«Pouvoir» est un mot à tel point connoté négativement que les honnêtes gens ne veulent pas s'en servir; quelle honte serait-ce pour eux que d'avouer rechercher un quelconque pouvoir ! Ce mot a été ainsi connoté par les hommes de pouvoir afin que les honnêtes êtres dont tu fais partie se retiennent de le chercher franchement, sans complexes, et ne leur fassent concurrence. De même pour le terme «argent». Il est connu que «l'argent est sale», que «l'argent ne fait pas le bonheur». As-tu déjà remarqué que dans les films, le méchant ultime est toujours riche, intelligent, raffiné, et à la quête de pouvoir ? C'est tout ce que les hommes qui produisent ces films ne veulent pas que nous soyons — ils nous veulent d'une obtusité crasse. Le pouvoir, je le réaffirme, est le meilleur garant de ton équilibre chimique interne, Anne-Céline. Le pouvoir est bien. Le pouvoir est vie. Refuse tout pouvoir et tu mourras.
J’ai visionné Zeitgeist, le documentaire que tu m’as prêté. Il vaut le détour. Mais il est un point capital de cette vaste opération commerciale que Zeitgeist oublie (?) complètement de mentionner : l’actuelle nette tendance de médias et politiciens à vouloir nous faire considérer la fin des frontières et de l’homogénéité ethnique d’un peuple sur son territoire comme un bien, fait elle aussi partie du plan de la très violente élite que le documentaire pointe du doigt. Ouvre les yeux sur cela aussi, Filippo. Ce n’est pas un hasard si qui s’oppose à la suppression des frontières et des homogénéités humaines se fait diaboliser, associer aux camps de concentration, qui sont un sommet d’horreur et suscitent en tous une automatique et justifiée répulsion. Diaboliser par qui ? Par des politiciens liés aux commerçants, par des médias propriété de commerçants. Remarque-le. Vois-le. Les frontières doivent tomber parce que leur pouvoir doit être sans limites; aucune nation ethniquement homogène ne doit demeurer telle, les peuples unis se révèlent souvent indociles. Argument pour justifier tous ces déchirements ? L’amour : si tu maintiens des frontières ça veut dire que tu détestes les autres, si tu ne te mélanges aux autres c’est que tu es prêt à jeter des enfants dans les fours crématoires. Pour être moderne, intelligent, cool et sexy, tu dois te métisser. Surtout si tu es blanc. Mais ceci est un véritable génocide. Le comprends-tu, que c’est là un génocide ? Comprends-tu que quand ce nivelage sera complété la planète Terre n’aura plus mille couleurs étincelantes comme jusqu’aux années 1970 mais une seule couleur éteinte, gris-vert — glauque —, la couleur des biffetons salement gagnés ?
Je me réjouis grandement de ton intervention à la Douma. A cause de ce que tu y as dit, autant que par le fait que les parlementaires d’un si influent pays se soient montrés sensibles à de tels propos.
J’ai lu un certain nombre de tes ouvrages. Je me sens proche de tes positions. Ta pensée est conséquente et tu n’es pas de ces coincés du cul.
Je suis moi-même un être plutôt atypique, dans la constellation de la droite identitaire; mes productions artistiques ne sont appréciées que par des junkies de tendance anarchiste, qui me considèrent comme le plus taré d’entre eux. Ce n’est pas vrai, je suis le plus sain.
J’apprécie tes analyses. Toutefois, s’il est vrai, comme tu dis, qu’une terre appartient à qui la peuple, il n’est de nos jours pas nécessaire de la saturer de familles, pour la faire sienne. Du moins tant que l’accès aux technologies est assuré. Car si avant la mécanisation des armées, dans le meilleur des cas, 1 excellent soldat pouvait mater 6 soldats de la partie adverse, aujourd’hui 1 ingénieur peut dézinguer 6.000.000.000 d’agresseurs en poussant un simple bouton. Aussi, un territoire de la dimension de celui détenu par la France en ce début de XXIème siècle pourrait n’être habité que par 20 millions de Français sans que ceux-ci risquent de se le voir confisquer. Du moins, s’il pouvait être géré par un pouvoir réaliste… Car un pouvoir réaliste connaîtrait sur le bout des doigts les lois de la physique et saurait que l’eau, comme l’éclair, suit toujours la voie la plus facile; il se prémunirait ainsi contre les écoulements de populations désireuses de profiter d’agréments qu’elles n’ont pas conquis.
