nationaux seraient interdites même des substances autorisées au citoyen lambda : café, thé, chocolat… — tout tonifiant. De plus, le Ministre de la Chasse et des Sports veillerait à ce que ces athlètes ne réalisent leurs performances en mettant en danger leur santé générale. Non plus de compétitions trop fréquentes : le sport doit être source de santé et non de mort prématurée.
Le Ministère des Sciences et de la Recherche :
001) Pas de cerveaux issus de pays étrangers, car comme dans le domaine du sport, nous préférerions une équipe médiocre toute de notre sang qu’une excellente équipe de sang composite. Nous n’en tirerions aucune fierté et ses découvertes ne seraient les nôtres.
002) L’homme a besoin d’employer sa force tout comme il a besoin de décharger son sperme. De grandioses expositions universelles, organisées annuellement par le Ministère sur le territoire national, mettraient en valeur les accomplissements de celle-ci en tous domaines technologiques.
003) Les meilleurs chercheurs seraient attelés à la conception de nouvelles armes (car la souveraineté est la première des nécessités), de nouvelles stratégies médicales, à l’étude de sources d’énergie renouvelable et à celle du fonctionnement du cerveau humain (non pas pour l’asservir mais pour lui servir une éventuelle évolution).
Le Ministère de la Sécurité Publique :
001) Le rôle des forces de l’ordre serait de me permettre de prendre des mesures de prime abord «folles» sans pour autant être inquiété. Elles seraient choyées.
002) N’importe quel policier devrait pouvoir se proméner seul et désarmé à minuit dans n’importe quel quartier de n’importe quelle ville, et cela sans d’aucune manière se faire importuner.
Le Ministère de la Justice :
001) Tous les juges seraient choisis sur entretien avec moi en personne — moi le Dictateur.
002) Au Dictateur serait concédé le droit de désavouer tout jugement.
003) Présentation au Dictateur des cas les plus délicats.
004) Les jugements du Dictateur feraient jurisprudence.
005) Le Dictateur ne déciderait que dalle sans avoir auparavant consulté ses Conseillers, bien qu’il ne lui faille aucunement tenir compte de leurs recommandations.
006) Tout procès (sauf broutilles) serait filmé, et les bandes obtenues conservées pendant une durée proportionnelle à la gravité du jugement.
007) Le Tribunal des mineurs serait susceptible de juger des bandits âgés même de 10 ans.
008) Peine maximale : la prison à vie.
009) Pas de peine de mort donc, mais possibilité pour le condamné de choisir d’être exécuté.
010) Période de sûreté jamais inférieure aux 4/5es de la peine prononcée. Exemption du dernier 5e pour bonne conduite.
011) Pas de peines avec sursis.
012) Peines largement plus sévères en cas de récidive.
013) Les prisonniers seraient tenus de travailler une partie de leur journée afin de ne coûter un centime à la société qu’ils ont agressée (frais d’entretien, pitances, dépenses énergétiques, salaires et équipements des agents de surveillance, achat d’équipements sportifs et d’outils de production, contribution au prix de construction de l’installation pénitentiaire…). Chaque prisonnier devrait en outre faire gagner à la société la somme symbolique d’un euro par mois.
014) Les prisonniers se feraient eux-mêmes à manger (ustensiles de cuisine inoffensifs) et laveraient leur linge.
015) Possibilité de poursuivre ou d’engager des études. Ou des réflexions. Internet et outils informatiques en libre service.
016) Pas d’amielissement de la vie de certains détenus de par la grâce d’une fortune personnelle ou de dons extérieurs. Sauf pour ce qui est d’un cadeau par mois, mais d’une valeur limitée à 50 euros (cumulable cependant sur plusieurs mois).
017) Un spectacle mensuel.
018) Convocation mensuelle de chaque prisonnier pour un épanchement routinier dans l’intimité du directeur de l’établissement.
Le Ministère des Infrastructures :
J’entends par infrastructures le réseau de distribution du gaz, de l’électricité, les installations portuaires (maritimes et fluviales) et aéroportuaires, le réseau ferroviaire, celui routier, les transports en commun inter et intra-urbains, les pistes cyclables, les sentiers de randonnée pédestre et équestre, le service postal, le système de distribution des données numériques, les centres pénitenciers, cinémas, salles de spectacle, bibliothèques, musées, centres hospitaliers et curatifs, morgues et cimetières.
001) Chaque infrastucture bénéficierait des attentions d’une large équipe de techniciens parcourant en boucle l’ensemble des installations pour en vérifier la stabilité et prévenir toute panne.
002) Les réseaux de transports en commun intra-urbains seraient gratuits car financés par l’impôt.
003) Promotion du transport férroviaire.