Combien de sujets comptait le glorieux Empire de Charlemagne ? Et la France de Louis XIV ? Les Frances d’alors étaient-elles pour autant moins riches en particularismes ? Furent-elles peu brillantes ?
Toutes les courses ne sont pas bonnes à courir et il n’est pas souhaitable que l’Europe cherche à approcher le milliard d’âmes que compte la Chine. D’épais murs de verre permettent aux flâneurs de regarder les requins dans les yeux sans craindre pour leur vie, notre technologie sait faire ça. Dans les parcs aquarium, des milliers de mètres cubes d’eau cernent les promeneurs sans que ceux-ci soient mouillés. Leurs chemises restent impeccables.
Que les Européens manifestent leur supériorité en refusant de rivaliser d’imbécillité ! Notre taux de fécondité actuel est parfait : sans les naissances colorées qui viennent le perturber, un tel taux amènerait nonchalamment l’Europe à sa densité d’avant Révolution Industrielle. Pas de risque de voir s’évanouir les ethnies qui sont les nôtres, puisqu’une telle pente s’inverserait d’elle-même dès lors que cette moindre concentration provoquerait une amélioration des conditions de vie des foyers. Les couples seraient regagnés par l’envie d’engendrer.
Ceci dans le cas où nous n’étions en train de perdre. Mais nous succombons, ainsi ce que je viens d’écrire ne peut être à l’ordre du jour.
Nous avons été bradés.
Malgré le respect que tu m’inspires je ne vais pas te vouvoyer car je souhaite voir tous les hommes nus, comme face à Dieu lors du Jugement Dernier. Mais tu es un homme qui a tué et vu tuer, ainsi je crois que tu sais à l’occasion te passer de telles formalités.
Tes textes sont hautement bénéfiques à qui les médite, en raison du grand effort pédagogique qui les habite. En ces temps troubles, les Européens ont besoin de personnes qui, comme toi, soient à même de rappeler à leur bon souvenir l’essence qui est la leur.
J’apprécie la noblesse de tes préoccupations. Ne méprise toutefois pas les élans engendrés par des motivations utilitaires, car derrière toute motivation en apparence «sale» se tient le désir de survivre, et désirer survivre est légitime et noble. Dans Histoire et tradition des Européens tu as écrit : «En dépit des apparences, les actions humaines ne sont pas déterminées par l’utilitaire mais par des systèmes de valeurs en conflit.» Or, je crois l’utilitaire à l’origine de tous nos mouvements. Ne pourrait-on pas expliquer l’Histoire toute entière en termes utilitaires ? Ne sommes-nous pas que des organismes cherchant à perdurer ? Le soldat, s’il accepte de risquer sa vie, de se sacrifier, n’est-ce pas pour la survie de la communauté qui l’a engendré et qui, à ses yeux, parce qu’elle véhicule sa culture et son sang, passe avant sa survie individuelle ? L’égoïsme n’est-il derrière tous nos actes ? Ne s’agit-il pas, dans le cas du soldat, d’un égoïsme de groupe en tous points semblable à celui qui meut les fourmis ?
Sans égoïsme plus aucune forme de vie n’animerait la croûte terrestre. Sans lui plus de bêtes, plus de peuples. Peut-on par conséquent considérer l’égoïsme «impur» ? Les Chevaliers de la Table Ronde eux-mêmes n’ont-ils pas cherché le Graal par égoïsme ? — pour faire du bien à leur Royaume ?
Longue vie à la Nouvelle Revue d’Histoire.
Je suis le jeune homme que tu as pu observer vomissant aux Instants Chavirés de Montreuil en l’an 2003 aux côtés de Jean-Louis Costes.
Pendant la tournée, dans la voiture, je lisais à Costes de tes textes et on se marrait bien en se disant que oui, souvent tu voyais juste.
Ma sensibilité violente devrait faire de moi un militant d’extrême gauche. Mais comme toi, je me suis demandé pourquoi les écrits anarchistes les plus virulents étaient largement diffusés et promus par les puissants tandis que les livres d’opinions nationales, même modérés, s’achetaient aussi discrètement que des revues porno dans une poignée de librairies régulièrement vandalisées sans que l’État s’en offusque. La question qui monte à l’esprit est la suivante : qui, de l’extrême droite et de l’extrême gauche, met en danger le Système que j’abhorre ?