004) Quel que soit le degré de mécontentement, le service minimum en cas de grève serait établi à 70% des capacités du réseau. Droit de nuisance des insurgés dont limité à 30%, sous peine de brutalités policières non sanctionnées. Ce droit de nuisance serait largement suffisant à amener l’État à s’attabler au plus vite avec les agitateurs afin d’examiner avec un intérêt sincère les raisons du trouble averti.
005) Outre à entretenir les tracés déjà en place, les services du Ministère couvriraient l’ensemble du territoire national d’un maillage de chemins de randonnée qui permettrait à ceux qui en auraient la volonté de traverser le pays de part en part et de tous côtés sans devoir jamais marcher sur du bitume sauf pour enjamber les routes.
006) Ample déploiement de pistes cyclables sur site propre, notamment en alternative aux voies à forte circulation.
007) Mise en fonction de navettes reliant les centre-villes aux principales zones commerciales périphériques, autrement uniquement joignables par véhicule individuel.
008) Droit serait donné aux marginaux de ne pas jouer le jeu social : chassés des centres urbains, forêts giboyeuses et rivières cristallines les rassasieraient, tandis qu’avec les outils à eux offerts par la communauté, leur serait envisageable de se construire des abris durables avec branches, pierres et rondins.
009) Le Ministère des Infrastructures mettrait à la disposition des contribuables des locaux dédiés à la culture où le Ministère des Cultures pourvoirait la moitié de la programmation, accessible à prix modique. Le restant de la programmation de ces lieux serait déterminée et procurée par des associations étrangères à l’État. Droit de veto du Ministère, quasiment jamais dégainé.
010) Tout le possible serait fait pour réduire puis faire cesser notre dépendance au pétrole.
011) Développement d’une politique aérospatiale de pointe afin de ne pas négliger l’éventualité d’une découverte de gigantesques gisements d’énergies ou de matières premières sous la surface de certains corps célestes.
Le Ministère de l’Environnement et de l’Alimentation :
001) L’État limiterait la quantité d’énergie que chaque citoyen serait autorisé à consommer chaque mois.
002) Dans les logements peu humides — la grande majorité —, interdiction d’allumer un quelconque chauffage dès lors que la température dépasse les 15°C. (Aussi rapidement que nos recherches et progrès technologiques nous le permettraient, disponibilité exclusive d’énergies renouvelables.)
003) Incitations financières aux paysans qui abandonneraient l’élevage en batterie au profit d’une méthode d’élevage plus respectueuse de la dignité animale.
Le Ministère du Logement :
001) Le pays compte suffisamment de bâtiments pour qu’il ne soit nécessaire d’en construire de nouveaux. Il n’y a pas trop peu de logements, il y a trop d’habitants. Les bâtiments solides seraient renovés, les constructions de verre et de carton démolies. Pas de permis de construire aux édifices qui ne seraient projetés de sorte à tenir debout pendant un minimum de cinq siècles.
Le Ministère de la Santé :
001) Immixtion des services du Ministère en cas de fréquentes absences du travail pour congés liés à des problèmes de santé, de recours outrancier au corps médical, de prescription de médicaments en des quantités alarmantes, afin d’individuer les causes du dysfonctionnement de l’organsime du citoyen et de se pencher sur le moyen de les atténuer, voir de les supprimer. Centres d’intérêt de l’enquête : alimentation, sommeil, vices, fréquentations du sujet, nature et conditions de son activité professionnelle. Son travail le passionne-t-il ? L’intéresse-t-il du moins ? Si tel n’est pas le cas, faudra qu’il s’en trouve un autre.
002) Le corps médical prescrirait autant que permis du repos et des remèdes de grand-mère; cures thermales et séjours en montagne.
003) Le système immunitaire de chaque enfant devrait être éprouvé lors d’obligatoires villégiatures en milieu rural en présence d’animaux d’élevage, c’est-à-dire au sein d’un environnement non exempt de germes et de bactéries. Un semblable traitement les rendrait moins sujets à infections, allergies, ainsi qu’à l’asthme.
004) Les opérations chirurgicales lourdes ne seraient pratiquées sur les patients ayant dépassé un certain degré de désagrégation. Les maladies seraient laissées agir. Seuls médicaments autorisés : les sédatifs, pour leur épargner un excès de douleur. Ils seraient transférés dans un cadre naturel paisible afin qu’ils finissent leurs jours au grand air. La possibilité leur serait offerte de demander une mort anticipée suivant strictement leurs directives.
005) Missions humanitaires d’État en cas de sinistres ponctuels sur le terrain de puissances conjointes ou partenaires (se référer au Ministère des Affaires Externes, § 002). Sur le territoire de nations classées "rivales", seulement des ONG. Tout secours prohibé dans les confins de puissances hostiles.
006) Les horaires auxquels un urgentiste devrait se plier seraient suffisamment contenus pour lui permettre de se réposer ce qu’il faut pour assurer à ses infirmes des prestations de qualité. D’une manière générale, salaires et conditions de travail du corps hospitalier seraient reconsidérés afin de garantir à cet important domaine de l’action de l’État l’attractivité nécessaire à se voir doté de personnel compétent, motivé et en nombre approprié.
007) L’ensemble du personnel médical soignant la Nation aurait le devoir de se tenir à jour des nouvelles techniques par la lecture de revues spécialisées et de récents ouvrages, ainsi que par la participation régulière et active à des congrès de médecine interdisciplinaire au cours desquels méthodes et pratiques des multiples courants de la médecine moderne seraient comparés et discutés à la lumière des dernières avancées de la science. Il ne s’agirait pas de maintenir en vie telle ou telle procédure, mais d’œuvrer dans l’intérêt des malades. Tout médecin devrait par ailleurs mener une recherche personnelle afin d’incrémenter la capacité à soigner de sa propre discipline. Après examen de sa démarche et entretien, le Ministère pourrait décider de lui accorder une subvention en matériel.
008) Tous les groupes pharmaceutiques privés alimentant en remèdes les citoyens de la Patrie seraient progressivement soit nationalisés, soit démantelés, soit interdits. Application aux pharmacies de la même mesure. Afin que personne ne puisse plus tirer le moindre profit de la maladie d’un homme. Le nombre de médicaments disponibles serait sévèrement revu à la baisse. Pour chaque effet désiré ne devrait être retenu qu’un seul produit; fin des mille firmes, fin de la farandole des appellations. Dans un premier temps, une importante part du budget du Ministère serait absorbée par le rachat de brevets aux laboratoires privés, voir par le rachat des laboratoires tout entiers. La finalité consisterait à proposer aux citoyens des médicaments dont le prix soit exempt de marge de profit. Leur prix devrait être celui de leur fabrication, plus de leur acheminement, plus de leur stockage (le prix de leur conception étant lui supporté par l’État).
009) Les installations destinées à permettre la libre circulation de personnes handicapées moteurs ne seraient banalisées que dans les bâtiments administratifs et les transports publics; aucune subvention ne serait attribuée pour leur généralisation dans centres culturels, écoles publiques, espaces de loisir, implantations sportives, centres commerciaux, entreprises privées etc. Toute installation conçue pour faciliter leur mobilité dans les espaces à l’instant mentionnés ne pourrait résulter que d’un financement étranger aux caisses de l’État. Le Ministère de la Santé s’engagerait par contre à débourser un fort pourcentage du salaire versé à l’infirmière que l’infortuné se serait choisie pour s’en faire accompagner et soutenir à toute heure du jour et de la nuit. Le précité Ministère se chargerait également de concevoir et rendre opérationnel un agencement sur mesure permettant à l’handicapé de se déplacer ou d’être déplacé dans son lieu d’habitation de la manière la plus coulante qui soit. Agencement financé à hauteur de 50% par l’État, qui prêterait les autres 50% de la somme sur 10 ans et sans taux, de sorte à permettre à l’intéressé de les rembourser confortablement. L’État veillerait en sus à mettre en contact le diminué avec des entrepreneurs susceptibles de lui proposer un emploi à domicile adapté à ses particulières conditions.
010) Le Ministère accepterait les dons provenant de particuliers. Mais leurs montants seraient dispatchés vers les divers centres de recherche sans tenir compte de la volonté des donateurs — c’est l’intérêt du plus grand nombre qui déciderait de leur répartition. Interdiction des collectes de fonds destinées à l’éradication d’une maladie en particulier : fin des Sidactions, des Téléthons, des machins contre le cancer et autres, jugés par l’État indécents. Seul subsisterait un numéro vert accessible 24/24 et 7/7 pour l’envoi de charités anonymes.
011) Tout citoyen aurait le droit d’exiger de l’État une mort digne et indolore par injection létale, et ce indépendamment de son état de santé. Les conditions : 1) il lui faudrait avoir un vécu minimal de quinze années, 2) il devrait se soumettre à une enquête sur ses quatre dernières années de vie afin de permettre d’éventuellement déceler une cause éphémère à sa demande (déboire amoureux, mort d’un être cher, échec professionnel, emprise d’une volonté autre que la sienne) et d’annuler à temps la procédure, 3) lui serait demandé d’y réfléchir durant les quatre mois de rigueur entre l’ouverture du dossier et la satisfaction de la requête, période au cours de laquelle il se ferait enfermer dans un appartement vide avec fenêtres donnant sur une rue passante d’un centre-ville animé, seul et exposé à l’oisiveté la plus complète.
_ péninsule de Kamchatka, Sibérie, juin 2007