Comme tu l’as compris, le signe distinctif de l’opposant véritable est la diabolisation. Et c’est entre autres choses pour cela que tu as rejoint le camp de Jean-Marie Le Pen.
Je suis heureux de ce que la réalité te soit si importante, et apprécie ta sincérité. Toutefois tu as tort de blâmer le communautarisme. Telle l’eau et l’huile, même finement morcelées les diverses ethnies qui constituent l’humanité feront toujours naturellement bande à part et il est juste qu’il en soit ainsi; chacun sur un territoire à soi, pour s’épanouir selon le souffle de son âme. Un Arabe un Africain un Chinois ne peuvent s’intégrer à la France sans se faire mourir. Il n’est pas bon qu’ils s’altèrent, ils doivent s’épanouir, et cela sur leurs terres, laissant nos terres assister à notre épanouissement à nous, qui ne peut advenir à l’unisson du leur puisque nous sommes évidemment différents.
Autre point de désaccord : tu dis ils se trompent, y a pas de choc des civilisations, y a main basse sur l’humanité d’un lobby américano-sioniste. Mais de quelle manière la seconde hypothèse exclurait nécessairement la première ? Je crois que les deux phénomènes se produisent conjointement.
J’espère que suivant ton courageux exemple de nombreux autres intellectuels de qualité joindront le camp de ceux qui luttent tant bien que mal contre l’ultralibéralisme niveleur.
Costes me revoilà.
Pendant la tournée 2003 tu m’as méprisé car je profitais de tes quinze années de travail au lieu de tenter de tourner avec un spectacle à moi.
Je tiens à te faire savoir que l’énergie que j’ai dépensée sur scène avec toi je l’ai dépensée pour ma gloire, ok, mais aussi pour la tienne.
Si je tenais tant à chier, pisser, cracher sur ton public, bousculer et crader les spectateurs de ton show, c’est parce que c’est ce qui a crée ta légende et que je voulais la renforcer.
Tu m’as interdit ces modes d’expression craignant qu’après plus personne ne vienne te voir, que plus aucune salle ne veuille te faire jouer, or ta tournée 2007 m’a donné raison : plus de 30 dates sur le continent américain, alors qu’en 2003 nous n’en eûmes que 20.
Ceci dit je suis ravi de ce succès qui t’arrive enfin depuis la publication de ton livre chez Fayard, car contrairement à un grand nombre de bouffons de par le monde, tu le mérites. Tu n’es qu’une merde, mais t’est mieux qu’eux.
C’est fou que ça ne t’arrive que maintenant, car pendant toutes ces années de galères tu n’étais pas moins bon. Il s’est juste passé qu’à un moment une poignée de personnes influentes se sont dites qu’il y avait du fric à se faire sur ton cas.
J’apprécie ta vraie rébellion. Toutefois arrête une minute de t’agiter et affronte le vide, le silence, l’inaction, l’ennui, un miroir. Ça te fout les boules alors tu remplis tout à ras le bord. Tu n’as pas besoin de tant d’accessoires, tu es suffisamment intéressant tel quel. Radicalise ton expression.
Moi, depuis qu’on s’est quittés, j’ai bâti mon site internet, j’ai créé des trucs à mettre dedans, et puis j’ai travaillé comme démolisseur pour financer mon prochain voyage. Car le 25 mai prochain je me barre en Sibérie, marcher seul vers le nord à partir de Petropavlovsk-Kamtchatskiy. Beaucoup de dangers tu t’en doutes, alors vu que je ne suis pas sûr d’y survivre, je te dis maintenant que malgré tout je t’apprécie. Tant de fois j’ai souhaité user ton visage contre le bitume, mais faute à cette promiscuité à laquelle la tournée nous condamnait.
J’apprécie ton geste, l’opportunité que tu nous as donnée de passer du stade d’hommes à celui de presque dieux, disposant du pouvoir de décider de ce qui est mal et de ce qui est bien. — Même si nous nous en sommes jusqu’à présent si mal servi, même si nous n’avons pas encore démontré le mériter. — Toutefois, pourquoi nous avoir amenés à désirer le Fruit de la Connaissance si puis nous n’avions la possibilité d’emboucher également le Fruit de la Vie ? Cette situation intermédiaire nous fait davantage souffrir que si nous étions demeurés des hommes, entre Ciel et Terre tous les matins un aigle nous ronge le foie. Mais tu connais ça.
J’apprécie ta grande compétence. Toutefois, dans l’hypothèse selon laquelle tu est le Très-Haut de la Bible, je dois dire que tu es mesquin. Car ceux qui ne souhaitent t’adorer tu ne les y obliges pas, certes non, mais les tue. Et dans l’hypothèse selon laquelle tu n’aies rien à voir avec la Bible, tu es un salaud; tu es un salaud à nous avoir dotés d’un tel cerveau tout en lui ayant collé une date de péremption.
J’apprécie votre résistance. Il est toutefois regrettable que vous ayez rendu obligatoire le port d’une tenue uniforme. Dépassez cela. Sinon vous ressemblerez aux scribes et pharisiens du temps de Jésus, qui attachaient une importance extraordinaire à l’observation de règles tellement pas essentielles.
J’apprécie ta sagesse. Toutefois, si assurément il y a la beauté de la forêt, des pinsons et de l’eau fraîche, existe tout autant la splendeur des couloirs de bureau, des chambres d’hôtel et des supérettes de bord d’autoroute. Ouvre-toi à davantage d’esthétiques.
J’apprécie ton écœurement. Toutefois précise ! quand tu encourages à faire moins d’enfants… Les populations blanches produisent un nombre de mioches idéal, pour qu’advienne une réduction paisible de la quantité d’hommes gambadant sur Terre…! Celles auxquelles tu dois adresser tes exhortations, ce sont les populations qui ne lisent pas tes livres.
J’apprécie ton sursaut d’orgueil. Toutefois tu as trop admiré.
J’apprécie l’intempérance de ton amour. Toutefois, et je rejoins là l’avis de Cioran à ton sujet, tu as trop peu fréquenté les hommes pour en parler avec autorité. Tu aurais dû regarder la télé !
J’apprécie ton intention. Toutefois, ta comparaison entre le corps humain et ce que devrait être pour toi le genre humain ne tient pas la route, car si effectivement, comme tu l’écris, dans un corps les différents organes sont interdépendants (une rate ne peut se porter bien que si les reins et le cœur et le foie et le corps tout entier se portent bien), cela n’est pas vrai pour l’espèce humaine : si tous les Danois en venaient à mourir, la vie des Mozambicains ne serait pas pour autant en danger. Bien que — sans doute pour réaliser ta (et celle de toute une élite) vision d’un monde unifié selon le modèle occidental — depuis quelques dizaines d’années déjà les décideurs s’appliquent à casser les autonomies nationales afin que la survie de chaque peuple dépende de celle de tous les autres et que de la sorte personne puisse se fâcher avec personne car tous ont les couilles dans les mains d’un proche ou lointain voisin; brouillons-nous avec la Chine et nous nous retrouverons tous à poil (nos propres usines textiles ont été démantelées), froissons les Saoudiens et toutes nos machines tomberont vite en rade, décampons de l’Afrique et nous n’aurons plus de matières à transformer.
La phratrie européenne n’avait vitalement besoin de personne, nous pouvons et devons renouer avec le confort de cette situation. Car c’est seulement indépendants que nous pourrions nous permettre d’appliquer à notre territoire la politique de notre choix. Un bloc septentrional allant de la Petite à la Grande Diomède en passant par Washington, Buenos Aires, Paris, Moscou, Canberra et Tokyo peut aisément se suffire.
J’apprécie ta tentative. Toutefois, si vraiment tu aimes la France — cela ne fait nul doute —, ne rêve pas de la voir concurrencer les économies de nations aux habitants moins subtils que les siens ! Leurs économies sont indignes de l’homme, abstenons-nous de participer à une telle perversion. Restaurons d’authentiques frontières et puis vivons entre semblables, ne grandissant que dans le domaine des connaissances.
J’apprécie ton intensité. Toutefois, trop occupé à souffrir pour l’humanité, tu n’as point été un bon vivant.